Brésil : la tentative d'assassinat contre Bolsonaro en 2018, vrai-faux attentat ? (2)

Bolsonaro aurait eu une tumeur bénigne à l'intestin, décelée avant la campagne électorale 2018. Pour cacher le mal et atteindre le 2e tour en faisant compatir le Brésil, Jair B. aurait monté un vrai-faux attentat, qui l'aurait fait interner, gagner l'élection et permis l'opération chirurgicale prévue. C'est une des renversantes thèses possibles de l'incontournable doc de Joaquim de Carvalho.

Plusieurs visionnages attentifs et consécutifs du documentaire du journaliste Joaquim de Carvalho, d'une durée totale de 1 heure et 44 minutes, mis en ligne en première mondiale le 11 septembre 2021 sur le réseau YouTube, provoquent inévitablement un grand nombre d'interrogations, qui souvent stupéfient, médusent, sur le déroulement de la journée du 6 septembre 2018 à Juiz de Fora, dans l'Etat du Minas Gerais, et le comportement des membres de la délégation personnelle et de la délégation locale qui entouraient l'extrêmiste de droite Jair Bolsonaro, l'alors candidat à la présidence de la République -le premier tour de l'élection présidentielle aurait lieu le 7 octobre suivant - sous l'étiquette du parti post-fasciste PSL.

L'un des orchestrateurs, possibles, dans l'ombre, de ce vrai-faux attentat, semblerait être le conseiller municipal Carlos Bolsonaro.

Dans l'intervalle du 11/9 à ce 23/9, les ajouts verbaux du journaliste à son doc filmé, sur des canaux Youtube où il a été interviewé, ont été nombreux.

Ces questionnements et ces compléments d'enquête, du documentariste et journaliste, nous avons choisi de les détailler, pour la plupart, ci-après.

A cette date du 23 septembre 2021, " Bolsonaro e Adélio - uma fakeada no coração do Brasil " a été vu par 1,3 million d'internautes sur le réseau Youtube, en seulement douze jours.

Annoncée ce même 23 septembre, une autre production, par les mêmes auteurs, est en préparation.


Carlos Bolsonaro, en juillet 2018, au Clube de Tiro .38, à São José, en grande périphérie de Florianópolis, capitale de l'Etat de Santa Catarina. Carlos Bolsonaro, en juillet 2018, au Clube de Tiro .38, à São José, en grande périphérie de Florianópolis, capitale de l'Etat de Santa Catarina.

- POURQUOI le lieutenant Sérgio Rocha Cordeiro* et le sergent Max Guilherme Machado, du bataillon BOPE de la police militaire de Rio de Janeiro, chefs de l'escorte de sécurité de Jair Bolsonaro lors de tous ses déplacements, n'étaient-ils pas présents lors du voyage en voiture, d'une durée d'environ deux heures, de Rio de Janeiro jusqu'à Juiz de Fora ? Ces deux personnes, en septembre 2021, travaillent toujours auprès de Jair Bolsonaro.

- LE journaliste Joaquim de Carvalho cite à plusieurs reprises le nom d'un proche conseiller spécial, à Brasilia, de Jair Bolsonaro, nommé Gustavo Bebbiano, présent à Juiz de Fora - et mort d'une crise cardiaque le 14 mars 2020 après avoir été démis le 18/2/2019, selon le même Bebianno, par Carlos Bolsonaro, qui avait un immense pouvoir, officieux, auprès de son père. A ce sujet, Bebbiano, dans l'émission télévisée de la TV Cultura, chaîne publique, du 2/3/2020, avait déclaré que "le président n'arrivait pas à s'opposer au fils".
Joaquim de Carvalho note également que Bebianno avait toujours souligné que Carlos Bolsonaro avait mis un point d'honneur à être présent à Juiz de Fora, alors qu'il n'avait jamais été présent dans les autres voyages de campagne électorale de son père.

