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Billet de blog 21 févr. 2014

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Michael E. Parmly : « Nous devons restituer Guantanamo à Cuba »

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"Michael E. Parmly : « Nous devons restituer Guantanamo à Cuba »

« IL est temps pour les États-Unis de restituer Guantanamo à Cuba, et le seul qui pourrait le faire, c’est le président Barack Obama », affirmait récemment Michael E. Parmly, ancien responsable de la Section des intérêts US à Cuba, qui occupa ce poste à La Havane de 2005 à 2008.

Parmly a formulé ces déclarations à l’agence de presse mexicaine Notimex en référence à un document intitulé La Base navale de la Baie de Guantanamo : les États-Unis et Cuba confrontés à une anomalie historique, publié récemment par la Fletcher School du Massachusetts, dans lequel le diplomate estime que la restitution à Cuba de cette enclave doit être programmée, à l’instar de celle du Canal de Panama, soulignant que la solution qu’il préconise va aussi bien dans l’intérêt de La Havane que de Washington.

L’historien et universitaire Jonathan Hansen, professeur associé du Centre d’études latino-américaines David Rockefeller de l’Université de Harvard, s’est prononcé dans le même sens à La Havane. Il a souligné la complexité de la situation et invité Washington à promouvoir un débat visant à restituer la Base navale de Guantanamo à Cuba.

« Pratiquement personne aux États-Unis – à part certains historiens, universitaires et diplomates parmi lesquels je m’inclus – ne parle de la nécessité de rendre Guantanamo à Cuba… Le problème, c’est comment insérer ce sujet dans les conversations générales », a signalé le Pr Hansen lors d’un atelier de spécialistes cubains organisé pour le 110e anniversaire de l’occupation de l’Île par les États-Unis.

La Base navale de Guantanamo a été installée en 1898, au terme de la Guerre hispano-américaine, un conflit inégal entre les États-Unis et l’Espagne qui se solda par la mainmise sur Cuba au moment où l’armée coloniale espagnole était sur le point de succomber face à l’offensive des indépendantistes cubains.

Les États-Unis, qui avaient utilisé la baie pendant et après le conflit, en obtinrent la location perpétuelle en 1903, accordée par Tomas Estrada Palma, premier président de Cuba.

L’« indépendance » de Cuba fut assortie de l’amendement Platt inscrit dans la Constitution cubaine, qui faisait de l’Île une sorte de protectorat. Même si les États-Unis en reconnaissaient sa souveraineté, Cuba était obligée de leur céder ou louer les terres nécessaires pour établir des bases navales ou de charbon en certains points déterminés qui seraient convenus avec le président des États-Unis.

En 2002, sous la présidence de George W. Bush, cette portion de terrain a commencé à servir de prison pour les personnes suspectées de terrorisme, et c’est sous cette façade que fut justifiée la pratique de la torture et d’autres violations des droits de l’Homme, dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » lancée par Bush au lendemain des attentats du 11 septembre à New York et Washington.

Durant sa campagne présidentielle de 2008, Barack Obama s’était engagé à fermer ce camp de détention en 2009, et il a renouvelé sa promesse à plusieurs reprises, mais la prison fonctionne toujours, accroissant le discrédit du président et de son pays.

Michael Parmly rappelait que dans une conférence de presse en 2003, Obama signalait que conserver Guantanamo n’apportait pas nécessairement plus de sécurité aux États-Unis.

« Guantanamo coûte cher, est inefficace et ruine l’image de notre pays. Elle entrave la coopération antiterroriste avec nos alliés », soulignait le président Barack Obama.

Parmly estime que c’est la raison pour laquelle Obama est le seul président qui pourrait amorcer ce processus de restitution aux Cubains du territoire de Guantanamo, parce qu’il est conscient que ce centre de détention nuit à l’image des États-Unis dans l’arène internationale. Pour Parmly, qui réside actuellement à Genève, « l’histoire de la base navale et de ses relations complexes avec l’État cubain vont bien au-delà de la question des détenus. Guantanamo n’est pas un territoire des États-Unis. Cuba est le propriétaire légitime de ce territoire ».

Cela veut dire que « si nous voulons être démocratiques sur cette question, il nous faut reconnaître que les Cubains en sont les propriétaires, et que jamais on ne leur a demandé leur avis », a-t-il dit.

« Au-delà de la rhétorique communiste, Guantanamo est un sujet qui tient à cœur au peuple cubain, qui est opposé à cette présence étrangère. Cette question est intimement liée à l’identité cubaine, à la propre image de Cuba, celle d’aujourd’hui et de demain », a ajouté l’ex-fonctionnaire du gouvernement des États-Unis.

Il est réconfortant pour les Latino-américains, et en particulier pour les Cubains, que l’on parle aujourd’hui non seulement de fermer ce camp de la honte comme une dette des États-Unis envers l’Humanité, mais de restituer à Cuba le territoire illégalement occupé par la Base navale US de Guantanamo."

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