Pierre RATERRON
Artite plasticien multi-medias, Novelliste ,Chroniqueur
Abonné·e de Mediapart

74 Billets

7 Éditions

Billet de blog 18 mars 2016

Les Retraités, une Force de Revendication et de Proposition qui s'ignore...

C’est bien connu, les retraités ne sont considérés par les politiques que lorsqu’ils peuvent constituer une force d’appoint aux revendications générales des actifs. Et quand leur cas est examiné à part par les gouvernements, surgit toujours une démonstration savante pour prouver que par rapport à l’inflation, les retraités ont en fait augmenté leur pouvoir d’achat de 0,x %.

Pierre RATERRON
Artite plasticien multi-medias, Novelliste ,Chroniqueur
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ah la bonne heure, les voilà rassurés !...

En ce qui concerne les oppositions, les retraités sont utilisés comme « tout-venant » qui grossit toutes les attaques contre le gouvernement en place.
Bien sûr, les régimes de retraites sont examinés en commission, avec les partenaires sociaux et au parlement. La réforme des retraites est une patate chaude que la droite refroidit brutalement en privilégiant la retraite par capitalisation et que la gauche essaye de résoudre, sans trop se brûler, en tentant de privilégier la retraite par répartition. Et tout cela se résout par des statistiques que d’éminents spécialistes technocrates concoctent , très loin des réalités de la vie quotidienne….
Dans la situation actuelle où
• la retraite par répartition est menacée à terme,
• le retour de la droite aux affaires est, malheureusement, déjà actée par certains à gauche, qui préfèrent rebondir sur un échec, déjà programmé par les médias qui en rajoutent de peur, d’abord, ne pas avoir su à temps d’où venait le vent et, ensuite, que leurs concurrents aient plus d’audience ou de lecteurs qu’eux
• les prévisions à 10, 20 et 30 ans annoncent que le ratio actifs/retraités changera radicalement : il y aura bien moins d’actifs pour plus de retraités,
• la société marchande, malheureusement avant les politiques, a intégré ces prévisions et harcèle les seniors de toutes sortes de propositions-tentations alléchantes sur le seul critère que leur pouvoir d’achat serait plus important que celui de la majorité des actifs. C'est est une contre vérité savamment entretenue par des publicités où les retraité(e)s sont éclaboussant de santé, souriants, bronzés à point et prêts à investir dans la pierre, les mobile- homes , des Lexus, Range Rover et autres signes extérieurs d’aisance heureuse, tout cela bien loin de la réalité quotidienne, la majorité des retraites se situant entre 1000 et 1400 euros, sans 13ème mois et sans primes…Et quand le ou la retraité(e) a impudence de dépasser les 80 ans, il devient un SDF aux yeux des banques, assurances et marchands, car tout ce qu'il veut acheter, il est obligé de le payer cash !....
• Le seuil des petites retraites, au-dessous duquel des mesures favorables ont été prises, a été fixé "opportunément" à un niveau qui exclue la majorité de ces petites retraites d’autant que dans cette opération sont pris en compte les revenus-retraite ou pension par foyer et non par personne physique, ce qui fait qu’un foyer avec une pension de 1000 € + une retraite du conjoint de 700€, ne donnent plus droit aux mesures en faveur des petites retraites. Et pourtant, on est loin du bronzage intégral et de la croisière aux Caraïbes….
• Le déremboursement de certains médicaments dits de confort a été décidé uniquement en tenant compte des habitudes des actifs, faisant l’impasse sur les retraités qui, à côté de leurs traitements médicaux, souvent lourds, ont besoin aussi bien de ces médicaments de confort que de matériel et produits pharmaceutiques non remboursés, car c’est à leur âge qu’on en a le plus besoin.
• Les retraités participent , comme les actifs, à l’effort de solidarité nationale. Et pourtant, celles et ceux qui sont en retraite actuellement devraient presque s’excuser, vis à vis de l’opinion et particulièrement des actifs, sous prétexte qu’ils ont bénéficié de conditions plus avantageuses que les futures retraites, alors qu’ils ont cotisé 25, 37 ou plus de 40 ans suivant les différents régimes.
Pour toutes ces raisons, les retraités ne sont ni suffisamment respectés en tant que citoyens , ni suffisamment défendus à droite et même , malgré quelques avancées significatives, à gauche. D’autant que les instituts de sondages et leurs relais, les médias, ont décrété, de manière paresseuse, que les retraités étaient plus conservateurs que les actifs, ce qui est une stupidité . c’est une opinion qui date des années 70. L’allongement de la durée de vie, les progrès de la médecine , une meilleure alimentation plus diversifiée ont fait que les femmes et les hommes en retraite en 2016 n’ont plus rien à voir avec leurs prédécesseurs des années 70.
Les retraités militent jusqu’à un âge avancé non seulement dans des associations , mais aussi dans les partis politiques où ,malheureusement ils sont encore moins considères que les militants actifs. Leurs échanges avec les plus jeunes sont fréquents, sur les savoir-faire, sur les compétences et sur les expériences de chacun. Cet aspect n’est guère identifié par les politiques et pas assez par les entreprises, malgré les tentatives courageuses du programme intergénérationnel.
Malgré cela, le retraités n’ont que les associations pour les défendre. Et elles ne sont pas assez puissantes pour constituer des groupes de pression en face des pouvoirs publics et du patronat, dans les syndicats et les partis de gauche, en particulier le Parti Socialiste. Mais la défense des retraités, si elle passe par les revendications pour un revalorisation significative des retraites, en particulier les plus petites, ne se réduit pas qu’à cela. Les conditions de vie, la quotidienneté des contraintes sont évoquées dans les discussions mais rarement examinées en détail.
A persister à ignorer qu’ils sont une force de revendication et de proposition, les retraités resteront les mal-aimés de la nation, des prospects privilégiés pour la société marchande et un réservoir de voix pour les partis politiques, ce qui ne fera que croître dans les années à venir . Il est temps que les retraités se réveillent !...

