Déjà, éliminons tous les candidats qui sont évidemment du système : Fillon, Hamon, Mélenchon, Macron. Je dois, bizarrement, m'expliquer sur 2 de ces choix que de nombreux citoyens jugent contre le système : Mélenchon et Macron. En vérité, ceux qui disent que Mélenchon est anti système sont des électeurs de la gauche forte, qui mettent en avant le fait que Mélenchon est en rupture avec la gauche gouvernementale et veut proposer une sixième République. Cependant, si on retire le discours marketing, présent à chaque élection, nous savons que Mélenchon est déjà dans le système et qu'il a fait longtemps parti du PS et qu'il l'a quitté car ses ambitions personnelles étaient bloquées par le parti... Il s'est saisit de la vague contestataire du socialisme libéral en 2012 mais c'est évidemment un politicien de la vieille école. Il parle de redonner le pouvoir au peuple mais sa stratégie est bien de mettre en avant sa personne, comme le faisait les grandes figures du communisme. Il n'y a guère à en attendre et il ne peut être le symbole d'un votre contre le système, au mieux il représente un vote d'adhésion politique ou contre Hollande. Macron, de son côté est le candidat social libéral, propulsé par les médias mainstream (qui ne sont évidemment pas contre le système) qui touche les personnes attachées aux valeurs du centre et qui cherchent, de leur côté, à séduire les antis système sous l'argument que Macron n'est pas encarté. Cependant, quand on rejoint « en Marche », on comprend bien que les outils technologiques, l'art de séduction de la jeunesse et les directives sont là plutôt pour amplifier la propagande marconiste que réellement remettre en cause le système sur un programme révolutionnaire. C'est joliment marqueté, mais c'est bel et bien du Hollande 2.0 ! Je ne m'attarderais plus sur ces 4 candidatures qui ne présentent, en posant la réalité sur le papier, aucun potentiel de vote contre le système.
Il reste encore 7 candidats : Jean Lassalle, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Jacques Cheminade, François Asselineau, Nicolas Dupont Aignan et Marine Le Pen.
François Asselineau est anti Europe, Anti Otan... clairement antisystème, il va même tellement loin que voter massivement pour lui risquerait de faire de nous, je pense, des parias à l'international. Ce serait trop risqué d'essayer de focaliser un vote antisystème sur ce personnage à mon sens. Il représente cependant un vote anti Europe et anti-relation/coopération internationale clair.
Autre petit candidat parmi les petits, Jacques Cheminade est un cas plus intéressant pour ce qui est de l'antisystème. Son discours est globalement constant depuis 15 ans, il n'est pas élu, son programme est contre le système financier et les médias mainstream dénigrent énormément sa candidature à chaque élection en l'associant à des conspirationnistes (donc des personnes définitivement antisystème) qu'il aurait rencontré il y a plusieurs dizaines d'années ou trouve sa proposition de coloniser Mars loufoque, alors que la même proposition d'Elon Musk, Président de Tesla, est vu comme une formidable ambition... Jacques Cheminade est donc, s'il acceptait de soumettre sa sortie de l'UE a référendum, probablement, un candidat potentiel au titre de vote 'antisystème' mais j'analyserais ses propositions plus tard.
Nicolas Dupont Aignan est de droite et c'est une figure qui est assez présente dans l'hémisphère de la politique contemporaine. Député, Maire, ancien membre du RPR, de l'UMP... on peut évidemment comprendre qu'il ait des ambitions mais qu'il fait également partie intégrante de la politique du système. Il ne peut donc incarner un vote anti système.
Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, deux nuances de combat pour une sensibilité politique très proche. Le but avoué de Lutte Ouvrière est une lutte des classes. Pour le Nouveau Parti Anti Capitaliste également et leur but est ouvertement affiché dans le nom du parti. Pour les deux, il s'agit réellement d'un dialogue invitant les ouvriers à reprendre le pouvoir face aux financiers dans une lutte, et non pas par les urnes. Ils sont énormément décrédibilisés par l'action des gouvernements dits communistes de l'Histoire et les Français dans leur imaginaire associent trop rapidement le régime qu'ils mettraient en place à celui de Staline, mais aussi par les médias qui les marginalisent très rapidement. Ce qui est étonnant c'est que le Parti communiste Français soutient davantage Jean Luc Mélenchon ou Benoit Hamon que les candidats de ces deux partis. De par leur discours agressifs face aux patrons, que beaucoup d'employés continuent de respecter en France, ils marginalisent eux même leur électorat. En vérité, ils sont probablement ceux qui amélioreraient le quotidien du plus de gens s'ils arrivaient à modérer leur proposition pour avancer pas à pas. Les Français ne sont pas les Russes et le 21ème siècle n'est pas le 20ème. Ces deux candidats peuvent incarner un vote anti système, dans le sens du système capitaliste et de finance. Cependant, pour LO, la structure politique traditionnelle, présente également chez les syndicats, est très forte. Le NPA, qui est un parti plus jeune mais issu d'un ancien parti connait des problématiques similaires, cependant, nous pouvons remarquer une chose incroyable sur le NPA, c'est la proposition de choisir Philippe Poutou il y a 5 ans comme candidat. Philippe Poutou, un chouya plus que Nathalie Arthaud, est réellement un représentant d'une majorité de Français, en particulier la majorité qui souffre le plus du système. Nous considérerons donc plus en en détail ces candidatures plus tard.
