Buenos Aires: obscènes ripaille et danse dans l'ex-centre de torture

"Aujourd'hui, 38 ans après, ce qui pend au-dessus de la tête de ceux qui ont participé à cette nouvelle "fête", ce n'est pas le transfert dans un avion pour être jeté vivant dans la mer. Non, la menace pour ces éméchés, c'est la perte de leur travail."

Le 28 décembre 2016, à Buenos Aires, la musique à fond, une femme rousse qui danse debout sur une table, d'autres se trémoussent et tous emplissent l'espace d'un bureau qui semble ressembler à des milliers d’autres. Tels sont les éléments festifs du plan filmé et photographié par plusieurs téléphones portables.

Sauf que.

Ces employés, invités par la responsable administrative et comptable de la Secretaría de Derechos Humanos y Pluralismo Cultural* ont choisi de tenir cette fête dans un des innombrables bâtiments de ce qui fut le principal centre de torture et de détention clandestine monté par par la dictature argentine. L'ex-ESMA (**).

Un ensemble de dizaines de bâtisses où passèrent plus de 5.000 détenus arbitrairement arrêtés et où sont disparus et/ou morts torturés plusieurs centaines d'entre eux.

Le lundi 9 janvier 2017, Karina Nunez a présenté sa démission au directeur de l’organisme public de droits de l’homme.

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* Le siège de ce secrétariat d'Etat est justement dans l'un des bâtiments répartis sur les dix-sept hectares.

** Inauguré en son lieu et place, par Cristina Kirchner en mai 2015, l’Espacio para la Memoria y para la Promoción y Defensa de los Derechos Humanos (http://www.espaciomemoria.ar) est ouvert au public.

 

le 28/12/2016 à l'ex-ESMA à Buenos Aires. © droits réservés le 28/12/2016 à l'ex-ESMA à Buenos Aires. © droits réservés

 

La video :

le 28/12 à l'ex-ESMA à Buenos Aires. © droits réservés

 

 

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