"Grand" débat, grande foutaise

"Grand" débat : la "dialectique" macronienne nous promet un débat hors sujet ! Comment peut-on répondre ?

C'est sur fond d'injustice fiscale assumée que le Gouvernement a eu l'idée de ce débat national : suppression  de l'ISF,  conversion du CICE en baisse de charges, impôt sur les sociétés réduite de 33 à 25%, taxation réduite des produits du capital, inutile de se demander, c'est autant de mesures qui sont exclues d'autorité du "grand" débat, alors même qu'elles constituent le cœur des revendications portées par les "Gilets Jaunes". Droit dans ses bottes, le Macrontongue-out, jusqu'à la bêtise la plus compacte. Car il faudra bien les financer, ces mesures qu'il a annoncées et qui couteront 10 milliards d'euro. Mais qu'à cela ne tienne : on va remettre en question la suppression annoncée de la taxe d'habitation pour les 20% les plus aisés. C'est ainsi 7 milliards d'euro que l’État n'aura pas à verser à titre de compensation aux collectivités locales. C'est la confirmation d'une volonté de faire payer la classe moyenne, car l'écrasante majorité des contribuables concernés en fait partie.

Alors grand débat, oui ! Mais attention, interdiction d'aborder les sujets qui fâchent : le rétablissement de l'ISF, les réformes en cours (chômage, retraites) : inutile d'aborder ces sujets puisque, de toute façon, elles sont inscrites dans le marbre de l'obstination macronienne.

Quatre thèmes  sur lequel, en toute liberté démocratique, pourront s'échanger des idées générales aseptisées. Des pouvoirs publics qui ne sont nullement tenus d'appliquer les idées exprimées majoritairement dans le débat. Autant dire que la version du débat public revue et corrigée par Macron tongue-out est complètement vidée de sa substance !

La tentation serait forte de boycotter le grand débat, mais cette démarche de la chaise vide laisserait le champ libre aux seuls soutiens de Macrontongue-out. Il faut, au contraire, aborder ce grand débat comme une tribune inespérée que Macrontongue-out nous fait la faveur de mettre à la disposition des Gilets Jaunes : que ceux-ci inondent le débat de sujets tabous : on ne doit parler ni de l'ISF ni des réformes en cours ? Au contraire, parlons en ! On verra bien si les pouvoirs publics osent censurer !

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