Reconfinement : La voie de l’échec

Avouons-le à la place de notre président. Se reconfiner 1 an après le premier confinement est la conséquence d’un échec. En particulier le sien en ayant choisi d’être le décideur sur le sujet de la crise sanitaire. Un rôle pour lequel il n’aura jamais été élu. Mais ne regardons pas les erreurs passées, parlons de celles actuelles.

Avouons-le à la place de notre président. Se reconfiner 1 an après le premier confinement est la conséquence d’un échec. En particulier le sien en ayant choisi d’être le décideur sur le sujet de la crise sanitaire. Un rôle pour lequel il n’aura jamais été élu. Mais ne regardons pas les erreurs passées, parlons de celles actuelles. Il y aurait beaucoup à redire sur sa gestion du secteur culturel, automobile, touristiques… et j’en passe. Mais je vais vous parler d’un détail révélateur de l’ensemble des faiblesses de nos décideurs nationaux. Les 10 kilomètres de rayon de liberté, sans attestation.

1 kilomètre, 10 kilomètres… Pour accorder à chaque individu un périmètre de liberté, afin qu’il trouve un espace pour sortir de chez soi. Cela répond à un objectif clair : un individu confiné à 100% chez soi pendant 4 semaines risque de voir sa santé mentale prendre un coup. Mais dès l’instant où l’on libère les personnes de leur « foyer », le risque de transmettre le virus apparait tandis que si elles restent chez elles, il n’y a pas de risque de propagation, si ce n’est au sein du foyer. C’est bien dans le contact entre foyers que nait le phénomène de propagation.

Mais le « foyer » est un concept que l’on peut étendre à une ville. Imaginons que les habitant d’une ville sont confinés dans la ville, mais au sein de celle-ci, ils sont libres. Une ville A n’ayant pas de contact avec les autres villes, s’il n’y a pas de cas dans la ville A, il ne devrait jamais y en avoir, et s’il y a des cas, la propagation se cantonne à la ville A mais pas aux villes voisines. Le principe donc de protection est de créer des « foyers » étanches et donc, avec le temps, des zones « saines » de plus en plus grande en isolant de plus en plus les « foyers » avec des cas. D’une part cela responsabilise les habitants des zones, d’autres part cela limite la propagation. C'est le principe de dichotomie.

La règle des 10km est symptôme de la médiocrité et l'on peut vraiment se demander comment, à l’échelle de l’État, nous arrivons à ce stade de nullité. En accordant 10 kilomètres, une personne d’une ville A peut rencontrer une personne qu’une ville B située à 20 kilomètres, de manière directe ou par l’intermédiaire d’une personne vivant entre les 2 villes. La personne vivant dans la ville B peut alors à son tour contaminer une personne située à 20 kilomètres dans la direction opposée. Ainsi, La personne de la ville A aura contaminé, par l’intermédiaire de la Ville B, une personne située à 40km… et bien sûr nous pouvons arriver comme cela à contaminer tout le territoire.

Bien sûr le confinement et la responsabilité civique individuelle réduit les chances de « croiser » les autres, mais, les horaires des supermarchés n’étant aucunement réservés à telle ou telle ville, ils deviennent des lieux de transit de plusieurs zones.  

La règle des 10 kilomètres est donc stupide car elle ne crée aucunement des zones étanches.

La règle de la ville ne pourrait pas non plus être appliquée car toutes les villes ne possèdent pas les infrastructures indispensables pour les activités quotidiennes, en particulier la vente de denrées alimentaires. La « structure » la plus petite qui peut convenir est la communauté de commune ou si une décision locale est faite dans ce sens, le canton.

Ainsi, les personnes seraient libres de circuler dans la communauté de commune, si, et seulement si, les chiffres de cette zone sont sous un seuil fixé. De manière générale, il s’agit de responsabiliser les citoyens d’une zone identifiée en leur promettant, en fonction de la situation dont ils sont eux-mêmes responsables, de retrouver leur liberté au sein de cette zone.

Par exemple, si le R0 (nombre de personnes contaminée en moyenne par porteur du virus) est :

  • Inférieur à 0.5 : réouverture de toutes les activités.
  • Entre 0.5 et 1 : les restaurants et les bars seraient victimes de restrictions
  • Entre 1 et 1.5 : les restaurants et les bars ferment, les lieux de cultures sont soumis à restrictions, les commerces non essentiels sont soumis à des jauges strictes
  • Entre 1.5 et 2 : tous les lieux de regroupement ferment
  • etc.

Autre point affligeant de la politique gouvernementale :  la stratégie des tests.

  • On teste des gens « gratuitement » un jour mais en les laissant circuler dans une zone « infectées » on peut/doit tout autant les retester le jour suivant.
  • On teste gratuitement des gens qui partent pour des raisons personnelles à l’étranger. Il n’y a aucune forme de responsabilité quant à la raison du test. Ceux passant la frontière devrait fournir la preuve d’un test payé, soit par eux-mêmes, soit par leur employeur.
  • Les cas « positifs » doivent se mettre à l’isolement mais il n’y a guère de contrôle du respect de cet isolement.

Avec plus de 200 000 tests réalisés par jour en France, si on estime que l’on doit réaliser 2 tests par personnes pour plus de sécurité, c’est que nous serions capables de « sécuriser » une zone de 100 000 personnes par jour. Donc, 100 jours pour 10 Millions de personnes et donc, depuis décembre 2020, 1/7ème de la France pourrait avoir été « testée » proprement et mise à l’écart. Combiné au système de zones géographiques « confinées » à leurs frontières, il est probable que la moitié géographique de la France Métropolitaine soit fin Mars 2021, libérée de cas Covid et vivant presque « normalement ». Au lieu de cela, Emmanuel Macron a annoncé un reconfinement, et les solutions annoncées sont aussi médiocres que celles passées.

La réponse à une pandémie réside dans la dichotomie. Des solutions basées sur la dichotomie, il y en a beaucoup. Pourtant aucune n’est vraiment appliquée par les politiques gouvernementales.

Notre gouvernement répète les confinements tout comme il répète ses erreurs. Il n’y a aucune remise en cause des solutions qui ont montré leur médiocrité.

De toute cela, retenons bien la règle des 10 kilomètres indignes d'une analyse mathématique rapide et le salaire des conseillers de l’Elysée qui gagnent entre 6.000 et 15.000 euros net par mois. Franchement ? Le gouvernement base ses espoirs sur sa stratégie vaccinale, comme la plupart des autres pays... quelle originalité et quelle confiance dans ses propres capacités à mettre en place des solutions... Au lieu de payer un gouvernement nous aurions dû acheter des actions de l'industrie pharmaceutique non ? 

 

 

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