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Billet de blog 8 mars 2017

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Les maires des petites communes vont-ils encore ruiner notre liberté d’expression

En 2012, 14790 parrainages avaient été accordés sur un total de 42000 environs et 10 candidats étaient en lice. Etats des lieux en 2017... Attention, ça pique.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En 2012, 14790 parrainages avaient été accordés sur un total de 42000 environs et 10 candidats étaient en lice. Les 27000 parrainages restant pouvaient permettre à 54 candidats supplémentaires d’être présents. Bien entendu, une élection à 64 candidats est peu lisible, mais limiter le choix à 10 projets représentés par 100% de candidats déjà présents lors d’élections précédentes dont 5 n’obtiennent pas, en cumuler 6% des votes totaux, montre bien la limite du renouvellement des idées et la faillite démocratique dans laquelle nous nous trouvons. Etat des lieux en 2017…

La publication des parrainages deux fois par semaine par le conseil constitutionnel à l’avantage de donner une indication claire sur l’orientation prise par la prochaine élection. Et elle est claire. A une dizaine de jour de la fin du dépôt des parrainages, ce sont encore les candidats et les projets de l’élection précédente qui reviennent en force. François Fillon en lieu et place de Nicolas Sarkozy, Benoit Hamon et Macron pour représenter la dualité entre le programme initial et le résultat final de François Hollande en 2012 ainsi que Marine Le Pen, Mélenchon, Arthaud, Cheminade, Dupont-Aignan, 4 candidats déjà présents en 2012. Avouons-le, même un aveugle verrait la similitude.  En 5 ans, la France n’a pas avancé. Reste François Asselineau qui va représenter aux yeux des Français la nouveauté mais sera relégué par les médias comme un petit candidat sans aucune chance et marginalisé.

Résultat, 2012 ressemble à 2017 mais avec un vote anti système plutôt que anti Sarkozy, qui favorisera un score élevé pour Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean Luc Mélenchon, les candidats antisystèmes, voir Cheminade et Asselineau qui également pourraient incarner cette contestation.

Parallèlement, des  candidats citoyens comme Alexandre Jardin, Stéphane Guyot ou Charlotte Marchandise semblent être privés de candidature alors qu’ils n’ont jamais été candidats et présentent des options absentes de la présidentielle.

Le mode de scrutin joue également en défaveur de la diversité des candidats. Mais bien avant cela, c’est bien l’absence de responsabilité des élus dans leur rôle de « parrains » qui pose problème. Le parrainage est en fait une « présentation » permettant de filtrer des projets fantaisistes et non pas des soutiens. Pourtant, de nombreux élus encartés et les médias communiquent sur l’idée d’un soutien au travers de cette présentation afin, vraisemblablement, de faire pression sur les autres élus en associant ainsi soutien et présentation. De leur côté, les élus qui refusent de signer prétextent que les candidats ne s’intéressent qu’à eux pendant la récolte des parrainages. Ce qui n’est ni faux ni anormal dans le cas de candidats inexistants dans le paysage politique et qui n’ont, de toute façon, que peu de chance d’exprimer leurs idées.   Les vrais coupables sont bel et bien les élus nationaux en place, étiqueté, et qui ne prêtent pas attention à ces élus locaux sauf pour leur mettre la pression dans cette période. Et en refusant d’accorder leur présentation à de nouveaux candidats, c’est bel et bien ces élus de grands partis que les petits maires favorisent. Les petits élus font donc l’inverse de ce qu’ils devraient faire. En effet, ils devraient soutenir en masse de nouvelles idées, de nouvelles initiatives et montrer qu’ils sont ceux qui permettent l’innovation plutôt que ceux qui poussent à la dégradation de leur propre situation.

Mais le courage n’est peut-être pas ce qui les caractérise. Ces élus vont simplement se rendre coupable de proposer aux citoyens de rejouer 2012 en 2017 plutôt que de préparer les 10 ans à venir.

Et gageons qu’avec cette attitude, au soir du second tour, en tant que citoyen, ils feront probablement partie des frustrés.

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