MIchelle Bolsonaro et Jair Bolsonaro, le 30/4/18. © DR MIchelle Bolsonaro et Jair Bolsonaro, le 30/4/18. © DR
- LE 30 avril 2018, lors d'une cérémonie collective de prière et d'appel à la "guérison", durant un congrès évangéliste, où sont présents Jair Bolsonaro et son épouse Michelle, cette dernière pose la main sur le ventre de Jair, à l'endroit du futur supposé coup de couteau, qui se produira plus de quatre mois plus tard : photographie ci-contre et film ICI à partir de 13'40"

- LE documentaire de Joaquim de Carvalho souligne aussi que Adélio Bispo de Oliveira vivait très pauvrement et avait pour habitude de dormir dans des pensions ou des auberges. Comment donc a-t-il réuni le cash pour payer ses trois jours de cours de tir- chers, plus de 600 reais, soit l'équivalent de la moitié d'un salaire minimum mensuel - en espèces, ainsi que ses voyages, ses hôtels, et tout cela en espèces ? Adélio, plongeur dans la restauration un jour, assistant maçon le lendemain, était-il capable d'assurer ce train de vie ? Avant d'arriver au Clube de tiro .38, il vivait dans une pension du quartier de Coqueiros à Florianópolis, dans une chambre de 2m x 2m, la numéro 590, avec une salle de bains et des toilettes externes, communes aux "cinq ou six autres" habitants de l'étage. Jusqu'à dix jours avant le supposé attentat, Adélio Bispo demeurait à Florianópolis, capitale de l'État de Santa Catarina. Joaquim de Carvalho a rencontré, là-bas, ses voisins d'alors (ICI visibles à partir de 1h11) 

Après le 6/9, en perquisitionnant le domicile de Adélio Bispo, les enquêteurs de la police y ont trouvé la carte de visite du médecin, bolsonarista et député fédéral Marcos Montes Cordeiro, natif de l'Etat du Minas Gerais et élu sous l'étiquette du parti PSD (droite de la droite). Dans l'appartement, a été trouvée également par les forces de l'ordre, une lettre, datée de 2016, par Adélio Bispo, de demande de sa désaffiliation du PSD. En septembre 2021, Marcos Montes est le numéro deux du ministère de l'agriculture, à Brasilia, pleinement dans le gouvernement de Jair Bolsonaro.

La pension qu'a choisi Adélio pour se loger - dont il a payé les nuitées "de la meilleure chambre" en cash, à l'avance - à Juiz de Fora, ville importante de l'État du Minas Gerais,
quelques jours avant le 6/9, est située à moins de cinq minutes à pied du lieu - le Parque Halfeld - du supposé attentat contre Bolsonaro. La propriétaire de l'époque est aujourd'hui décédée.

- DANS le téléphone portable de Adélio, a été retrouvée une première photographie, prise le 5/9/18, d'un lieu - la Fundação Cultural Alfredo Ferreira Lage (FUNALFA) - que ... Jair Bolsonaro a visité le ... 6/9, quelques minutes avant le supposé attentat au couteau. Alors que cette visite n'était prévue à son agenda officiel à Juiz de Fora, ce jour-là. 
D'autres images trouvées dans le téléphone d'Adélio Bispo sont du Trade Hotel, où s'était également rendu Jair Bolsonaro le matin du 6 septembre, ainsi que des images du Parque Halfeld, lieu précis du supposé attentat.

- L'HABILLEMENT de Adélio, ce 6/9/18, jurait avec celui de l'ensemble de la population présente autour de Jair Bolsonaro. Presque toute la foule était en chemisette ou polo à manches courtes. Adélio portait un lourd blouson, noir, en ce jour de grande chaleur.

- DANS les minutes précédant le coup de couteau, Adélio semble "interagir" avec le groupe d'agents fédéraux de l'escorte armée du premier cercle restreint de Bolsonaro. Adélio tente même une première fois de poignarder avec le couteau. Les agents de sécurité ne réagissent pas et n'écartent pas Adélio. Moment filmé, absolument capital. Il est clairement visible dans une video issue du canal YoutTube True or Not, incluse dans le doc de Joaquim. Elle est ICI, à partir de 25'10'.
Le canal True or not a été créé le 21 décembre 2018, en Ukraine, avec l'insertion de onze vidéos, dont la dernière en septembre/octobre 2019, selon Joaquim de Carvalho. Le canal True or Not est ensuite passé avec une adresse de domaine aux Etats-Unis (USA). Joaquim de Oliveira affirme qu'une personne, ensuite, en tant qu'opérateur, a accédé aux commandes informatiques internes du canal, depuis la ville brésilienne de Niteroi (RJ).

