Commençons par une pensée pour ceux qui ont été tués de façon aussi cruelle : elle s'exprime dans le dessin en pièce jointe : n'oublions pas que ces personnes sont mortes pour n'avoir pas voulu se taire devant l'intolérance et le fanatisme religieux. N'oublions pas non plus les trois policiers qui ont été tués dans l'exercice de leur mission qui est de nous protéger. Et n'oublions jamais ce qui vient de se passer.
Accordons une pensée toute particulière à nos compatriotes de confession musulmane qui vivent avec nous, adhèrent aux valeurs de la République et ont choisi de vivre en France seulement parce qu'ils s'y trouvent bien. Ceux qui ont commis ces crimes veulent, de toute évidence, provoquer une marginalisation des français musulmans, afin de créer un terreau dans lequel ils cultiveront leurs djihadistes. Le nombre croissant de jeunes français qu'on retrouve dans les troupes de Daesh montre qu'ils n'y réussissent que trop bien. Alors ne faisons pas leur jeu en rejetant en bloc tous ceux qui fréquentent la mosquée. Soyons plutôt capables de créer un vaste mouvement d'union nationale qui transcende les partis, les opinions politiques, les religions, les origines ethniques, comme ont su le faire les américains après le 11 septembre,
Rappelons-nous que l'histoire ne permet pas aux chrétiens de donner des leçons aux autres religions. Rappelons-nous le nombre de bûchers qui ont été érigés au nom d'un homme qui avait dit "aimez ceux qui vous haïssent" et le nombre de guerres et de massacres perpétrés au nom du même homme qui disait "heureux les artisans de paix". Souvenons-nous que les croisés, quand ils ont pris Jérusalem en 1099, ont massacré la population musulmane et que Saladin, quand il a reconquis la ville moins de 100 ans après, a épargné la population chrétienne. A cette époque, la barbarie était bien du côté des chrétiens ! Souvenons-nous qu'aucune institution humaine n'est à l'abri de tels dévoiements, comme cela a été le cas des chrétiens au moyen âge et aujourd'hui des musulmans. Et aidons ces derniers à triompher du fanatisme qui s'exprime aujourd'hui chez certains de leurs coreligionnaires plutôt que de les diaboliser.
Certaines opinions se sont exprimées contre la participation au grand rassemblement qui aura lieu demain, par crainte (légitime) de récupération de la part des partis politiques. Qu'il me soit permis de donner mon point de vue personnel : je ne crois pas que ces méprisables tentatives de récupération doivent nous empêcher de nous exprimer : j'irai donc à ce rassemblement, mais j'y irai sans drapeaux d'aucune sorte, en tant que citoyen et non en tant que militant politique et syndical.