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Billet de blog 1 mai 2010

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Variations sur Sétif

Edwy Plenel soulève l'imposture de l'histoire officielle , entretenue par l'inertie de l'obéissance ordonnée par l'obligation de réserv, que ce même Etat reproche au commandant Matelly de n'avoir pas assez développée : la soumission à l'autorité.La lecture des extraits du rapport du SDH établit que l'esprit critique n'est pas ce que le gouvernement attend d'un officier supérieur, apparemment contingenté à cautionner les prises de position officielles par des rapports formalistes.Sétif n'est pas une exception.Une "opération de maintien de l'ordre" fit 100 000 morts à Madagascar en 1947.La France proposait aux familles de se détendre dans des zoos humains jusque dans les années 30.Le discours colonial de la III° république sur la supériorité de la race française est oublié :"Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d’approbation sur les mêmes bancs à gauche, nouvelles interruptions à l’extrême gauche et à droite.)" (Jules Ferry)Gaud et Toqué, aussi, le reportage "Terre d'ébène" d'Albert Londres, idem, etc.Suzane Citron propose une étude historiographique critique de l'enseignement de l'histoire en France.Lucien Schirmann propose une illustration des manipulations politiques que l'histoire permet. Bush n'a rien inventé.Aussarès ne fut pas poursuivi par le ministère public pour ce qu'il a fait mais seulement pour ce qu'il a révélé avoir fait.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Edwy Plenel soulève l'imposture de l'histoire officielle , entretenue par l'inertie de l'obéissance ordonnée par l'obligation de réserv, que ce même Etat reproche au commandant Matelly de n'avoir pas assez développée : la soumission à l'autorité.

La lecture des extraits du rapport du SDH établit que l'esprit critique n'est pas ce que le gouvernement attend d'un officier supérieur, apparemment contingenté à cautionner les prises de position officielles par des rapports formalistes.

Sétif n'est pas une exception.

Une "opération de maintien de l'ordre" fit 100 000 morts à Madagascar en 1947.

La France proposait aux familles de se détendre dans des zoos humains jusque dans les années 30.

Le discours colonial de la III° république sur la supériorité de la race française est oublié :

"Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d’approbation sur les mêmes bancs à gauche, nouvelles interruptions à l’extrême gauche et à droite.)" (Jules Ferry)

Gaud et Toqué, aussi, le reportage "Terre d'ébène" d'Albert Londres, idem, etc.

Suzane Citron propose une étude historiographique critique de l'enseignement de l'histoire en France.

Lucien Schirmann propose une illustration des manipulations politiques que l'histoire permet. Bush n'a rien inventé.

Aussarès ne fut pas poursuivi par le ministère public pour ce qu'il a fait mais seulement pour ce qu'il a révélé avoir fait.

La justice a poursuivi et condamné Aussarès pour avoir révélé la vérité après s'être abstenue de le sanctionner pour crime de guerre parce que cela ne serait pas condamnable en droit interne. Le ministère public a oublié les chefs d'accusation que poursuivait Edgard Faure, Procureur général adjoint français au Tribunal militaire international de Nuremberg.

La France ne reconnaît pas l'incrimination de " crime de guerre" et a elle a posé une réserve au statut de la Cour pénale internationale sur ce point.

La France n'a pas non plus signé et ratifié le Protocole N°12 à la Convention européenne des droits de l'homme sur la discrimination.

Ces deux exemples montrent le peu de place qu'occupe la dignité humaine dans les préoccupations de la classe politique française. Peu de voix s'élèvent pour dénoncer l'incohérence du "pays des droits de l'homme" dont le ministre des Affaires étrangères actuel déclare qu'ils entravent son action diplomatique...

La Cour de Strasbourg, dans l'affaire Aussarès, a condamné la France qui s'en était pris également à l'éditeur Orban. Rien de mieux pour dissuader tous les éditeurs à venir...

