Tester une autre démocratie avant la présidentielle.

Tandis que certains candidats ou ex-candidats surfent sur la vague de contestation de la démocratie actuelle et promettent une sixième République, j'ai voulu vous permettre d'expérimenter en amont de l'échéance électorale d'autres formes de démocratie afin de comparer. C'est ce que propose le site experimentations.fr d'ici le 5 mars.

Le site experimentations.fr vous permet de vous exprimer pour la présidentielle selon le mode de scrutin actuel mais cherchera à mettre en lumière d'autres formes de scrutin. Le CNRS a déjà réalisé plusieurs expérimentation de ce type lors du premier tour de la présidentielle en 2002,2007 et 2012 dont les résultats sont disponibles ici  et en réalisera une nouvelle en 2017 dans 3 bureaux de votes. Les types de mode de scrutin testés diffèrent légèrement.

Celle proposée jusqu'au 5 mars, propose, en plus du scrutin actuel, les scrutins suivants :

Le scrutin par jugement majoritaire
Action de l'électeur :
noter chaque candidat
Nombre de tour : un seul tour
Gagnant : celui obtenant la meilleur proportion de note favorable.
Avantages : liberté de l'électeur, un seul tour, une vision plus globale pour chaque candidat.
Inconvénients : obligation pour l'électeur d'apporter des modifications sur un bulletin, dépouillement plus difficile.

Le scrutin par approbation
Action de l'électeur : cocher autant de candidats que désiré
Nombre de tour : un seul tour
Gagnant : celui obtenant le plus grand nombre d'approbations, sachant qu'une approbation minimale peut être définie (par exemple 50% ou idéalement, plus).
Avantages : liberté de l'électeur, un seul tour, une vision plus globale pour chaque candidat.
Inconvénients : manque de distinction entre approbation et préférence, obligation pour l'électeur d'apporter des modifications sur un bulletin.

Le scrutin par approbation + préférence
Action de l'électeur : cocher autant de candidats que désiré + un candidat préféré
Nombre de tour : un seul tour
Gagnant : celui ayant obtenu la plus haute moyenne des deux (parmi ceux ayant récolté une approbation minimale).
Avantages : Permet donc de prendre en compte la préférence dans le cadre d'un vote par approbation, offre plus de visibilité.
Inconvénients : obligation pour l'électeur d'apporter des modifications sur un bulletin, dépouillement plus long

Le scrutin par répartition de points
Action de l'électeur : répartir 10 points parmi les candidats
Nombre de tour : un seul tour
Gagnant : Le candidat obtenant le plus de points.
Avantages : Limite la prépondérance accordée dans le scrutin par approbation à plusieurs candidats issu d'une même tendance majoritaire, permet de soutenir plusieurs candidats.
Inconvénients: Logistique compliquée, défavorise des candidatures multiples issu d'une même sensibilité.

Alors que la prise en compte du vote blanc pourrait être un garde fou face à des candidats rejetés par la grande majorité des citoyens mais parvenus au second tour suite à un manque de choix ou un éparpillement de certaines sensibilités, aucun des partis au pouvoir n'a cherché à changer la donne depuis 2002. Ceci, en plus de la constante défiance des citoyens vis à vis des élus, nous arrivons en 2017 à une situation problématiques où de nombreux candidats déclarés « anti-système » et prônant des changements démocratiques vont probablement éparpiller les voix de contestations.

Les expérimentations successives du CNRS montrent que la plupart des citoyens préfèrent les modes de scrutin alternatifs même si le résultat final est sensiblement le même. La principale différence se situe sur l'effet psychologique des résultats sur l'élection suivante. En effet, un résultat de 40% n'a pas les mêmes conséquences qu'un résultat de 3% pour l'écologie sur la dynamique citoyenne par exemple, ni sur les commentaires des différents acteurs politiques.

 

En attendant avril 2017, à vous la parole.

 

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