- PEU avant et peu après le moment du supposé attentat, a été photographié à plusieurs reprises - par un photojournaliste  local - un homme, métis, assez athlétique, avec une chemise qui semble kaki, à la coupe de cheveux rase, qui reste collé à Adélio et qui ne réagit ni pour aider Bolsonaro, ni pour frapper Adélio, ni ne se montre effrayé, au contraire de l'immense foule qui entoure Bolsonaro, alors "blessé". Les photos de cet homme, non identifié par Joaquim Carvalho, sont visibles dans le doc à partir de la 24e mn, ICI.

- TRENTE mètres avant le supposé coup de couteau, le directeur opérationnel de l'association commerciale (ACEJF), qui organisait à Juiz de Fora, hors la sécurité du candidat, tout le séjour de Jair Bolsonaro, Guilherme Duarte, a demandé au président de l'association, Aloísio José de Vasconcelos Barbosa, qu'il quitte le regroupement autour de Bolsonaro et rejoigne le siège de l'ACEJF. Une demande plus qu'étrange. C'est le président de l'ACEJF qui le déclare au journaliste Joaquim de Carvalho (à partir de 29'10" dans le doc, ICI). 
Pour Joaquim de Carvalho, le président Aloísio " a été retiré du moment crucial. Et cela attire l'attention ".

- LE fait que ni un document médical d'expertise, ni aucun dossier médical structuré n'ait été ni remis à la police fédérale (PF) ni rendu public par l'hôpital Einstein, qui a refusé de remettre le moindre dossier médical, renforce deux observations autour de la cicatrice de l'attaque au couteau ou supposée attaque au couteau : cette cicatrice a changé de place, comme le montrent les images divulguées par Jair Bolsonaro lui-même ou son équipe :

  • 9 septembre 2018: l'alors sénateur Magno Malta (PL, parti de la droite de la droite) met sur les réseaux sociaux une photographie du moment post-opératoire. 
  • 28 septembre 2018: Jair Bolsonaro publie une photo de lui qui se rase, dans l'hôpital Israélite Albert Einstein, à São Paulo.
  • 21 octobre 2018: Le cancérologue Antônio Macedo montre (1re série images ICI) le lieu exact de la cicatrice du coup de couteau, sur la chaîne de la chaîne de télévision Record TV (soutien permanent du gouvernement de Bolsonaro). Les images montrent clairement, avec une flèche rouge qui indique la cicatrice et des numéros (1à 4) qui indiquent des grains de beauté de naissance, sur le corps de Jair Bolsonaro.

Joaquim de Carvalho détaille que sur ces trois images, la cicatrice, lisse, apparaît au-dessous de deux grains de beauté.

Ensuite, le journaliste Joaquim De Carvalho fait observer deux images (2e série images LÀ) du thorax de Jair Bolsonaro, à partir de ce que Jair Bolsonaro a lui-même montré lors de deux dates :

  • 2 mai 2019 : Jair Bolsonaro visite les locaux de la chaîne de TV SBT et soulève sa chemise pour montrer la cicatrice du supposé coup de couteau. 
  • 30 mai 2019 : lors de l'émission "The Noite" menée par le très droitier et complaisant animateur Danilo Gentili sur la chaîne de TV SBT, Jair Bolsonaro ouvre sa chemise (video dès 14'30'') et montre la cicatrice.

    Lors de ces deux rencontres sur des plateaux de télévision, la cicatrice apparaît au-dessus des grains de beauté, et n'est pas lissée, comme en octobre 2018.

Le journaliste poursuit ses observations en révélant que le canal True or Not, sur le réseau YouTube, le 11 août 2019, a montré quelques-unes de ces images et a, semble-t-il en premier, pointé le changement de lieu de la cicatrice.

Observation : si les Services (ABIN) ou bien l'entourage de Bolsonaro ont visionné ces images après cette date, il est possible qu'ils aient pris la décision de l"'hospitalisation" à l'hôpital de la FAB, le 11 décembre 2019 (voir ci-après), pour ôter les grains de beauté.

La seule avancée pour l'enquête serait de faire effectuer une expertise des cicatrices, et surtout faire remettre aux autorités le dossier médical de Jair Bolsonaro établi par l'Hospital Israelita Albert Einstein dès l'hospitalisation dans les locaux, le 7 septembre 2018 à 10h43. Dossier médical qui n'a jamais été remis à la police fédérale (PF).

