Abstention et média public.

Hier j'ai vu, comme d'habitude, l'émission "Ce soir ou jamais", ou il est plus souvent proposé des débats politiques, sociaux, "sociétaux", etc, plus posés, intelligibles, compréhensibles dans leurs oppositions, que sur d'autres programmes, sur d'autres chaînes, privées et publiques aussi.

La fin de cette émission (à partir d'une heure et 16 minutes) parla du taux d'abstention record, inquiétant pour certains-es, des dernières élections municipales en France. Elle tenta, dans les débats, d'en apporter une compréhension globale et sectorielle. Comme d'indiquer le problème de manque représentativité réelle de toutes les couches sociales dans les institutions publiques de notre démocratie, dans cette 5e République monarchique, elle essaya d'en expliquer la corollaire par l'absence du vote des pauvres, etc, derrière un vide politique. Il fut aussi abordé le sujet, dans les raisons de l'abstention, le "jeu" médiatique absurde des soirée électorales, et les récupérations politiciennes, derrière des victoires n'en étant pas vraiment, des sanctions sévères, etc. Parmi ces raisons fut aussi expliqué celles économico-sociales de cette progression de l'abstention du fait de manque de choix démocratiques et politiques locaux, nationaux, etc. Il fut souligné que derrière les propositions actuelles de politiques économiques et sociales plus que restreintes (austérité, etc), par des traités européens (et les accords transatlantiques absents du débats aussi) par exemple, des intérêts politiques et clientélistes de l'alternance convergents, ou leur éradication présumée des traités, etc pour l'autre parti de la haine (le sujet juste d'avant faisant étrangement  passerelle avec celui de l'abstention), ceux la consistaient en fait à enfermer le choix démocratique. Et il fut aussi indiqué que cette progression d'un taux de l'abstention, fut plus fort d'ailleurs qu'aucune autre progression des partis en lice, contrairement aux discours médiatiques de masse, politiques, ambiants.

Par contre il me semble qu'une contradiction se fit jours dans ces discutions. Elle est à relier à l'abstention, à ce choix démocratique confisqué, et à "l'exutoire", "l’échappatoire" du vote pour la haine pour certains-es..., par manque d'offre politique, qui fut présenté comme des votes protestataires, contre le "système". Même s'il fut question d'aborder la notion de stratégie de "dé-diabolisation" du fhaine, le rôle que les médias de masse, et celui les politiques de tous bords (de l'alternance s'entend) ont joué par ailleurs dans celle ci "dé-diabolisation"..., au regard des scores du fhaine dans des grandes localités, et du taux d'abstention dans celles ci (plus de 60% d'abstention pour certaines municipalités ou le fhaine l'emporta), il apparaît flagrant que dans cela, la légitimité démocratique du scrutin ayant porté le fhaine en tête est contestable alors. Mais cela ne fut aucunement souligné. Pourquoi...? Serait-ce parce qu'il était hors de question, pour les invités-es et malgré leur dire, pour ce média de masse public, de remettre en cause la ligne économique dominante, qui par définition est antisociale, quelque soit le choix pris, dans cette enferment institutionnel non-représentatif..., Personnellement j'ai ma petite idée. Et vous...?

