Nouveaux scandales dans le milieu des fonds d'investissement

L'affaire a été médiatisée par Médiapart, qui a dénoncé les pratiques de fonds vautours, qui font main basse sur des entreprises prospères et les pressurent jusqu'à ce qu'elles n'aient plus de jus. Elles sont ensuite jetées et avec elles, les salariés qui y travaillent.

L'affaire a été médiatisée par Médiapart, qui a dénoncé les pratiques de fonds vautours, qui font main basse sur des entreprises prospères et les pressurent jusqu'à ce qu'elles n'aient plus de jus. Elles sont ensuite jetées et avec elles, les salariés qui y travaillent. 
Cette mainmise d'une finance délinquante sur l'économie réelle ne date malheureusement pas d'hier : dans un précédent édito, nous racontions comment l'entreprise de transport Mory Ducros, qui appartient au  périmètre de notre Union Locale, avait été victime d'un de ces fonds "d'investissement", avec licenciement de plusieurs milliers de salariés.

Dans l'affaire décrite par Médiapart, il s'agissait d'une PME de menuiserie de la Sarthe (FPEE), dont les actionnaires majoritaires exigeaient qu'elle emprunte au delà de ses capacités afin de leur verser des dividendes. On ne pouvait démontrer de façon plus éclatante que les fonds vautours ne rachètent les entreprises que pour les mettre en faillite et se servir grassement au passage. Ce n'est d'ailleurs pas le seul mécanisme d'enrichissement des fonds vautours, comme l'a décrit Elise Lucet dans sa dernière émission de Cash Investigation.
Mais le scandale dérange même les financiers sans foi ni loi, qui n'aiment pas trop que leurs magouilles soient étalées au grand jour : Elise Lucet a ainsi été l'objet de violentes attaques à la suite de son émission. Dans le cas des fonds vautours de  FPEE, les choses se sont réglées de façon plus feutrée : immédiatement, les salariés de l'entreprise se sont mobilisés pour soutenir leurs deux dirigeants qui avaient été révoqués pour n'avoir pas voulu se rendre complices des magouilles des actionnaires majoritaires, soutenus par la presse locale qui a remarquablement fait son travail. Laurent Mauduit, un des fondateurs de Médiapart, a été interviewé par le journal régional "le Maine libre" et a dénoncé la passivité des pouvoirs publics devant des pratiques aussi choquantes, tant sur le plan éthique que sur le plan juridique. Le journal a également édité un billet intitulé "la sauvagerie et l'impunité"

La mise en lumière de cet incroyable scénario de mise à mort des entreprises a porté ses fruits : dans un nouvel article, Médiapart pouvait titrer "les fonds vautours qui voulaient dépecer une PME mordent la poussière. Le scandale a été tel que les fonds actioonaires ont du capituler devant la pression des politiques et la détermination des salariés. Les deux dirigeants évincés ont été réintégrés. Mais Médiapart souligne la question de fonds : pourquoi les fonds d'investissement sont-ils laissés à leur propre déontologie - c'est à dire aucune - sans qu'aucune loi ne vienne réglementer ces pratiques ?

La question se trouve soudainement reposée avec un nouveau scandale impliquant Pragma, l'un des fonds prédateurs de FPEE. Pragma a fait une tentative pour révoquer la patronne d'une petite entreprise de l'Essonne. Là encore, l'entreprise a pu mettre en échec les vautours qui, devant l'ampleur que prenait l'affaire, ont préféré jeter le gant et sortir du capital de l'entreprise.
L'article nous apprend en outre qu'il existe, depuis 2011, une directive européenne pour réglementer les agissements des fonds vautours, qui n' été transcrite en droit frnçais qu'en...2014.

Les salariés d'entreprises victimes de ces pratiques doivent donc savoir qu'ils ont désoemais les moyens de résister, comme l'a montré l'exemple de FPEE. 

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