Une solution écologique : Le concept de monnaie multidimensionnelle

Notre monnaie reste archaïque dans ses bases, après plusieurs milliers d'années existences. Pourtant, elle régit les bases de notre économie et lui impose, par ses propres défauts, une bonne partie de ses défaillances. En comparant avec l'informatique, les règles de l'économie sont le code du programme, l'économie réelle en est le résultat, la monnaie, le langage, "basic".

Aujourd'hui, notre monnaie est à une dimension, c'est à dire que l'équilibre et la différenciation du "pouvoir d'achat" entre citoyen se fait en combinant toutes les formes de consommation sur une seule dimension. En terme de monnaie, nous en sommes encore au "Basic". C'est un peu ce langage qui permet de faire bouger la "tortue" sur l'écran pour dessiner des lignes (informatique pour les élèves de CP en 1986). Depuis nous avons évolué en informatique... Et il est pertinent d'innover le langage pour améliorer le programme et ouvrir de nouvelles possibilités.

Désirer mettre en valeur l'impact carbone au milieu de tout le reste, tout autant que le droit de se nourrir ou l’accès à l’énergie est difficile sur une dimension. Grace au numérique, à internet mais aussi à l'évolution des connaissances humaines en mathématique depuis la création du concept de monnaie, il est désormais possible d'envisager une monnaie a plusieurs dimensions.

Il devient alors évident de la nature des deux premières dimensions :

  • le travail (correspondant au temps individuel consacré à fournir des services à autrui en échange d'autre service)
  • l'emprunte carbone (correspondant au droit égale de chacun à consommer les ressources de la planète de chacun)

3 autres dimensions semblent pertinentes :

  • le droit en eau (accès égal à l'eau)
  • le droit en énergie (accès égal à l'électricité)
  • le droit en nourriture (accès égal à l'alimentation de base)

Outre la dimension travail, dont le "salaire" passe par le travail, les autres dimensions cités sont liées à concept de salaire universel. C'est à dire un montant versé de manière identique à chacun quotidiennement pour subvenir aux besoins.

Ainsi, cette monnaie intègre la notion de rationnement et d'égalité sociale. Les valeurs de chaque dimension peuvent être échangées contre d'autres dimensions, en particulier la personne qui "pollue" plus devra payer en monnaie travail le droit à consommer des ressources naturelles d'autres personnes qui de leur côté devront utiliser cet argent pour des services non polluant.

En retrouvant le prix de chaque dimension au moment de l'achat, le client aura conscience immédiatement de l'impact "environnemental" de son achat.

Par exemple, un kilo de tomates industrielles pourra couter

  • 1 euro travail
  • 3 euro environnement
  • 2 euro eau
  • 0,5 euros alimentation

Alors qu'un kilo de tomates bio coutera

  • 3 euros travail
  • 1 euro environnement
  • 1 euro eau
  • 0,5 euro alimentation

En réfléchissant à son panier et sa capacité d'achat, au prix d'un euro environnement en euro travail, le consommateur va changer sa façon de consommer, et la nouvelle comptabilité, multidimensionnelle elle aussi, va permettre de mieux gérer les capacités de consommer en termes de ressources planétaires.

En vérité, sans ajouter une deuxième dimension environnement a la monnaie actuelle, le système ne pourrait être qu'imparfait car flou et incontrôlable. C'est également un des rares système juste qui donne à chacun le même droit fondamental de consommer les denrées de la planète en termes de quota et valorise les personnes qui ont un impact plus faible. Elle peut permettre en outre de sortir des personnes sans moyens financier mais également sans impact environnementales d'une situation difficile. Bien sûr, ce changement impose de nouvelles règles, de nouveaux outils. Mais l'humanité ne regarde t'elle qu'à l'horizon du prochain mandat, des 10 prochaines années ? Si telle est sa vision, alors elle décide aussi, en la regardant, de l'échéance de sa fin.

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