Covid, Culture et évènementiel, une solution économique imparfaite ?

La situation est des plus préoccupantes dans le domaine de la culture et de l'évènementiel suite à la crise sanitaire. Tout comme dans le domaine du tourisme. S'il est difficile de promettre des solutions permettant une situation identique à celle précédent la crise, il est urgent de proposer ensemble des solutions.

Aujourd'hui, nous pouvons dire que c'est le grand néant. Aucun évènement, aucun gros concert (voir pas de concert du tout). De nombreux intervenants se retrouvent sans travail, et les revenus de tous sont amputés. Engendrant ensuite des pertes économiques pour les autres secteurs. Effectivement l'intermittent qui ne travaille pas ne dépense pas d'argent au restaurant, ne s'achète pas de nouvelle voiture car il ne fait pas de kilomètres avec sa voiture actuelle... Le Covid montre la grande faiblesse du libéralisme. Si le flux d'argent n'est pas suffisant, c'est toute la machine qui se grippe. Et nous sommes en plein dedans, jusqu'au cou.

Les solutions existent. Cela s'appelle l’interventionnisme étatique. Mais il ne s'agit pas de jeter l'argent par les fenêtres, mais plutôt de créer les rouages qui permettent à la machine de repartir.

Première erreur de notre gouvernement : Le chômage partiel.

Une autre solution existait. Le choix pour les entreprises touchées de faire subventionner les salaires à hauteur du chômage partiel afin d'investir dans le futur pour améliorer leur service. Au lieu de forcer les entreprises à faire le choix frileux de mettre leur salarié au chômage partiel, ils pouvaient développer leurs solutions pour être prêt au moment où la machine repartirait. Le secteur de la restauration quant à lui pouvait transformer l'activité en livraison de repas aux entreprises de proximité, à un prix réduit car financé en partie par l'Etat. Le coût a été payé, mais la richesse n'a pas été produite.

Dans la culture et l'évènementiel c'est pareil, en laissant la liberté à chacun de "subir" comme il l'entend la crise, il y a une sorte d'immobilisme qui fait que chaque jour, des milliers d'opportunités de travail et de revenus disparaissent. Des "propriétaires" privés d'espace évènementiel ne sont pas prêt à diminuer leur prix de location, déjà affaiblit par la crise, mais de l'autre côté les professionnels correspondant leur cible ont peur et ont déjà forcément réduit leurs moyens avec l'aide de l'Etat. Sans action, le propriétaire ne louera rien, l'Etat payera le chômage partiel, l'organisateur de Salon disparaitra à moins d'avoir les reins solides. L'autre solution c'est de diminuer le prix de la location (au moins d'un apport comparable au chômage technique des employés), de faire prendre en charge une partie par l'Etat (sous forme d'avance), de financer en partie les salaires des équipes de l'organisateur de salons, de garantir la sécurité des visiteurs avec des systèmes de réservation (passages limités aux stands...)

La problématique est la même pour les grandes salles de concert. Il vaut mieux financer la moitié du cout d'un concert, réduire le salaire des intervenants, accueillir moins de spectateurs par spectacle mais sur une durée plus longue (donc un nombre de spectacle plus important). Il s'agira surement du défaut majeur du plan de relance du ministre Casteix. "Je promets de l'argent et du financement mais je ne m'engage pas dans l'organisation réelle des actions de relance, de peur que la stratégie que j'aurais choisie ne fonctionne pas."

Pour surmonter la crise actuelle, il ne faut pas attendre que certaines initiatives relancent la machine. Il faut en vérité la mettre en marche forcée, intelligemment. Ceci dit, il ne faut pas non plus ignorer la bêtise de certains qui ne respectent pas les recommandations pour limiter la propagation du virus. Comme souvent, la solution réside dans l'innovation.

 

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