- LE 11 décembre 2019, Jair Bolsonaro a été hospitalisé à l'hôpital de l'armée de l'air (Hospital da Força Aérea Brasileira - FAB) et a déclaré publiquement qu'il subirait une opération chirurgicale pour traiter un cancer de la peau. Pourtant, ensuite, les autorités de l'hôpital de la FAB n'ont pas mentionné le mot cancer. Et le secrétariat de communication de la présidence de la République  a écrit dans une note publique :
" Le président Jair Bolsonaro était ce mercredi 11, à Brasília, à l'hôpital de l'armée de l'air de Brasília, pour une consultation médicale dermatologique préalablement programmée, dans le but de réévaluer les soins prodigués il y a six mois. Certaines interventions ont été effectuées comme l'ablation d'une lésion d'une verrue sur le visage et l'oreille, ainsi que la cryothérapie dans des lésions sur le thorax et l'avant-bras, causées par une exposition excessive au soleil. Le matériel est envoyé à l'analyse en laboratoire, comme d'habitude. Il convient, selon l'orientation du spécialiste, de procéder à une évaluation semestrielle en raison de l'exposition excessive au soleil antérieure, qui est déjà effectuée".

Et le journaliste Joaquim de Carvalho de rajouter : " Bolsonaro a fait retirer des grains de beauté du thorax, comme l'écrit la note publique ". Avant de s'interroger : " Serait-ce pour effacer la trace d'une farce ? Une expertise médicale indépendante est la seule voie pour éliminer ce doute. Bolsonaro accepterait-il ce défi ? "


Marcelo Bormevet, ex-agent pénitentiaire, travaille pour les Services (Abin) depuis septembre 2019. © DR Marcelo Bormevet, ex-agent pénitentiaire, travaille pour les Services (Abin) depuis septembre 2019. © DR
- MARCELO Bormevet, bolsonarista forcené, ex-agent pénitentiaire, agent de la police fédérale depuis 2005, est également au coeur de l'échiquier bolsonarista décrit par le documentaire sur la fakeada. Il est proche de la famille Bolsonaro et de Flavio Bolsonaro, bien avant 2018. A Juiz de Fora, le 6/9/18, il était un des gardes du corps de Jair Bolsonaro. Il est agent des Services (Abin) depuis le 24 septembre 2019, au poste de coordinateur-général de cadastre de sécurité** à partir duquel il aurait  orienté - secrètement - la défense des avocats du sénateur Flavio Bolsonaro au moment des recours judiciaires faits par ces derniers pour le procès des détournements de salaires d'assistants dans le cabinet de l'alors député de l'Etat de Rio de Janeiro et fils aîné de Jair Bolsonaro. Cette information avait été révélée par The Intercept Brasil (TIB), dans sa seule newsletter, adressée à ses seuls abonnés. Les défenseurs ont obtenu des informations, venus d'initiés, pour permettre la possible nullité d'une action judiciaire envers le fils Bolsonaro...
Marcelo Bormevet était avant tout un homme de confiance de Carlos Bolsonaro. C'est lui qui a dirigé l'équipe de sept agents fédéraux qui entouraient Jair Bolsonaro pendant tout son parcours - à pied où sur les épaules de gens de son clan - dans les rues et les lieux fermés de Juiz de Fora.

- LE 18 juillet 2021, le jour même que Joaquim de Carvalho annonçait sur les réseaux sociaux qu'il allait bientôt finaliser son documentaire, un Brésilien, monsieur Fábio Morato, intéressé par cette information, a consulté pendant une heure environ la page du réseau social Facebook d'Adélio Bispo, restée ouverte depuis le 6 septembre 2018, malgré l'incarcération de l'attaquant. Au retour d'une sortie à l'extérieur de son domicile, Morato a constaté que le profil Facebook avait été entièrement  ... vidé (ICI, à 1h26', dans le doc) des billets et posts qu'il contenait encore, une heure trente auparavant.   