Jean Lassalle, député fut l'un des plus jeunes maires de France à l'époque. Il a l'expérience locale et nationale. En se présentant à la présidentielle 2017, en congé du Modem, sans l'appui de François Bayrou, après une marche de plusieurs milliers de kilomètres en France, également marginalisé par les médias, Jean Lassalle peut également incarner une candidature antisystème. Pour l'avoir observé dans le cadre de son association « la marche citoyenne », j'ai pu analyser de loin cet homme particulier. Il a une ambition présidentielle, et je soupçonne qu'il l'eut avant sa marche citoyenne. Il suit à la fois une logique traditionnelle de parti, aux côtés de François Bayrou, mais aussi celui d'un électron libre, en dehors de la logique de parti. Il sait s'entourer de personnes au grand cœur, motivées pour changer les choses, mais est parfois la victime d'opportunistes, voire d'arrivistes. Je crois qu'il est apprécié de nombreuses personnes de qualité qui travaillent avec lui, mais qu'il possède tout de même un égo très fort. C'est une personne qui se bat pour ses convictions, et elles sont généralement orientées vers l'humain. Je ne pense pas qu'il possède la stature d'un président, tel que la majorité du peuple l'entend, mais je crois qu'il a définitivement les qualités pour être un meilleur président que ceux des 40 dernières années. Je ne peux cependant pas le qualifier d'anti système. Mais, à défaut d'incarner un vote antisystème, il permettra, je pense, de nombreuses avancées « douces » qui iraient dans le sens des antisystèmes. Je pense qu'il pourrait leur donner la parole, et les respecter plus que ne le font nos politiciens actuels. C'est un peu une solution mitigée, que je vais au moins considérer dans la dernière partie.
Enfin, j'ai gardé Marine Le Pen pour la fin car il semble qu'elle incarne, à ce jour, la seule candidate antisystème capable d'atteindre le second tour. Cependant, la notion d' « anti -système » est extrêmement flou quand on considère la candidature de Marine Le Pen. Elle incarne en fait, pour les antis système, la seule candidate capable de gagner, et ainsi réellement faire tomber le système. Car sans victoire, le système ne peut être changé via la présidentielle. Par contre, Marine Le Pen incarne aussi, de manière évidente, le vote nationaliste. De la même manière que François Asselineau, le vote « anti système » sur Marine Le Pen, peut, par ambiguité, motiver par la suite une politique dangereuse pour la France. En outre, autre point important, si Marine Le Pen arrive à concentrer une grande partie du vote « anti système » ce n'est pas tellement parce qu'elle incarne l'anti système dans ses valeurs et ses combats, mais plutôt parce qu'elle est l'ennemi médiatique numéro un des grands partis au pouvoir. Le dégout pour les partis des Républicains ou Socialiste fait qu'à chaque fois que ces derniers diabolisent le FN et le pointent du doigt, les déçus du système trouvent dans le FN une manière de punir ces derniers (qui méritent entre nous un grand coup de pied aux fesses). Avec le temps, le FN qui possède réellement une base électorale nationaliste forte (probablement autour de 10%), a réussi à capter des électeurs déçus, qui pensent compter d'avantage qu'avec les 1% de Lutte Ouvrière ou du NPA. Le FN est donc vu, par beaucoup, comme la seule alternative antisystème (ou plutôt sanction) ayant une possibilité de gagner mais la plupart de ces électeurs « antisystème » sont également obligés de minimiser l'effet d'une victoire du FN sur l'avenir du pays, en imaginant que ce n'est pas si grave et que le FN ne pourra pas faire ce qu'il veut une fois au pouvoir. Cela reste hypothétique et donc très dangereux. Et l'amertume du FN est certainement très grande après toutes ces années à être montré du doigt et diabolisé. Voter Marine Le Pen pour signifier un vote contre le système est donc trop dangereux et surtout inutile au premier tour de l'élection.