De même que de dire que le fhaine est un parti rassemblant, pour partie, un électorat "antisystème", devient alors contradictoire au principe même et du problème de représentativité institutionnelle publique et politique des pauvres, qui fut posé en amont, et de celui social, légale, de la légitimité d'un scrutin obtenu avec une minorité de votant..., la contradiction apparaît dans la confrontation des deux problèmes posés qui ne s'opposent pas en fait. Ils se complémentent même. Car qui contestera cette légitimité institutionnelle du fhaine ayant accédé au pouvoir locaux (du fhaine et d'autres partis politiques ou le taux d'abstentions dépassa les 50% d'ailleurs), dans le "système" actuelle de la 5e République, cette légitimité obtenu par une minorité d'électeur-trice (moins de 50% donc) soulèvera alors la supercherie de ce postulat consistant à dire que le vote du fhaine est pour partie, "antisystème". Car ce même parti de la haine s'empressera à coup sûr d'user et d'abuser de toutes les ficelles de ce "système" actuel pour se légitimer au pouvoir..., et à n'en pas douter, l'on constatera aussi qu'il trouvera des soutiens politiques, médiatiques, de tous bords, dans ce sens. Le fhaine n'est pas fondamentalement un parti "antisystème", car il use et abuse des ficelles du "système", et des manières de mentir et de manipuler l'électorat, tout comme le font les autres, mais en exagérant. De même que le fhaine trouve une certaine forme de "crédit" trompeur, surfait, par rapport aux autres partis de l'alternance, en se présentant soit-disant plus "vertueux", "vierge" en s'appuyant sur les multiples affaires incriminant ces partis dominants, juste par rapport au fait qu'il a disposé dans le passé de moins de pouvoirs locaux, nationaux, visibles, pour faire office de comparaison, dans son exercice du pouvoir. Sauf dans les quelques rares municipalités ou ce parti de la haine acquit ce pouvoir, et montra aussi sa capacité à plonger dans des affaires, accusant ainsi aujourd'hui tous-tes ceux et celles faisant remonter ces affaires de conspirateurs-trices, voir en accusant la justice, ou les autres partis de complot à son encontre. Le fhaine propose dans le repli sur soi, une "mondialisation" et "compétitivité" à échelle nationale. En cela le fhaine ne peut donc trouver d'opposition au risque pour l'opposition de se voir renvoyer comme un boomerang les même dérives ou presque lui étant reprochées. Un exemple est démontré ici.

Le problème posé est donc bien la légitimité d'un pouvoir, obtenu avec une minorité, même local comme celle du fhaine dans certaines municipalités, du pouvoir de la 5e République, soit-disant démocratique, niant la non-représentativité institutionnelle publique et politique de toutes les couches de la société, des travailleurs-euses/précaires ou pas/à bas salaire/chômeurs-euses/pauvres (50% de la population active non imposable avec moins de 1630 euros par mois), dans un choix politique démocratique quasiment inexistant pour eux-elles. Ce choix pour ces pauvres étant en majorité (en excluant les quelques municipalités ou le FDG, EELV de gauche, etc, ont été présent, tous avec certains "socialistes" comme Montebourg, etc réclamant une 6e République) soit voter pour l'alternance qui de toute manière ne les défendra pas, et pire encore..., soit voter pour la haine... La est donc la limite de la légitimité des partis politiques aussi douteux soient ils, acquérant le pouvoir dans la 5e République, par les votes d'une minorité. Qu'elle est alors cette limite pouvant remettre en cause la légitimité d'un pouvoir, conservateur (économique, sociale, et institutionnel), si moins de 50% de votes ne suffisent pas à la remetre en cause...? 30% ? 20% ? Moins encore...?

Ce fut, en entendant les conclusions des intervenants-es de ce plateau, conclusions dont certains-es y allèrent de leur proposition, qu'il m'est apparue encore plus nettement cette distorsion d'interprétation du problème et ces contradictions démontrant à quel point cette démocratie est en danger sous cette république monarchique et derrière certains conservatismes... Je ne parle pas du "vote blanc"..., car j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur ce genre de pratique de la considération institutionnelle du vote blanc, qui "lave plus blanc que blanc" à travers la machine à laver des temps de cerveaux disponibles qu'on nous veut derrière les médias de masse publics/privés, l'indécision citoyenne et les défauts de représentativité populaire et de choix politique.. Car en guise de conclusions il nous fut donner d'entendre l'argument de rendre le vote obligatoire. C'est tout de même étrange d'avoir souligné avec justesse autant de dysfonctionnement démocratique, d'injustice dans ceux ci (la non-représentativité, le non choix), et d'en arriver à renvoyer le débat à ses origines, par cette obligation de vote des pauvres devant aucune "échappatoire"...? C'est comme si l'on avait voulu stériliser le débat précédent, donné à entendre à l'intelligence citoyenne, en disant que "comme de toute manière le système n'est pas à remettre en cause, il en est nullement question, que le contexte économique et sociale est tel qu'il est, qu'on n'y peut (ou veut...?) rien, autant rendre le vote obligatoire, sans considérer ses raisons de l'abstention, ses arguments, recevables ou pas, pourvu que son chiffre, sa courbe baisse".

Est-ce que l'objection de conscience et la liberté d'expression et bien d'autres droits Constitutionnels sont à effacer parce qu'un score d'abstention en progression montre les failles béantes d'un "système", d'une institution nous devant ce "vivre et être ensemble", qui est en fait inefficace, injuste, et antidémocratique comme antisocial...?

 

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