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Billet de blog 7 janvier 2026

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Joseph Stiglitz : "Donald Trump tire une balle dans le pied de l'économie américaine"

C’est un impitoyable réquisitoire contre la politique économique de Trump que décline l’économiste Joseph Stiglitz, pour lequel il n’y a rien à sauver de cette entreprise de destruction massive.

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Après un titre très explicite, la phrase introductive de l’article annonce déjà la couleur : il y est fait mention d’un éclatement probable de la bulle liée à l’intelligence artificielle, qui fait l’objet pourtant l’objet d’investissements massifs par l’administration Trump, mais aussi par un grand nombre d’autres pays. Pour les Etats-Unis, le bilan dressé par le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz est sans concessions : l’économie américaine « ne se porte pas aussi bien que Trump voudrait nous le faire croire » et cela est lié à une conjugaison de facteurs que l’économiste énumère sans complaisance :
- Il y a d’abord une pénurie de main d’œuvre en raison des expulsions massives : les personnes concernées sont arrêtées dans la rue pour délit de faciès et expulsées sans ménagement et il y a toute raison de croire que ces mesures touchent aussi des personnes dont la présence aux Etats-Unis est légale.
- L’effet des coupes budgétaires tous azimuts, souvent décrétées de façon arbitraire, pèse aussi sur l’économie par les incertitudes qu’elles engendrent : c’est, pour les entreprises, un frein à l’investissement et pour les particuliers un frein à la consommation. Ainsi, ni l’offre ni la demande, qui sont les facteurs stimulants d’une économie de marché, ne sont plus au rendez-vous.
- Cette situation est aggravée par la guerre des droits de douane, qui apporte une nouvelle cause d’incertitude sur les coûts de production des entreprises et les perspectives d’achat des consommateurs.
Bullshit répondent les défenseurs de la politique trumpiste : l’inflation est maîtrisée,  les entreprises investissent massivement et le marché boursier ne s’est jamais aussi bien porté. Ces considérations procèdent d’une vision à court terme car, pour l’économiste, l’effet de l’inflation douanière n’est pas immédiat, car les entreprises n’augmenteront leurs prix que lorsque les stocks achetés avant l’augmentation des droits de douane seront écoulés. Pour ce qui est des investissements, l’économiste affirme que « ce sont les investissements massifs dans l’IA qui ont compensé la faiblesse du reste de l’économie ». Enfin, en ce qui concerne les investissements boursiers, l’économiste note qu’ils se concentrent sur quelques géants technologiques promoteurs de l’IA, dont il ne faut pas oublier la menace que celle-ci représente pour les emplois.

Et cette concentration sur ces valeurs de l’Intelligence Artificielle s’ajoute aux raisons environnementales évoquées dans de précédents articles pour accentuer le risque d’éclatement de la bulle ainsi constituée. Il n'est nul besoin de chercher très longtemps pour constater que cette éventualité est évoquée par un grand nombre de publications : parmi elles, outre le journal Le Monde , le magazine mensuel alternatives économiques et la revue Capital. Les gestionnaires de fonds eux même s'en inquiètent, disant que le niveau d'investissements dans l'IA a dépassé le seuil raisonnable. Ceci suscite un constat et une interrogation : les gouvernements, surtout quand ils sont dirigés par des fous mégalomanes, n’ont tiré aucune leçon de la crise de 2008, mais cela, nous le savions déjà ! Et il ne faut pas se demander si l’éclatement de la bulle IA aura lieu, mais quand elle aura lieu. Et quand cette bulle éclatera, c’est tout l’argent investi dans l’intelligence artificielle qui partira en fumée. 

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