Argentine: Blanchiment des Macri; fuite de l'administration fiscale ?

Le 27/9, le journaliste H. Verbitsky a publié une enquête sur les supposés 132 millions US$ blanchis par la famille et des proches de Mauricio Macri. Le plus jeune frère de Macri, Gianfranco, a blanchi des biens pour 622 millions de pesos, et le prétendu acheteur des entreprises du président, Marcelo Mindlin, a blanchi 770 millions, somme similaire au prix d’achat de ses nouvelles acquisitions.

Les enfants Awada, sauf Alejandro. Leila, Zoraida et la mére, Elsa Esther Baker, sont parmi les “blanchisseurs”. © pagina 12 Les enfants Awada, sauf Alejandro. Leila, Zoraida et la mére, Elsa Esther Baker, sont parmi les “blanchisseurs”. © pagina 12
Leurs épouses, Elianne Badessich et Mariana Mindlin, sont inséparables partenaires de golf sur les greens du Buenos aires Golf Club, construit à Bella Vista par les Macrì. Cette amitié a résisté à la crise de 2001, quando l’entreprise familiale des Macrì choisit de ne pas payer la part des dépenses qui lui revenaient pour être propriétaires de 300 cartes de membres, et la faire payer aux 400 membres restants, qui avaient payé 25.000 US$ chacun pour appartenir, comme associés, au Buenos Aires Golf Club. L’alternative qu’a offert alors le Club a été que chacun trouve um nouveau membre qui paierait sa part. Il y a eu des assemblées tumultueuses et des démissions, mais ceci n’a pas affecté le lien entre les épouses de Gianfranco Macrì et de Marcelo Midlin.´(H.V.)

 

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L'article (original en espagnol) ci-dessous, du dimanche 3 septembre 2017 dans Página12, que nous avons traduit, évidence l'apparent branle-bas de combat qui semble saisir la présidence, son entourage, et la Casa Rosada.

Alerte fiscale

par Horacio Verbitsky

Gianfranco Macrì, Marcos Peña Braun, Marcelo Mindlin, Nicky Caputo, Pablo Clusellas. © pagina 12 Gianfranco Macrì, Marcos Peña Braun, Marcelo Mindlin, Nicky Caputo, Pablo Clusellas. © pagina 12
Le gouvernement dit ne pas être inquiet des fuites sur les biens de la famille du président, mais de la vulnérabilité de l'administration fiscale (AFIP). Sa sécurité est désormais entre les mains du cabinet d’audit Deloitte. Mais le gouvernement promet une vengeance et la chasse aux indifférents. De possibles conflits familiaux pour du blanchiment. Les Macrì, les Awada* et les Rocca sont seulement quelques exemples. Le lien entre les épouses de Gianfranco Macrì et de Marcelo Mindlin. Si le chien est le meilleur ami de l’homme, l’épouse peut être la pire ennemie. Les frères sont unis, sauf pour l’héritage.

Le gouvernement a chargé le cabinet international de consultants Deloitte* d’effectuer la révision des systèmes de sécurité de l'Administration fiscale (Administración Federal de Ingresos Públicos - AFIP) à la base de la publication, le 27/9 , des montants blanchis par le frère du président Gianfranco Macrì (622 millions de pesos); son “frère” Nicky Caputo (465 millions); le prétendu acheteur du constructeur civil propriété des Macrì, Marcelo Mindlin (770 millions); un cousin du chef de cabinet Marcos Peña Braun, qui a été employé de la Socma et a représenté Macri pour l’achat de terrains à Salta, Alejandro Jaime Braun Peña (109 millions) ; un beau-frère du secrétaire Legal y Técnico de la Présidence, Pablo Clusellas Zorraquín, nommé Manuel Torino (353 millions).
Deloitte est la filiale argentine de Deloitte Touche Tohmatsu Limited (DTTL), société privée anglaise, d’une plus grande confiance, pour le pouvoir exécutif, que la ligne officielle de l’AFIP, formée d’employés argentins venus de l’Estado Nacional.
Tous les employés hieérarchiques de l’AFIP se sont transformés em blanc mobile, bien que le gouvernement s’occupe à déterminer l’origine des fuites, par des méthodes informatiques mais aussi informelles. Des porte-paroles officieux et porte-voix à sa solde ont affirmé que la préoccupation me concerne pas les données déjà divulguées, mais de celles qui pourraient fuiter futurement et la voie par laquelle elles seront rendues sans protection. La famille présidentielle est nombreuse, cela se sait, et en plus des frères, les épouses, belles-soeurs et beau-pères qui sont depuis une semaine en état d’alerte.

