Réformer la Primaire Populaire pour en accroître le caractère innovant

Comment transformer la Primaire Populaire en une initiative citoyenne encore plus innovante et plus impactante sur la présidentielle de 2022 ?

Transformer la primaire populaire en consultation populaire © Pierre SCHWARZ Transformer la primaire populaire en consultation populaire © Pierre SCHWARZ
La primaire populaire peut se vanter d’être le processus porté par des citoyens le plus fédérateur à ce jour. Encouragée par un désir des électeurs de gauche de ne pas se retrouver avec pour seul choix un duel droite-droite au second tour, elle réussit à fédérer aujourd’hui près de 75 000 citoyens. L’objectif est simple : dégager la candidature la plus consensuelle à gauche pour ensuite faire pression sur les autres partis pour soutenir cette candidature unique.

Pour y parvenir, un nombre conséquent de participants au vote est requis. On parle de millions. La légitimé ne peut se gagner sous le seuil du million car, dans le cas contraire, des candidatures comme celle de Jean Luc Mélenchon peuvent déjà se prévaloir du score obtenu à l’élection précédente (7 Millions). Mais voilà, la variété des opinions de gauche se retrouve aussi dans la variété des candidats proposés sur la plateforme plus par notoriété que pour leurs idées ou programme. D’ailleurs certains ne sont même pas candidat, tandis que d’autres ont déjà balayé leur participation à cette primaire d’un revers de main.

Pourtant l’énergie et les moyens sont là : une équipe dédiée, des centaines de militants, des évènements dans toute la France, une plateforme de vote en ligne sécurisée, un relai important dans les médias… Mais voilà, le concept ne fait pas forcément rêver. Dans l’électorat de gauche, comme dans les autres d’ailleurs, il y a 3 grands types de citoyens. Les premiers, les motivés, qui sont souvent les militants des partis en place ou de leur propre mouvance. Difficile de les faire s’intéresser au processus s’ils ont déjà un candidat attitré ou engagé dans un processus classique. Les seconds, les sensibles, sont le cœur de cible de cette primaire, car ils connaissent les enjeux, sont davantage détachés des partis et n’ont pas de freins pour s’allier. Enfin, les distants sont ceux qui iront voter le jour du vote pour un candidat, mais qui ne dépenseront aucune énergie supplémentaire. Ce dernier groupe est certainement le plus nombreux et aussi, par conséquent, le plus représentatif mais il est difficilement mobilisable.

Comment faire de la primaire populaire un succès ?

Par le programme ? Celui-ci a été déjà acté, il réunit 10 propositions de rupture qui aurait pu déjà se retrouver dans des programmes passés de gauche. En outre, le ou la gagnante reste assez libre sur les autres propositions une fois désigné. En somme un schéma de candidature de gauche similaire aux précédents.

Par le choix des candidats ? Ils ont pour la plupart été présélectionnés sur leur notoriété et sont poussés ensuite par des militants et groupes de soutien fortement motivés pour imposer leur choix dans cette primaire. Ceci regroupe les citoyens en amont du vote mais provoquera probablement une chute d’intérêt une fois le gagnant désigné, car on parle de militantisme.

Par le mode de vote ? Le scrutin au jugement majoritaire est présenté comme une manière de désigner un candidat plus consensuel. Mais rien ne garantit que le meilleur ait plus de 50% de mentions « Bien », ni que les autres 50% ne l’aient pas « rejeté »

En 2016, un processus similaire, ouvert davantage aux candidatures citoyennes, avait eu lieu, laprimaire.org. La plateforme comptabilisait à terme plus de 100 000 inscrits. Malgré cela, la candidature de Charlotte Marchandise qui en avait émergé n’avait pas réussi à récolter les 500 parrainages d’élus.  5 ans plus tard nous retrouvons le même principe, mais avec des candidats connus et un programme fixe. Mix étrange entre la primaire de la Belle Alliance Populaire de 2016 et laprimaire.org.

Pour réussir, la primaire populaire a besoin d’une vision plus large. Elle doit offrir du rêve et surtout être à l’écoute des citoyens plutôt que simplement leur demander de lui offrir une légitimité.

Je suis candidat à cette même primaire pour en transformer l’ambition.

Nous ne pouvons pas nous contenter de reproduire une mini élection présidentielle en modifiant uniquement le mode de scrutin. Nous devons offrir plus aux citoyens. C’est pourquoi je propose de réaliser, sur une journée, non pas une primaire populaire, mais une grande consultation de l’électorat de gauche et écologiste : La grande consultation populaire. 

En particulier :

  • Voter des propositions au jugement majoritaire afin de déterminer les plus consensuelles (90% de mentions Bien ou plus)
  • Désigner un conseil présidentiel représentant 95% des votants et constitué par jugement majoritaire parmi l’ensemble des candidats proposés sur la plateforme. Ce conseil sera chargé de proposer une liste de candidat consensuel qui seront ensuite départagé en collaboration avec les citoyens et les maires soutenant le processus.
  • Désigner quelques ministres par jugement majoritaire.
  • Mettre en place une démocratie liquide continue et consultative afin d'orienter les décisions.

La valeur des informations collectées sera précieuse et permettra, à minima, d’affiner un programme idéal pour la présidentielle et aux législatives. Cette expérience sensibilisera également les citoyens aux problématiques démocratiques.

Si, vous aussi, vous pensez qu’il faut aller plus loin dans l’innovation autour de cette primaire populaire, proposez mon nom Pierre SCHWARZ sur la page des parrainages ici !

 

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