Brésil: saisie massive d'or, d'orpailleurs illégaux

Quatre avions dans un hangar à Santarém et 72 lingots d'or, d'un poids de 44,9 kilogrammes, dans une résidence d'un particulier, saisis dans cet ouest de l'Etat du Pará, le vendredi 9 octobre, par la police fédérale. Qui a lancé ce jour-là l'opération « Ouro Frio », pour lutter contre les mines clandestines et le « réchauffement » de l'or pour lui attribuer une fausse légalité.

72 barres d'or, d'un poids de 44,9 kilogrammes. © Policia Federal 72 barres d'or, d'un poids de 44,9 kilogrammes. © Policia Federal
La police fédérale a saisi le 9 octobre à Santarém, dans l'ouest du Pará, quatre avions et 72 lingots d'or, d'une valeur de 14,8 millions de reais (2,3 millions d'euros). Les perquisitions et les saisies font partie de l'opération « Ouro Frio », pour lutter contre l'exploitation minière clandestine et le « chauffage » de l'or pour créer une fausse légalité au minerai illégalement extrait. La police a exécuté huit mandats de perquisition et de saisie dans les municipalités de Santarém et Itaituba, à l'intérieur du Pará.

L'action est toujours en cours, mais seulement à l'une des adresses de Santarém, les agents ont trouvé 72 lingots d'or, totalisant 44,9 kilogrammes, à l'intérieur d'un coffre-fort dans l'un des domiciles visés par l'opération. Au même endroit, 149.000 reais (23.000 euros) et 20.000 dollars en espèces ont également été saisis. Dans un hangar, dans la même commune, quatre avions ont été saisis, soupçonnés d'avoir servi à transporter de l'or illégal.

L'opération a été articulée sur la base d'enquêtes de police qui ont débuté en 2016 sur la chaîne de production d'or dans l'ouest de l'Etat du Pará. Les cibles sont l'exploitation minière illégale, mais aussi les personnes qui agissent en tant qu'intermédiaires dans la chaîne, faisant le « réchauffement de l'or ».

Le tribunal a ordonné la saisie d'avoirs des suspects impliqués pour un montant d'environ 15 millions de reais (2,3 millions d'euros). La valeur est presque la même que l'or saisi aujourd'hui, mais selon la police, ce n'est qu'une coïncidence : « Cette valeur est l'estimation du calcul de ce qui avait été soustrait aux impôts fédéraux du pays. Hors ce montant, lors des perquisitions, de l'or a été trouvé d'un montant, sur le marché, équivalent. Mais cet or, si aucune documentation légale n'est présentée, est un or illicite ce qui signifie qu'il a été extrait illégalement et saisi de toute manière, indépendamment du  montant décrété comme saisie d'avoirs », a expliqué le porte-parole de la police fédérale à Santarém, l'agent de la police fédérale Nogueira.

Bien qu'aucune arrestation n'ait encore été effectuée avant l'opération du 9 octobre, les propriétaires des matièeres et matériels saisis peuvent être sanctionnés pour extraction illégale de minerai, falsification de documents et association de malfaiteurs. Cette action s'inscrit dans le cadre de l'opération « Verde Brasil 2 », lancée en mai 2020, pour protéger et préserver l'Amazonie et d'autres biomes. L'opération est menée avec le soutien de l'armée.

Précédemment, en août 2020, la police fédérale avait désarticulé une autre organisation d'orpailleurs illégaux, sur les terres des indigènes Munduruku, dans la région du Alto Tapajós, dans le même Etat du Pará. Avant de pratiquer, dans une autre opération du 24 au 29 septembre, toujours à Santarém, la destruction d'une autre mine illégale.

 

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