Les belles-soeurs présidentielles Leila et Zoraida Awada et sa belle-mère, Elsa Esther Baker, ont blanchi de l’argent. Ceci ne veut pas dire que les quelques pauvres millions de pesos qu’elles ont declaré aient pour origine des affaires du président ou aient été obtenus avec sa faveur. Mais donnée la possibilité de ce sindiceramiento fiscal, qui n’exlut personne entre la loi et le décret déformant, il n’est possible de l´écarter.
Pour autant que le blanchiment ait effacé le délit préalable, et pour cela soit considéré comme une auto-amnistie, l’information mise sur la table permet de déduire la magnitude de la fortune de chacun et sert de référence aux associés commerciaux et compagnons sentimentaux. Ainsi comme le chien est le meilleur ami de l’homme, l’on sait que l’épouse peut être sa pire ennemie. Dans la famille présidentielle, il y a des antécédents. Mauricio Macri le sait, que Marie France Peña Luque*** a accusé d’être entre em insolvabilité frauduleuse tout de suíte après sa séparation pour éluder ses réclamations.

Dans la même logique s’inscrit l’espionnage de Néstor Leonardo, qui était l’époux non désiré, pour la famille de Sandra Macri. Au plus fort de la bataille judiciaire avec ses fils, le patriarche Franco Macri a assumé la responsabilité malgré que les écoutes téléphoniques se soient faites avec les moyens de la mairie dirigée par son fils.
Franco ne s’est pas marié et a terminé ses relations affectives avec une telle prodigialité que l’horizon vital des bénéficiaires se modifie. En 2007, quando Mauricio accède à la mairie de Buenos Aires, Franco se refuse à mettre la propriété des constructeurs civils et promoteurs immobiliers familiaux au nom de son neveu Angelo Testaferra, afin de simuler qu’il n’existait pas de conflits d’intérêts. La vente s’est terminée dans une générosité exceptionnelle qui ne se produisent pas hors la famille. Mais tout de suíte apres l’accord, Franco a accusé son fils d’ingratitude et a essayé de reprendre le controle. L,a réponse a été qu’il s’en montrerait incapable. Chacun a traîné une partie de la famille avec lui. Avec Mauricio, Gianfranco et Mariano. Franco, en échange, a gardé l’adhésion des deux soeurs de Mauricio, Sandra et Florencia. La question s’est renégociée pour ne pas obstruer le chemin jusqu’á la présidence.
L’épisode suivant a été de déposer sur les mêmes épaules la responsabilité des entreprises em "guérites" fiscales, découvertes par les Panama Papers. Franco Macri, qui a cultivé ses relations avec tous les pouvoirs qui se sont succédé en plus de cinquante ans, ne fera pas une exception juste quando un membre de la famille ocupe le pouvoir exécutif. Mais pour les entrepreneurs calabrais, la paix est seulement une pause dans le combat. Que se passerait-il, par exemple, si Franco reconnaissait un autre fils, qui réclamerait sa part d’héritage?

Jours de furie

La prétendue indifférence pour les publications sur la famille est démentie par la reaction furibonde du gouvernement. Vendredi 1er septembre, le commentateur du football qui distribue à la télévision les informations et opinions que lui soumettent les services officiels a anticipé les possibles conséquences de la furie présidentielle. Avec un ordre du jour entre le dirigeant maritime écroué Caballo Suárez et le secrétaire général du syndicat et la Federación de Empleados de Edificios, Víctor Santa María, le commentateur a dit qu’il y a une intention officielle que le prochain syndicaliste incarcéré soit le directeur du Grupo Octubre, à qui appartient ce journal Página12.
Em plus de transformer les excédents en investissements culturels et éducatifs (moyens de communication, une université, théâtres) Victor Santa Maria est parlementaire du Mercosur et préside le partido justicialista de Buenos Aires, de tel mode que la comparaison avec Suárez est un trop-plein de rancoeur infondé et constitue une menace ouverte à la liberté de chercher et de diffuser des informations d’intérêt public de la part d’un média fondé il y a trente ans, dont la rédaction ne souffre aucune interférence du directeur.
Dans le traitement parlementaire le président Maurizio Macri doit sacrifier l’article qui châtiait avec une peine de prison et une amende égale au montant des biens expatriés les médias et journalistes qui publient des informations sur le blanchiment. Pour cela, l’intimidation n’est pas envers le journaliste, ni le journal, mais envers Victor Santa Maria, en son caractère de dirigeant syndical.