Je vais donc conserver 4 candidats qui peuvent incarner, sur les onze, un vote antisystème : Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade, Philippe Poutou et Jean Lassalle. Outre Jean Lassalle qui n'était pas candidat en 2012, les 3 autres ont fait respectivement 0.56%, 0.25% et 1.15% soit un score que l'on peut qualifier de ridicule. Il est certain que si un de ces candidats obtenait 10% en 2017 sur l'idée d'un vote antisystème, nous pourrions dire que le vote antisystème représente bien 9% de la population. Si nous motivions les abstentionnistes à choisir l'un de ces candidats pour représenter le vote blanc comptabilisé, à défaut de la candidature de Stéphane Guyot, nous pouvons aisément admettre que s'il obtenait 13%, cela signifierait que 12% des électeurs désiraient voter blanc. Le problème c'est que si nous choisissions le même candidat pour agréger le vote blanc et le vote antisystème, le message serait flou et il serait difficile d'analyser la proportion de vote blanc et de vote antisystème. C'est pourquoi il est préférable, vu que nous disposons de plusieurs candidatures, de séparer les votes sur deux candidatures. L'une pour le vote blanc, l'autre pour le vote anti système. Par l'absence de score précédent de Jean Lassalle, il ne peut malheureusement pas servir de référence. Il ne reste donc que 3 candidatures pour 2 votes. La question à se poser, est désormais quel candidat ou quelle candidate sera le plus amené à accepter que le score obtenu ne correspond pas à une adhésion à sa candidature mais bien à un vote symbolique. Les électeurs de Nathalie Arthaud et Philippe Poutou sont relativement proches, donc en conservant l'une de ces candidatures sans autre vote qu'un vote adhésion, nous pouvons éclaircir le vote, les électeurs de l'un pouvant se reporter sur l'autre. Parce que Nathalie Arthaud a récolté ses parrainages plus tôt et qu'elle représente un parti davantage « historique », je propose que nous conservions sa candidature comme une candidature d'extrême gauche classique. Il nous reste donc que 2 candidats, Philippe Poutou et Jacques Cheminade. Le choix que je propose est, à partir de ce point, arbitraire. Jacques Cheminade, par son discours et son projet, peut incarner sans trop de risque le vote « antisystème ». Philippe Poutou, par son authenticité, son honnêteté et je pense son dévouement pour les citoyens peut incarner le vote blanc et l'abstention. Chacun de ces 2 candidats, peut, s'il obtient un résultat important, incarner une parole en plus de donner du poids à des discours marginalisés par les politiques actuelles, sans pour autant être un choix risqué dans le cas d'une victoire au premier tour.
Philippe Poutou veut incarner la voix des ouvriers et l'anticapitalisme et c'est surtout une tribune pour communiquer les idées qu'il revendique en tant que candidat à la présidentielle. Alors pourquoi ne ferait-il pas de sa campagne une tribune mais du vote en son nom un vote pour le vote blanc et, dans le cas d'une victoire, refaire une nouvelle élection avec la prise en compte du vote blanc ? Pourquoi refuserait-il de montrer qu'il peut être le garant citoyen d'une solution plébiscitée par les citoyens tout en s'assurant de pouvoir défendre la cause ouvrière pour les législatives et, dans le cadre d'une nouvelle campagne présidentielle avec un cadre juste entre candidat, représenter une nouvelle fois les valeurs des ouvriers, avec d'autant plus de poids qu'il aura déjà rempli ses engagements auprès du peuple ? Oui, Philippe Poutou est en situation de parler au nom des ouvriers mais de permettre aux citoyens de mettre en place le vote blanc aux élections de manière démocratique et d'assurer au peuple un garde-fou en face de candidatures dangereuses et médiocres aux yeux de la majorité. Je vous propose de soutenir une pétition ici pour l’inviter à représenter le vote blanc : https://www.change.org/p/philippe-poutou-pour-que-philippe-poutou-repr%C3%A9sente-le-vote-blanc
Et c'est pourquoi, en tant que citoyen, je vous invite tous, mes concitoyens, à voter au premier tour pour Philippe Poutou si vous pensez qu'il est important de prendre en compte le vote blanc et que le choix de candidats au premier tour est médiocre, ou à voter Jacques Cheminade si vous êtes contre la dictature des grands partis et le système capitaliste à outrance. Et sinon, exprimez-vous pour celui ou celle des 9 candidat(e)s restant(e)s qui propose un choix proche de vos convictions, comme vous l'avez fait en 2012 pour le résultat que l'on connait.