"§ 49. La Cour estime que la conclusion de la cour d’appel selon laquelle l’objectif de l’auteur aurait été de persuader le lecteur de la légitimité, de l’inévitabilité de la torture et des exécutions sommaires pratiquées durant la guerre d’Algérie, n’est pas décisive pour l’appréciation des faits litigieux au regard de l’article 10 de la Convention. Comme elle l’a déjà indiqué (paragraphe 35 ci-dessus), elle voit avant tout dans l’ouvrage litigieux le témoignage d’un ancien officier des services spéciaux missionné en Algérie, « acteur central du conflit » (paragraphe 7 ci-dessus) directement impliqué dans de telles pratiques dans l’exercice de ses fonctions. En publiant cet ouvrage, les requérants ont simplement livré ce témoignage au public (Jersild précité). Or la publication d’un témoignage de ce type – lequel, d’après l’éditeur, « contribue (...) à faire comprendre la terrible complexité d’une époque qui continue d’habiter notre présent » – s’inscrivait indubitablement dans un débat d’intérêt général d’une singulière importance pour la mémoire collective : fort du poids que lui confère le grade de son auteur, devenu général, il conforte l’une des thèses en présence et défendue par ce dernier, à savoir que non seulement de telles pratiques avaient cours, mais qui plus est avec l’aval des autorités françaises. Selon la Cour, le fait que l’auteur ne prenne pas de distance critique par rapport à ces pratiques atroces et que, au lieu d’exprimer des regrets, il indique avoir agi dans le cadre de la mission qui lui avait été confiée, accomplissant son devoir, est un élément à part entière de ce témoignage."

Affaire Orban et autres contre France (Requête N°20985/05)

Les conclusions du commissaire du gouvernement Sophie Boissard devant le Conseil d'Etat dans l'affaire Papon méritent aussi d'être rappelées. L'axe de défense du "technicien" prétexté par Papon l'avait également été par Eichmann (Revoir Hannah Arendt) comme cela a été reproché au juge d'instruction dans l'affaire d'Outreau, mais pas à la cinquantaine d'autres magistrats censés contrôler l'instruction (parquet, chambre d'instruction, etc.).

Jacques Ellul évoque la dérive du "Système technicien". Henri Laborit l'aborde dans son ouvrage "La colombe assassinée". Stanley Milgram a démontré la soumission à l'autorité et expliqué comment des gens ordinaires deviennent des bourreaux. L'opnion l'avait oublié, ou l'ignorait, jusqu'à ce que la télé promeuve le sujet sur les conséquences du "temps de cerveau disponible", permettant de faire faire tout et n'importe quoi à n'importe qui.

Effarouchement de circonstances, tartufferies sur l'incidence d'absence d'ambition culturelle de l'Etat à maintenir l'opinion dans le monotype du téléspectateur moyen anocéphalisé par une journée de travail idiot, ou abruti par l'angoisse du chômage et de l'ennui. Pourquoi ? Parce que l'émission a montré au Monde - elle a été largement commenté au-delà de nos frontières - que la France est potentiellement un vivier de salauds. Ce qui a fait débat ou réagir, ce ne sont pas les comportements douteux et leur importance, mais le coup de canif à la légende républicaine.

La démocratie est gravement menacée par l'absence d'esprit critique. Le discours sur le devoir de mémoire est creux parce qu'il n'est pas sincère.

Sétif, Madagascard montrent que ce n'est pas d'hier.

Le mensonge est entretenu. Les archives de la guerre sont couvertes par un secret d'une durée exceptionnelle de 120 ans. Maurice Rajfus le déplore. Cela explique pourquoi Paxton, un historien américain ayant travaillé à partir du fonds juif et des archives allemandes, ait été le premier à publier une étude sur la France de Vichy. La Gestapo en France comptait des allemands et un tout venant de policiers ou de voyous (français). La répartition des effectifs réserve des surprises (Historia hors série N° 26 et 27).

Bouquins réédite le "Roman vrai de la II° et de la IV° républiques". L'article « Honneur de la police » (T.2) propose une recension inhabituelle, oubliée par la promotion de la lettre de Guy Môquet. On y trouve également le procès Krachvencko qui montre que l'aveuglement n'est pas caractériqutique d'une seule opinion.

L'Etat est en échec. Il n'a rien compris depuis Thucydide. Pauvre Jacqueline de Romilly.

LEtat entretient un mythe tabou, au désespoir des résistants. Il refuse d'affronter la réalité.

Il ne s'agit pas de dénigrer la France mais de la libérer de cette mentalité qui prospère dans le mensonge et la dissimulation des faits que cette mentalité rend et a rendu possibles, et continuera à encourager, tant que le secret l'absoudra.

Dommage qu'il faille un film pour éveiller le débat. Heureusement qu'il y en a qui ne vont pas au cinéma pour initier un tel débat à partir d'un film qu'il n'ont pas vu. L'auraient-ils compris ? Savent-ils lire ? Les fossoyeurs de la France sont ceux qui gardent les cadavres enfermés dans les placards.

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