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Afrique
Kenya : le pays suspendu à des élections à haut risque
Mardi 9 août se déroulent au Kenya des élections générales. Alors que la population fait face à une crise économique et à une forte hausse des prix, ce scrutin risque de déstabiliser ce pays clé de l’Afrique de l’Est. 
par Gwenaelle Lenoir
Journal — International
L’apartheid, révélateur de l’impunité d’Israël
Le débat sur l’existence ou non d’un système d’apartheid en Israël et dans les territoires palestiniens occupés est dépassé. L’apartheid israélien est un fait. Comme le confirme l’escalade des frappes et des représailles autour de la bande de Gaza, il est urgent désormais de mettre un terme à l’impunité d’Israël et de contraindre son gouvernement à reprendre les négociations.
par René Backmann
Journal — Proche-Orient
Au moins trente et un morts à Gaza depuis le début de l’offensive israélienne
Parmi les victimes des frappes visant la bande de Gaza figurent six enfants et des dirigeants du groupe armé palestinien Djihad islamique. L’armée israélienne parle d’une « attaque préventive ».
par La rédaction de Mediapart (avec AFP)
Journal
Au Pérou, l’union du président de gauche et de la droite déclenche une déferlante conservatrice
Sur fond de crise politique profonde, les femmes, les enfants et les personnes LGBT du Pérou voient leurs droits reculer, sacrifiés sur l’autel des alliances nécessaires à l’entretien d’un semblant de stabilité institutionnelle. Les féministes sont vent debout.
par Sarah Benichou

La sélection du Club

Billet de blog
Michael Rakowitz, le musée comme lieu de réparation
À Metz, Michael Rakowitz interroge le rôle du musée afin de mettre en place des dynamiques de réparation et de responsabilisation face aux pillages et destructions. Pour sa première exposition personnelle en France, l’artiste irako-américain présente un ensemble de pièces issues de la série « The invisible enemy should not exist » commencée en 2007, l’œuvre d’une vie.
par guillaume lasserre
Billet de blog
Deux expos qui refusent d'explorer les réels possibles d'une histoire judéo-arabe
[REDIFFUSION] De l’automne 2021 à l’été 2022, deux expositions se sont succédées : « Juifs d’Orient » à l’Institut du Monde Arabe et « Juifs et Musulmans – de la France coloniale à nos jours » au Musée de l’Histoire de l’Immigration. Alors que la deuxième est sur le point de se terminer, prenons le temps de revenir sur ces deux propositions nous ont particulièrement mises mal à l'aise.
par Judith Abensour et Sadia Agsous
Billet de blog
A la beauté ou la cupidité des profiteurs de crise
Alors que le débat sur l'inflation et les profiteurs de la crise fait rage et que nous assistons au grand retour de l'orthodoxie monétaire néolibérale, qui en appelle plus que jamais à la rigueur salariale et budgétaire, relire les tableaux d'Otto Dix dans le contexte de l'Allemagne années 20 invite à certains rapprochements idéologiques entre la période de Weimar et la crise en Europe aujourd'hui.
par jean noviel
Billet de blog
Réponse au billet de Pierre Daum sur l’exposition Abd el-Kader au Mucem à Marseille
Au Mucem jusqu’au 22 août une exposition porte sur l’émir Abd el-Kader. Le journaliste Pierre Daum lui a reproché sur son blog personnel hébergé par Mediapart de donner « une vision coloniale de l’Émir ». Un membre du Mrap qui milite pour la création d'un Musée national du colonialisme lui répond. Une exposition itinérante diffusée par le site histoirecoloniale.net et l’association Ancrages complète et prolonge celle du Mucem.
par Histoire coloniale et postcoloniale