- ADELIO n'était pas de gauche, comme l'avait propagé Jair Bolsonaro, mais avait été encarté dans un parti de droite de la droite, le PSD. Et le documentaire prouve formellement qu'Adélio Bispo n'a commencé à attaquer verbalement les prises de positions de Jair Bolsonaro, par ses déclarations en présence de connaissances, qu'après après la rencontre avec Carlos Bolsonaro dans le Clube de tiro .38, le 5 juillet 2018. Adélio a toujours été un homme de droite, comme le confie l'un de ses neveux, au micro de Joaquim de Carvalho. Ce dernier a également retrouvé des militants locaux, qui ont manifesté dans la rue, aux côtés de Adélio.
Adélio Bispo n'a été " un militant du PSOL ", encarté dans ce parti de la gauche de la gauche, qu'en 2007, dans la ville de Uberaba (MG), (ici, à partir de 28', Joaquim de Carvalho le confirme, le 13/9/21, dans un entretien video avec le journaliste Luis Nassif). Et a abandonné toute militance, là, définitivement. Il n'était pas un homme de gauche, comme le propageait et le martelait, après le supposé attentat, le clan Bolsonaro. C'est une des révélations explosives du documentaire.

- LE couteau qui aurait servi à poignarder Jair Bolsonaro n'a pas été saisi sur la personne de Adélio Bispo. Un couteau, dont rien n'indique qu'il ait été celui vu dans la main d'Adélio, a été remis à la police fédérale par un policier militaire d'un service spécial et par un soignant lié à une chaîne de militaires et de vigiles qui composaient une sorte de cellule bolsonarista, dans la ville Juiz de Fora. Pour Joaquim de Carvalho, il est "raisonnable" de penser que le couteau remis au vendeur ait été "planté" là et ne soit pas celui du supposé attentat.

Renato Júlio dos Santos, qui aurait, dans un premier temps, remis le couteau à un vendeur ambulant, peu après l'attentat, puis ensuite à la police fédérale. Etait-ce vraiment le couteau utilisé par Adélio Bispo ? © Brasil 247 / DR Renato Júlio dos Santos, qui aurait, dans un premier temps, remis le couteau à un vendeur ambulant, peu après l'attentat, puis ensuite à la police fédérale. Etait-ce vraiment le couteau utilisé par Adélio Bispo ? © Brasil 247 / DR
Le soignant a fait une déposition à la police fédérale, et en 2021, le journaliste Joaquim de Oliveira l'a interviewé, une heure durant, par téléphone. Dans un premier contact téléphonique fait par le journaliste, il avait  prétexté de garer sa voiture pour répondre, puis n'avait plus répondu ni aux appels ni aux messages via la messagerie WhatsApp.
Mais le journaliste a ensuite trouvé son adresse et choisi de l'attendre trois heures durant, face à son condominio, très populaire, dans le quartier dangereux de Jardim de Alá, en périphérie de Juiz de Fora.
Le journaliste a choisi de l'appeler, ainsi que ses voisins, par interphone, sans succès. Mais devant l'insistance remarquée de Joaquim, Renato Júlio dos Santos l'a appelé alors qu'il se trouvait dans sa voiture. 
" Garde cela ", aurait dit Renato Júlio dos Santos, peu après l'attentat, en tendant le couteau à Luiz Perensin, un vendeur ambulant de fruits, âgé, selon le récit fait au journaliste par le propriétaire d'alors - un certain Luciano - de l'étal loué à Luiz Perensin.
Ce Luciano a précisé au journaliste que le même 6 septembre 2018, Renato Júlio dos Santos est revenu, avec un autre homme, et a demandé à Luiz Perensin qu'il lui rende le couteau. Il a été placé dans un sac plastique et emmené dans les locaux de la police fédérale (PF), où il a subi une expertise.
Les experts n'ont pas rencontré les empreintes de Adélio Bispo sur le couteau, pas plus que d'autres empreintes. La conclusion des experts a été que la superposition d'empreintes ne permettait pas d'identifier une personne.
Le procès-verbal de la PF comporte la déclaration que le couteau avait été acheté par Adélio, à Florianópolis, associé à un autre couteau, mais jamais présenté aux autorités.
Pour le journaliste Joaquim de Carvalho, survient ensuite une autre contradiction de Renato Júlio dos Santos, qui lui dit : " Quand j'ai saisi le couteau, il y avait du sang sur la lame ". Tandis que le patron du vendeur ambulant, le nommé Luciano, a dit au journaliste : " Il n'y avait pas de sang, j'ai moi-même remis le couteau aux hommes qui sont venus le chercher”.
Luiz Perensin, aujourd'hui âgé de 74 ans, ne travaille plus.
Le journaliste l'a retrouvé dans une sorte de favela. Perensin a été dur, à hurler en direction de Joaquim de Carvalho : " Ni vous ni moi n'avons été poignardés, donc je ne vous dirai rien ". Alors que Joaquim  insistait pour une conversation, la fille de l'ex-vendeur est apparue et a tenté d'expulser le journaliste et son cameraman, pourtant situés sur une voie publique. Peu après, elle a tenté de les enfermer dans une petite voie d'accès, publique.

