1979, Margaret Thatcher: I want my money back! 2016 David Cameron: We want your money first!

A Dublin, le 30 novembre 1979, Margaret Thatcher exigeait de l'Europe: " I want my money back!..." ( Je veux récupérer mon argent ), s'identifiant ainsi au royaume britannique. Et ça a payé, Mrs Thatcher ayant obtenu nombre de concessions majeures. Trente sept ans plus tard, David Cameron , fidèle à la tradition britannique, mais n'ayant pas le charisme de la Dame de fer, réclame au nom du peuple.

Les conditions que Cameron met à sa résidence européenne ( il s'agit bien de résidence, car la Grande Bretagne a toujours été "une" et n'a jamais vraiment adhéré à une entité qui ne privilégie pas ses propres intérêts) reviennent à exiger de l'Europe: " We want your money, first!..." ( Nous voulons d'abord votre argent). Alors, bien sûr, pour préparer l'opinion, les milieux autorisés nous assurent que l'Europe fait front car, disent-ils, certaines exigences sont inacceptables...
Certes, il ne faut pas être grand clerc pour pressentir qu'il y aura finalement, fatalement, accord, car pour les britanniques leurs intérêts économiques prévalent toujours sur leurs intérêts politiques. Et les milieux économiques britanniques ont fortement intérêt à "résider" en Europe.
On ne peut s'empêcher de rêver à une France qui exigerait de l'Europe, entre autres, la suppression de cette règle technocratique des 3% ou la manifestation probante de son implication dans la défense effective du territoire européen, ou encore l'harmonisation des régimes sociaux et des fiscalités, tous domaines que la Grande Bretagne place après leurs intérêts économiques . De là à penser que c'est le seul langage que comprend l'Europe, il n'y a qu'un très petit pas qu'il est aisé de franchir...Néanmoins, la France ne peut se le permettre car elle est l'un des signataires du Traité de Rome, pas la Grande Bretagne.....
Enfin, on peut s'interroger sur cette manière de s'adresser à l'Europe et d'exiger, manière que la gauche, comme la droite républicaine abandonnent au Front National et à l'extrême gauche. Cette dernière n'est pas intéressée par la gouvernance du pays car cela la confronterait aux réalités du pouvoir. en revanche, l'extrême droite a la volonté de gouverner la France.
Il n'empêche que dans la situation actuelle, il semble périlleux que la position "virile" de la Grande Bretagne crée des émules chez les plus démunis, les plus dégoutés des postures politiciennes, les plus en attente d'un mieux-vivre , celles et ceux qui s'estiment les plus délaissés par l’État, que Madame Attrape-Tout excite, rameute et accueille à bras ouverts en leur promettant pour demain le bonheur et la prospérité. Du temps où la politique n'était pas influencée par les travers de la société de l'immédiateté et par l'émotion instantanée, on se moquait des politiques qui promettaient tout et son contraire selon l'expression: " Demain, on rase gratis". Aujourd'hui le pire qui puisse arriver, c'est que les plus démunis croient que demain, on rasera gratis!...

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