Après nos journées d'été : réflexions sur la démocratie interne à Nouvelle Donne

Les journées d'été de Nouvelle Donne viennent de se tenir dans la belle ville d'Amiens. Au menu (entre autres), le mode de fonctionnement d'un parti jeune, qui n'a pas encore toutes ses structures. Cela implique un débat sur la gouvernance de Nouvelle Donne.

Les journées d'été de Nouvelle Donne viennent de se tenir dans la belle ville d'Amiens. Au menu (entre autres), le mode de fonctionnement d'un parti jeune, qui n'a pas encore toutes ses structures. Cela implique un débat sur la gouvernance de Nouvelle Donne.

Au départ, l'idée suivante : il existe, dans un jeune parti, deux légitimités : la première est celle des fondateurs, qui nous ont doté d'une charte qui consacre, dans ses principes et ses dispositions fonctionnelles, Nouvelle Donne comme un parti démocratique où le pouvoir décisionnaire appartient aux adhérents, et d'un programme pour les européennes. Les adhérents de Nouvelle Donne sont venus parce que la charte répondait à leurs attentes et parce que le programme des élections européennes correspondait à leurs préoccupations. La légitimité des fondateurs ne peut donc être contestée : elle est, au contraire, attestée par le fait que les personnes qui étaient présentes ont adhéré à Nouvelle Donne sur la base des éléments qui leur étaient fournis par les fondateurs. 

La deuxième légitimité est celle des adhérents : dans un parti démocratique, ce doit être eux qui déterminent les orientations et construisent des projets cohérents, ce qui fait que cette deuxième légitimité a vocation à supplanter progressivement la première et à lui substituer un niveau national émanant des adhérents. 

Cela implique d'abord que les adhérents doivent s'organiser en structures qui leur permettent de réfléchir ensemble et de transmettre le résultat de leur réflexion au niveau national - provisoirement assuré par des structures mises en place par les fondateurs - C'est le rôle des Comités Locaux qui se sont mis en place progressivement dans tous les départements et ceux-ci semblent devoir prendre de l'importance, bien qu'un débat ait lieu actuellement sur la "masse critique" qu'ils doivent atteindre pour pouvoir peser sur le travail de structuration : à ce sujet, certains ont avancé le pourcentage de 1% de l'ensemble des militants, quitte à ce que plusieurs comités locaux se concertent pour atteindre cette masse critique. Mais, à côté de ces comités locaux se mettent en place des structures inter-comités (commissions thématiques) dont la mission est de réfléchir à ce que doit être le positionnement du parti sur des sujets divers (éducation, logement, égalité hommes-femmes, etc.). La commission démocratie interne est l'une d'entre elles.

Celle-ci s'est constituée au Congrès par tirage au sort entre les candidats, sur la base d'une parité hommes/femmes. Elle travaillera dans l'optique de doter le parti de ce qui, au niveau d'un état, on pourrait appeler une "constitution" : c'est à dire un "pouvoir législatif" qui fixerait les orientations du parti, un "pouvoir exécutif" qui appliquerait ces décisions, et un "conseil constitutionnel" qui serait chargé du contrôle. Cette commission aura pour mission de recueillir les projets et suggestions émanant des Comités Locaux, et de faire une ou plusieurs synthèses de ces projets, afin de présenter au vote, au moment où se réunira l'assemblée constituante (composée de l'ensemble des adhérents), un ou plusieurs projets. Les adhérents pourront ainsi se prononcer sur la forme que doit prendre l'exécutif, sur la façon de désigner le pouvoir "législatif", etc.

Il s'agit donc d'un travail de longue haleine, qui déterminera la suite. Car de la "qualité" de ce travail dépendra la capacité de Nouvelle Donne à se développer et à s'imposer dans le paysage politique.

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