Panique à la cour de Nicolas, le Harry Potter de la droite

Depuis dimanche 22 avril, sur la façade d’apparence marmoréenne que les membres du gouvernement dressent autour de Nicolas Ier, de fâcheuses lézardes n’ont pas échappé aux moins sagaces des observateurs de la vie politique  française…

Depuis dimanche 22 avril, sur la façade d’apparence marmoréenne que les membres du gouvernement dressent autour de Nicolas Ier, de fâcheuses lézardes n’ont pas échappé aux moins sagaces des observateurs de la vie politique  française…

En attendant de se déchirer pour le leadership après le 6 mai, les sous-chefs de l’UMP, nantis des calamiteux « éléments de langage », font des interventions péremptoires : sur les plateaux de télévision, pour être présents ils se répandent, coupant sans cesse la parole à leurs interlocuteurs… Bref, une extrême nervosité dénonce les sourires qui se veulent carnassiers mais ne sont que rageurs…

On ne flirte plus avec les thèses du Front National, on couche avec, on s’y vautre… Nicolas, après avoir juré solennellement que jamais il ne se pacserait avec le FN, cache sa Rolex, se met en jeans, blouson et, la conscience tranquille, se « débraille » pour fricoter et s’encanailler entre les deux tours. C’est qu’il a toujours une idée à portée de main, celui qui se veut le Harry Potter de la droite! Après tout, si c’est la condition pour gagner, le jugement moral, il s’en tape !

Sur la scène de ce vaudeville, côté cour, il n’y a qu’à voir et écouter des parlementaires de la « Droite Populaire » traiter Chantal Jouanno de « grognasse » parce qu’elle a clairement déclaré qu’en cas de duel Marine / François, elle voterait pour ce dernier… A cette occasion, les propos de bidet et les épithètes de caniveau ont fait florès….

Côté jardin, ce serait plutôt la débandade ! Celles et ceux qui avaient sauté à pieds joints (et sans état d’âme…) dans le cabriolet Cadillac, couleur fraise écrasée, de Nicolas, se découvrent à présent, au tréfond d’eux-mêmes, une âme de gauche qu’ils n’ont jamais cessé d’avoir, clament-ils haut et fort….En fait c’est leur GPS, comme celui de Fadela Amara, qui leur indique à présent une direction à 180° de leur parcours des cinq dernières années.

Nombreux sont les visiteurs ou visiteuses du soir à l’Elysée qui font le marathon des dîners en ville  au cours desquels ils, elles, assurent n’avoir jamais cru vraiment en Nicolas : analystes, conseillers n’ont pas de mots assez durs pour déplorer cet acharnement thérapeutique qui prolonge la vie politique de Nicolas… Les « people » s’y mettent aussi, soucieux qu’ils sont d’en faire suffisamment pour être prêts à courtiser le nouveau pouvoir et, prudents, pas trop afin de garder leur coupe-file pour la poterne dérobée du palais , au cas où… Seul Eric Besson, mâchoires serrées, fait mine d’être content de son sort. Il n’a pas le choix : la traîtrise c’est toujours un aller simple, le retour lui est interdit.

Pendant ce temps, de quelle nouvelle et merveilleuse idée notre ersatz d'Harry Potter de la droite nous fait-il profiter ? Eh bien, à qui veut l’entendre, il réclame trois débats entre les deux tours, ce qui peut être interprété par : « Pouce ! Le premier tour ne compte pas, je vais vous expliquer : on m’a mal renseigné sur François Hollande. J’étais à peine échauffé… J’ai droit à une seconde chance, non ? Et là, il faut bien au moins trois débats, non? » (pas nouveau tout ça,…. déjà en 81, Valéry…)

Réponse de François : « Pourquoi changer les règles ?... Comme tout mauvais élève le Président sortant veut des oraux de rattrapage. Pourquoi pas quatre ou cinq ?... Non, il n’y aura qu’un seul grand débat !... »

Alors quoi, la magie n’opère plus ? Oui, c’est vraiment la panique à la cour de Nicolas !

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