Carlos Bolsonaro et l'un des deux patrons du "Clube de Tiro .38", Tony Eduardo de Lima e Silva Hoerhann. (photographie non datée). © Brasil 247 / DR Carlos Bolsonaro et l'un des deux patrons du "Clube de Tiro .38", Tony Eduardo de Lima e Silva Hoerhann. (photographie non datée). © Brasil 247 / DR
- CARLOS Bolsonaro a été vu, dans le même club de tir où était également Adélio Bispo de Oliveira, le 5 juillet 2018. C'était le troisième jour consécutif de présence de Adélio Bispo dans ce " Clube de Tiro .38 ".
Instituée porte-parole du club de tir, pour la presse, par des responsables de cet espace, Júlia Zanatta  " bolsonarista enracinée " avait, dans un premier temps, menti à la presse, sur une chaîne de TV nationale (ici, à 1h15"), par deux fois. Elle avait dit qu'Adélio Bispo n'était venu qu'une fois dans le club de tir, s'était inscrit et n'était jamais revenu. Puis J. Zanatta avait dit aux journalistes qu'Adélio n'avait pas rencontré Carlos Bolsonaro dans le club de tir. 
Aux autorités policières, l'un des deux patrons du club de tir, Tony Eduardo de Lima e Silva Hoerhann (photo ci-contre), a admis la rencontre et la présence de AdélioBispo de Oliveira. L'instructeur de tir, Rafael Machado, a également précisé à la police fédérale (PF) le comportement de Adélio Bispo, le troisième et dernier jour du cours de ce dernier : "Adélio, pendant l'intervalle, n'est pas resté avec le groupe (duquel faisait partie Carlos Bolsonaro) ayant été s'asseoir dans un fauteuil situé à quelques mètres d'où était le groupe".
En avril 2021, l'avocate et journaliste Júlia Pedroso Zanatta, née en 1985, qui avait été candidate en 2020 au poste de maire de la ville de Criciúma (SC) sous l'étiquette du parti PL (droite de la droite) avec le soutien politique total des forces bolsonaristas locales, a été nommée, sur indication du PR Jair Bolsonaro, coordinatrice pour la région Sud du Brésil, de l'organisme EMBRATUR, agence brésilienne de la promotion du tourisme. Le siège local est à Florianópolis.
Jair Bolsonaro, Júlia Zanatta et son mari Guilherme Colombo. © DR Jair Bolsonaro, Júlia Zanatta et son mari Guilherme Colombo. © DR
Auparavant, Zanatta avait était attachée de presse d'un autre club de tir, en grande périphérie de Florianópolis. C'est là qu'elle avait fait la connaissance de la femme de Eduardo Bolsonaro, Heloísa, quand le couple était venu avec Carlos Bolsonaro pratiquer le tir. Par la suite, elle a voyagé aux USA, dans l'Etat de Virginie, avec Eduardo Bolsonaro, pour rencontrer l'extrêmiste de droite Olavo de Carvalho, astrologue et gourou "philosophe" de Jair Bolsonaro.
La tutelle de l'Embratur est le ministère du tourisme. La personne qui prenait les décisions dans ce ministère est Marcelo Álvaro Antônio*** (photographie ci-dessous et aux côtés de Bolsonaro le matin de l'attentat dans l'hôtel Trade ; ici, à 12'44"), député issu de l'Etat du Minas Gerais, et qui a été l'organisateur, avec l'Association commerciale et entrepreneuriale (ACEJF) de la ville de  Juiz de Fora, du voyage électoral de Jair Bolsonaro à ... Juiz de Fora le 6 septembre 2018.