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A part de l’instruction interne menée par l’administrateur Alberto Abad, la AFIP a formulé une plainte pénale qui revient au juge fédéral Rodolfo Canicoba Corral. La première victime a été le sous-directeur de systèmes et télécommunications, Jorge Enrique Linskens, qui a été remplacé par le commissaire interne aux comptes Néstor Abelardo Sosa.
Linskens a été um fonctionnaire de confiance de Macri durant son mandat de maire de Buenos Aires, comme directeur de la Agencia de Sistemas de Información de la CABA. Il y a trois mois, il a reçu un éloge du quotidien La Nación. Dans l’éditorial du 30 mai, “Résistance precoce, reconnaissance tardive” il a été mentionné comme exemple de la prévalence des justes comme alternative à la victoire du corrompu. La note citait Linskens et Sosa, avec Jaime Mecikovsky, parmi les “valeureux inspecteurs, chefs régionaux, sous-directeurs et directeurs” qui depuis 2007 ont effectué les investigations sur les affaires Lázaro Báez tout “en connaissant les risques qu’ils courraient” ce qui s’est terminé em un “chapelet d’expulsions, démissions forcées et mises en disponibilité où se réclamait la tête de ceux qui honnêtement s’étaient efforcé de faire accomplir la loi”. La nómina s’est complétée avec Javier Zabaljauregui, Esteban Mengarelli, Sebastián Paladino, Manuel Rodríguez, Carlos Blanco, Silvia Huici, Gustavo Uría, Pablo Legardón, José Luis Giordano, Norman Williams, Fabiana Comes, et Marcelo Costa, qui selon le quotidien ont été “renvoyés de leurs bureaux et écartés de leurs postes, comme leurs chefs d’alors et de maintenant Horacio Castagnola à la DGI et Alberto Abad à la AFIP. Ce n’est pas la première cause judiciaire où ils sont impliqués.
Mecikovsky était le fournisseur d’information confidentielle aux deputées Margarita Stolbizer et Elisa Carrió. Il y a deux mois, le docteur Glock a mis fin aux deux héroïnes républicaines, à Horacio Castagnola et à Mecikovsky, bien que le cas soit loin d’être conclus, car durant les perquisitions a été trouvé des dossiers et informations officielles, dans des ordinateurs personnels, dont la finalité n’est pas claire. A la Subdirección General de Sistemas y Telecomunicaciones de la AFIP, est enregistrée chaque consultation à la base de données, qui seulement peut se faire avec des codes spécifiques, de sécurité.
Cette pratique a au moins trente ans, quando les jeunes rénovateurs qui sont arrivés avec Raul Alfonsin pour changer la politique, ont découvert qu’ils devaient d’abord la financer. Mecicovsky a allégué que cette information a été ajoutée pendant la perquisition.

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Le jour de la tradition

L’endettement externe et la simultanée fuite de capitaux constitue le mode d’accumulation de l’oligarchie diversifiée et transnationalisée depuis l’hyper inflation de 1975 jusqu’à la crise de la fin du siècle. Elle s’est inversée pendant la longue décade kirchnerista et a repris à toute vapeur en 2016. Le Grupo Macrì n’est pas resté à la marge. Jamais il ne sera suffisant d’insister que ces secteurs ne fuient pas um plan d’économies sur leur consommation, qui sont somptuaires et ne reconnaissent ni cycles ni crises, sinon l’investissement, qu’ils soustraient du circuit économique local.
A la fin de la dictature, quand l’actuel président avait vingt-quatre ans, les entreprises de la famille avaient des dettes à l’étranger pour 170,3 millions de dollars, qui ont été socialisées par le Banco Central. A valeurs actualisées, appliquant les índices de prix à la consommation des USA, ce total équivaut à 410 millions de dollars.
Tout de suíte après la crise de 2001, quando la fuite de capitaux financée par le blindage et la méga conversion ont vidé les arches du Banco Central et a aspiré, avec ce tourbillon, le gouvernement de la premiére Alianza, la Cámara de Diputados a créé une commission d’investigation présidée par le député justicialista cordobés Eduardo Di Cola, un homme utile, puisqu’il a été, tout de suíte après, contrôleur du Correio Argentino, quand le Grupo Macri a cessé de payer la taxe convenue.
Le bulletin de la Commission sur l’évasion de devises a été publié en 2003. Sur ces données, le Area de Economía y Tecnología de Flacso que dirige Eduardo Basualdo a ordonné, du plus puissant au plus faible, les cinquante groupes entrepreneriaux ou sociétés aux plus grands transferts de devises, selon le type de société. Avec 112 millions de dollars retirés du pays en 118 opérations, le Grupo Económico Local Macrì-Socma ocupe le numéro 37 de cette liste de prédateurs.

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(*) Juliana Awada est mariée à M. Macri depuis le 16 novembre 2010.
(**) Deloitte, un des quatre Big four, avec EY, KMPG et PriceWaterhouseCoopers. 
(***) Marie France Peña Luque a été l'épouse du frère, Mariano Macri, jusqu'en 2010

Il y a également eu une intervention à la télévision, le 3/9/2017, sur cette affaire, d'Horacio Verbitsky:
https://www.youtube.com/watch?v=BPA12KyXf3M&feature=push-u-sub&attr_tag=sjyrp4qqP7V8QE6M-6

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