Le premier ministre mène une politique de droite et se félicite de son échec et y voit un encouragement à persévérer dans l'erreur avec le soutien du président de la République pour répondre au démenti électoral départementales. Voilà un signal clair pour 2017. Voter Hollande ou PS c'est voter pour la finance, le patronat, la régression sociale, la réification de l'humain, la marchandisation de la monnaie, malgré les messages clairs sur l'erreur de le faire.
Le discours sur le rassemblement de la gauche comme solution aux échecs électoraux n'est pas pertinent. Au contraire, il s'interprète comme une compromission, une dilution de la politique de gauche avec un parti dont l'image est au mieux celui de la persistance dans l'erreur, au pire d'une association de renégats des valeurs de gauche.
Le discours de Barbara Pompili, de Jean-Vincent Placé et François de Rugy est donc inaudible pour les abstentionnistes de gauche, parce que le problème n'est pas dans une question de rassemblement mais dans le constat d'une trahison des valeurs de gauche : solidarité, redistribution, service public, équité, justice, instruction, santé publique.
La croissance existe.
Le montant phénoménale de l'évasion fiscale témoigne de l'incohérence d'un gouvernement de gauche qui promeut la destruction des droits sociaux pour palier les conséquences de sa mansuétude à l'égard des tricheurs d'une fraude qui est de la criminalité financière et économique, qui empruntent la même mécanique du financement du terrorisme.
Il n'y a donc aucune cohérence ni volonté politiques réelle de Manuel Valls.
L'incohérence politique actuelle, très grave, soulève la question de sa légitimité même et porte à s'interroger si l'action démocratique réelle et efficace ne se trouve pas plutôt dans l'action syndicale que politique, puisque le politique trahit la Constitution et son obligation de garantir les droits de l'Homme : "Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme" (Art. 2 DDHC).
La Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen est d'ordre constitutionnel. C'est le sommet de l'ordre public français. Il est étonnant qu'une majorité tellement attachée à "l'ordre républicain" le viole avec autant de constance et de persévérance. C'est devenu insupportable et inexcusable. Inadmissible.
Les lois en discussion montrent clairement que le pouvoir fait obstacle aux droits économiques, sociaux et culturels (loi Macron) et aux droits civils et politiques (loi Urvoas). La régression sociale est prohibée par le droit.
Les droits sociaux sont des droits de l'Homme, constitutionnellement garantis par le Préambule de la Constitution de 1946).
" Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution. " (Art. 16 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen).
L'exécutif et le législatif violent donc le droit depuis des années.
Ils ne sont donc plus démocratiques.
Les phrases de Manuel Valls ne sont pas en mesure de justifier la violation manifeste au droit que constitue de sa politique. François Hollande n'a pas été élu pour cela. L'UMP et le FN ont pareillement un discours inconstitutionnel.
Les régionales ne changeront rien parce que l'électorat, suite à l'affirmation de la volonté de poursuivre la même politique malgré une énième défaite, confirme le sentiment qu'il n'y aura aucune politique de gauche avec Manuel Valls à Matignon et François Hollande à l'Elysée.
Au contraire, elles sonneront la nécessité pour l'électorat de se trouver un autre parti de gauche. L'abstention ne peut qu'augmenter à gauche s'il n'existe pas d'alternative au PS.
Les régionales sont des élections au suffrage proportionnel.
Il appartient donc aux partis de gauche de se présenter séparément dans toutes les régions afin d'offrir aux électeurs de gauche la possibilité de s'exprimer clairement, plutôt que d'avoir à se réfugier, par dépit, dans le vote blanc, nul ou l'abstention.
Il appartient donc au NPA, à Lutte ouvrière, au Parti communiste, à la Fase, au parti de gauche, aux écologistes d'engager dès à présent cette campagne en signalant clairement à l'électorat leur volonté de s'émanciper à la compromission évidente et persistante du PS à la politique de droite d'un premier ministre allégé à 5% de socialisme, soutenu par un majorité étrangement d'accord.
Les régionales seront un échec pour la gauche si ces partis politiques ne proposent pas de listes indépendantes avec des programmes clairs sur lesquels ils s'engagent.
2017 sera peut-être la première élection présidentielle où l'abstention sera importante dès le premier tour.
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