Les patrons du " Clube e escola de Tiro .38 " sont liés à des mouvements de suprémacistes blancs aux USA. Toujours selon Joaquim de Carvalho (ici à partir de 27' dans une interview du 17/9/21) Le club de tir a été fondé au début des années 90 par un commissaire de la police civile, division homicides, de l'Etat de Santa Catarina. Les deux fils de Tim Omar de Lima e Silva, Tony Eduardo le benjamin et Rafael Casanova Hoerhann, en sont aujourd'hui les dirigeants.

Marcelo Henrique Teixeira Dias, dit "Marcelo Álvaro Antônio", ex-député fédéral, de l'Etat du Minas Gerais, du parti d'extrême droite PSL, organisateur du voyage électoral de Jair Bolsonaro à Juiz de Fora le 6/9/18. © Instituto Liberal Marcelo Henrique Teixeira Dias, dit "Marcelo Álvaro Antônio", ex-député fédéral, de l'Etat du Minas Gerais, du parti d'extrême droite PSL, organisateur du voyage électoral de Jair Bolsonaro à Juiz de Fora le 6/9/18. © Instituto Liberal


- LE
conseiller municipal de Rio de Janeiro Carlos Bolsonaro a été également vu deux mois plus tard, le jour du vrai-faux attentat, le 6 septembre 2018, à quatre mètres de distance de Adélio Bispo, au Parque Halfeld, dans la ville de Juiz de Fora, où Jair Bolsonaro commençait son défilé qui, trois cent mètres plus loin, serait stoppé par le supposé coup de poignard.
Une video incluse dans l'enquête filmée de Joaquim de Carvalho montre Adélio Bispo derrière une automobile de la marque Mitsubishi, du modèle Pajero, de couleur noire, sur le capot de laquelle se trouvait Jair Bolsonaro, pour entamer un discours. Derrière Adélio Bispo, selon Joaquim de Carvalho, il y avait des policiers militaires, qui regardaient un groupe de personnes qui protestaient contre Jair Bolsonaro.
Adélio, alors, est vu en train de marcher de gauche à droite et vice-versa, avec un journal enroulé dans la main gauche, puis sembler se diriger vers Carlos Bolsonaro.
Ce dernier, qui était près du véhicule, rentre alors précipitamment dans le véhicule s'asseoir. Car l'instant d'avant, en effet, Adélio l'avait regardé ostensiblement. C'est le moment que Carlos Bolsonaro a choisi pour lui tourner le dos et rentrer dans la voiture Pajero noire, par la porte arrière gauche.

-  RECEMMENT, la députée bolsonarista Joice Hasselmann qui avait accompagné Jair Bolsonaro dans sa voiture en 2018, de retour d'un meeting électoral, a déclaré (à 1h36'15', ICI) que le candidat lui avait dit, à ce moment-là, qu'elle situe dix ou quinze jours avant le 6/9/18, que " si je prends un coup de couteau, je gagnerai l'élection ".

- LES agents de la police fédérale qui ont accompagné Jair Bolsonaro le 6 septembre 2021 ont été promus. L'un travaille au Portugal, l'autre en Floride, aux USA, deux autres ont été affectés aux Services (ABIN) tandis que les autres font partie de la garde rapprochée du président Bolsonaro à Brasilia. Ces agents, qui ont tous failli, le 6/9, en laissant passer l'attaquant Adélio, au lieu d'avoir été punis ou rétrogradés, ont bénéficié de promotions. Plus qu'étrange, non ?

- SELON la déclaration, au micro du journaliste Joaquim de Carvalho, du président de l'association commerciale et entrepeunariale de Juiz de Fora, Aloísio José de Vasconcelos Barbosa, co-organisateur de la visite à Juiz de Fora, il y avait un gilet pare-balles dans la voiture Mitsubishi, du modèle Pajero, de couleur noire, celle qui a amené Jair Bolsonaro au Parque Halfeld, lieu du supposé coup de couteau. Mais le candidat a préféré ne pas l'utiliser.

