Un tribunal de Bahia censure une enquête de The Intercept Brasil
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Le juge George Alves de Assis, du tribunal de Bahia, a ordonné jeudi (14/9/2023) à The Intercept Brasil de retirer de son site web une enquête sur la lutte des leaders quilombos Mãe Bernadete et son fils, dit Binho.
Coordinatrice de la Conaq - Coordination Nationale pour l'Articulation des Quilombos, Bernadete Pacífico, 72 ans, a été tuée par balles le 17 août dernier au sein de l'association du Quilombo Pitanga dos Palmares, près de Salvador. Elle luttait pour élucider le meurtre de son fils Flávio Gabriel Pacífico dos Santos, connu sous le nom de Binho do Quilombo, qui a été tué il y a six ans.
Dans l'enquête censurée [traduite ici], The Intercept Brasil présente la vie de la dirigeante du quilombo et la lutte de sa communauté contre les entreprises opérant dans la région, notamment Naturalle, qui est responsable de la construction d'une décharge à la frontière du quilombo, dans une zone de protection de l'environnement.
L'action judiciaire a été intentée par l'entrepreneur responsable de l'entreprise, Vitor Loureiro Souto, fils de Paulo Souto, ancien gouverneur de Bahia. Souto a accusé le média d'avoir suggéré que les décès étaient liés à sa société.
Le média The Intercept Brasil avait déjà fait l'objet d'un autre épisode de harcèlement judiciaire en juin dernier, lorsqu'il avait été sommé de retirer d'Internet les vidéos et les textes relatifs à la série d'enquêtes "Au nom des pères", qui traite des injustices commises à l'encontre des mères et des enfants au nom de la loi sur l'"aliénation parentale". Et jeudi (14/9/23), les tribunaux de São Paulo ont clasé une enquête contre The Intercept Brasil, qui avait été lancée à la demande de l'"Igreja Universal do Reino de Deus" (IURD).
Les organisations soussignées désavouent la décision du tribunal de Bahia, qui porte atteinte au droit à l'information et à la liberté de la presse, piliers fondamentaux de l'État de droit démocratique, et espèrent que cette décision sera annulée. Le pouvoir judiciaire doit être un allié dans l'exercice du journalisme, en faisant respecter la protection constitutionnelle accordée à la liberté de la presse.
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Ont également signé ce communiqué :
ARTIGO 19
Associação de Jornalismo Digital (Ajor)
Tornavoz
Federação Nacional dos Jornalistas (FENAJ)
Instituto Vladimir Herzog (IVH)