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Billet de blog 1 mai 2015

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A quoi joue la direction de la police à Grenoble ?

Les Grenoblois se plaignent de la dégradation de la sécurité et de l'augmentation de la violence en ville, notamment au centre-ville. Les assassinats qu'y provoque le grand banditisme sont aujourd'hui oubliés et il n'est question que de la montée de la petite délinquance de rue.

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Les Grenoblois se plaignent de la dégradation de la sécurité et de l'augmentation de la violence en ville, notamment au centre-ville. Les assassinats qu'y provoque le grand banditisme sont aujourd'hui oubliés et il n'est question que de la montée de la petite délinquance de rue.

Pour certains Grenoblois, cette augmentation de la petite délinquance dans les rues proviendrait, selon eux, du fait qu'il y aurait moins de policiers dans les rues du temps de la précédente municipalité PS.

Il n'y a pourtant pas eu de réduction particulière des effectifs de la police nationale à Grenoble (il a même été obtenu de les selon FO) et les effectifs ne relèvent pas de l'autorité du maire ; mais du ministère de l'intérieur, du gouvernement.

L'absence de police dans les rues est dès lors étonnante et ne peut être que la conséquence de la gestion des effectifs, donc de la volonté de la direction de la police, localement ou au niveau national. La violence n'est pas une fatalité mais un phénomène social que produit la société. 

Une telle gestion est contraire à la sécurité des habitants et la dégradation de la situation nourrit un mécontentement contre la mairie actuelle ; laquelle a exclu de la tête de la municipalité le PS et l'UMP ; les deux partis de gouvernements, qui font et défont les carrières des fonctionnaires, notamment celles des haut-fonctionnaires, notamment en préfecture et à la tête de la police.

La dégradation de l'ambiance, réelle ou ressentie, a une incidence sur l'attractivité de la ville, de ses pôles de recherches et d'emploi, les investissements, pourtant si cher au gouvernement. Qui veut aller vivre dans une ville où les habitants se plaignent ? Les communautés de communes et le conseil départemental ne paraîssent pas s'en émouvoir.

Grenoble a connu des affaires de corruption qui expliquent l'exclusion de l'UMP puis du PS de la mairie. Le résultat des dernières élections municipales peuvent s'interpréter comme l'expression de la lassitude de l'opinion devant l'insuffisance policière et judiciaire à sanctionner les erreurs de gestion publique et ses incohérences.

La police serait de moins en moins visible dans la rue mais la ville étouffe et se caractérise par une densification imobilière lancée et favorisée par les majorités précédentes qui ont sacrifé l'attractivité du centre-ville à la promotion immobilière.

Les activités culturelles, notamment les cinémas, ont été exclues du centre-ville pour laisser place à des immeubles. De même pour les activités manufacturières qui se retrouvent en banlieue. La mairie actuelle a stoppé les permis de construire.

La politique immobilière aboutissant à entasser de plus en plus d'habitants dans un centre-ville, qui perd son attrait et ses activités commerçantes et culturelles, et la gestion surprenante des effectifs de la police nationale, laissant la rue ouverte à l'expression de la violence, donnent de Grenoble, en écoutant les Grenoblois, l'idée d'un centre-ville dortoir que les habitants ne fréquentent plus le soir.

La mairie actuelle a donc fort à faire pour redynamiser une ville dont la gestion passée s'est caractérisée par une spéculation immobilière, au mépris du bon sens et même de la loi. La violence actuelle est aussi le résultat d'années qui ont négligé la qualité de la vie dont l'absence est un motif de violence.

Mais alors pourquoi moins de police ?

Question à poser au directeur de la police, ou au ministre, pas au policier de base, que les Grenoblois disent ne plus voir...

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