- L'UN des vigiles "volontaires", Hugo Alexandro Ribeiro, celui qui a enserré et immobilisé Adélio après le coup de couteau, et qui l'a emmené dans un bureau proche pour le protéger d'un lynchage, est mort en février 2021, d'un infarctus. Un autre de ces vigiles, celui qui a menotté Adélio, selon l'enquête, surnommé "Cabo Cleines", et qui a parlé avec le journaliste Joaquim en 2021, a révélé avoir peur, peur d'être tué, et d'avoir été approché par l'avocat personnel de Jair Bolsonaro, Frederick Wassef, qui a tenté de l'utiliser, sur une chaîne de TV nationale, pour incriminer le parti des travailleurs, le PT, parti co-fondé dans les années 80 par l'ex-PR Lula. Les menottes utilisées ce jour-là n'appartenaient pas à la police, mais à une société privée, sise dans une ville voisine de Juiz de Fora. Par ailleurs, "Cabo Cleines" a certifié au journaliste qu'il en sait bien plus sur le supposé attentat, que ce qui a déjà été publié.

- LA DEFENSE de Adélio, qui avait été jugé irresponsable, est faite par le service fédéral de Défenseur public (Defensoria Pública da União). Et la "volonté de Adélio de faire une délation" dépend de la décision de ses tuteurs légaux. Ces derniers sont ... ses anciens avocats qui avaient assumé cette défense au nom d'un mécène-parrain dont l'identité, jusqu'à aujourd'hui, est toujours inconnue.
Adélio a, pourtant, des parents dans sa ville natale de Montes Claros, au Minas Gerais. Joaquim de Carvalho y a filmé  et interviewé, dans la très modeste maison natale de Adélio, une de ses soeurs, où elle vit en 2021. Elle a confirmé qu'ils n'avaient jamais été convoqués par les avocats.
Les avocats avaient été pourtant rapides à se saisir de cette affaire. Avant que ce défenseur central, l'avocat Zanone Manuel de Oliveira Junior, n'arrive, en avion, pour rencontrer son client, toujours selon le journaliste Joaquim de Carvalho, un associé de Zanone s'était présenté à Adélio et lui avait dit : "Je suis ici de la part de ta mère". Ce à quoi Adélio a répondu du tac au tac : "Ma mère, elle est morte depuis 1991".
Selon Joaquim de Carvalho, le cas Adélio a été "encerclé", d'emblée, par cet avocat et seulement par lui. Pourquoi lui ?
Zanone est un avocat connu à Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais. Il a défendu par le passé l'assassin de la missionnaire Dorothy Stang, 73 ans, en 2005, et aussi un tueur cruel lié à un joueur de football, dans "l'affaire Eliza Samudio", etc. Selon Joaquim de Carvalho, la stratégie de défense de Zanone sert " bien plus " les intérêts de Jair Bolsonaro que ceux d'Adélio Bispo dos Santos.

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Joaquim de Carvalho souligne que l'enquête sur les grains de beauté est issue d'un dossier établi par le réseau en ligne Anonymous, qui soutient, entre autres causes, celle de Julian Assange et de Wikileaks.


(*) Sérgio Cordeiro a protégé par le passé les ex-PR Fernando Henrique Cardoso, Luiz Inácio Lula da Silva et Dilma Rousseff.

(**) Coordenador-geral de Credenciamento de Segurança e Análise de Segurança Corporativa, service qui appartient dorénavant au Centro de Inteligência Nacional (CIN).

(***) Marcelo Álvaro Antônio a été démis de ses fonctions de ministre, par Jair Bolsonaro, le 9 décembre 2020.

"Bolsonaro e Adélio - Uma fakeada no coração do Brasil", un doc de M. Alvim et Joaquim de Carvalho, mis en ligne le 11/9/21 à 21heures. © TV247

Ci-dessous, conversation, le 17/9/21, du journaliste Joaquim de Carvalho avec son confrère, le chevronné Paulo Moreira Leite, au cours duquel le premier avance de nouveaux éléments factuels qui seront inclus dans le deuxième documentaire lié à cette affaire ... A suivre ...

Paulo Moreira Leite s'entretient avec Joaquim de Carvalho, le 17/9/21. © PT Brasil

Le contact du journaliste est : joaquim@brasil 247.com.br

- La dernière video du collectif True or Not mise sur leur canal YouTube le 11 janvier 2019. Il faut être attentif à chaque seconde filmée :

Video déposée sur le canal "True or Not", le 11 janvier 2019. © True or Not



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