Brésil : « Totale liberté pour brûler la forêt, envahir les terres indigènes, tuer »

Dans un processus délibéré de démolition des structures et de dévastation de la nature, avec la catastrophe des politiques éducative et sanitaire, le bannissement de la culture, malgré les pressions internationales, le Brésil est dans une «caricature démocratique». Milton Hatoum, écrivain né en Amazonie, pointe que ces violences naissent à la fin du XIXe siècle, puis lors de la dictature de 1964.

« Le Brésil passe aujourd'hui par un processus de destruction jamais vu, qui prend son origine à la période de la dictature, avec d'une part le cas de la dévastation de l'Amazonie et de la nature, des tueries d'indigènes, de paysans, de sans-terre (MST), cela dès le début des années soixante-dix, et d'autre part de la violence policière, des escadrons de la mort qui n'ont jamais cessé de tuer, et aujourd'hui il y a une entente, une complicité entre la branche pourrie des polices et les milices, qui, en vérité, sont entrelacées. Tout vient de la dictature. L'amnistie générale a été une erreur que ni l'Uruguay, ni l'Argentine, ni le Chili n'ont commise. Ils n'ont jamais été punis, les tortionnaires, les assassins, les commanditaires et les chefs militaires. La tuerie des pauvres, des noirs des périphéries n'a jamais cessé, elle a augmenté*. Aujourd'hui il y a une totale liberté pour brûler la forêt, envahir les terres indigènes, et pour tuer. C'est un processus de destruction délibérée. »

Milton Hatoum, écrivain - né dans l'Etat d'Amazonas en 1952 - au journaliste Bob Fernandes, par visio conférence, le 20 août 2020.

(*) De 1997 à 2017, il y a eu + 429 % de jeunes Noirs tués par balles. « Une situation de guerre civile. »

A partir de la 17e minute :

© Bob Fernandes

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