Synergie officiers fait déjà chanter Bernard Cazeneuve

J'entends Patrice Ribeiro (au centre sur la photo du site du député UMP Yves Albarello), secrétaire général du syndicat Synergie officiers - dont son prédécesseur est secrétaire national de l'UMP -  faire chanter le nouveau ministre de l'intérieur, avocat de profession, pour faire échec à la réforme pénale de Christine Taubira. Qu'est-ce donc que ce syndicalisme ? Pour qui se prend Patrice Ribeiro à faire obstacle à la politique pénale de l'Etat et de menacer directement et publiquement son ministre avant même qu'ils ne se soient rencontrés ?

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J'entends Patrice Ribeiro (au centre sur la photo du site du député UMP Yves Albarello), secrétaire général du syndicat Synergie officiers - dont son prédécesseur est secrétaire national de l'UMP -  faire chanter le nouveau ministre de l'intérieur, avocat de profession, pour faire échec à la réforme pénale de Christine Taubira. Qu'est-ce donc que ce syndicalisme ? Pour qui se prend Patrice Ribeiro à faire obstacle à la politique pénale de l'Etat et de menacer directement et publiquement son ministre avant même qu'ils ne se soient rencontrés ?

Il est au contraire souhaitable que ce ministre de l'intérieur remette, pour le bien de tous les justiciables, tout ce petit personnel à sa place et fasse comprendre à la police qu'elle n'est pas le ministère de l'intérieur mais qu'une partie seulement de ce ministère.

Un ministre de l'intérieur n'est pas un flic, fut-il le premier (1), mais un politique. Le ministre ne peut pas se laisser assimiler à l'exécutant parce qu'il doit le diriger et lui faire appliquer les directives qu'il prend.

Bernard Cazeneuve peut d'autant moins se laisser assimiler à un corps d'Etat répressif que cette confusion fait obstacle à la mission principale du ministre de l'intérieur.

Sa mission prioritaire est en effet de garantir le droit à la sûreté et l'effectivité des libertés publiques, sur lesquels on entend beaucoup moins Synergie s'émouvoir.

Je souhaite donc bon courage au nouveau ministre de l'intérieur en me félicitant de voir accéder à ce poste un homme paré des vertus qui font la beauté de la profession d'avocat et qui devraient logiquement faire celle des policiers.

Monsieur Patrice Ribeiro se trompe de registre. Il n'est pas dans la revendication syndicale mais dans l'action politique comme l'illustre la confusion du parcours de son prédécesseur.

J'invite Monsieur Cazeneuve à s'émanciper de ce syndicalisme policier dévoyé et d'ouvrir le dialogue à tous les interlocuteurs existants dans la police, que l'administration évite systématiquement d'inviter : la CGT Police et SUD intérieur.

Cette situation discriminatoire privilégie une représentation syndicale marquée à droite - laquelle fait la promotion d'écrit d'extrême droite. C'est d'autant plus inadmissible quand les forces de l'ordre font des blessés graves, de façon injustifiée, comme à Nantes.

Ce serait la moindre des choses qu'un gouvernement de gauche rompe la discrimination syndicale qui règne au sein du ministère de l'intérieur, où la sureprésentation médiatique de propos, tels que s'en permet Monsieur Ribeiro, n'est pas de nature à rassurer les justiciables sur l'impartialité de la police et l'accès à un tribunal indépendant, sacahnt que c'est la police qui rédige, dans une très gorsse propostion des affaires, la procédure en amont du tribunal.

 

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Le Figaro : Cazeneuve à l'Intérieur, les policiers circonspects

Pressbook :

Patrice Ribeiro: "Il y aura moins d'affaires résolues"

Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie Officiers, s'inquiète du projet de réforme sur la présence des avocats en garde à vue. Il prédit une baisse du nombre d'affaires résolues.

A/s de Synergie :

Procès de la garde à vue : le barreau de Paris remporte la manche

Eolas : cadeau Bonus

Eolas : Verbatim

Eolas : Vous avez du courrier

Eolas : cas pratique Quand Synergie s'émeut des poursuites contre des fonctionnaires de police ayant commis un faux tombant sous le chef de faux en écriture publique.

Fichier Edvige : Des syndicats de police s'étonnent de la polémique

(1) il faut arrêter avec cette appellation funeste de "premier flic de France" qui fut donné à Pierre Bonny, fusillé pour collaboration avec la Gestapo à la Libération. Un avocat ne saurait se compromettre à acquiescer à un tel sobriquet aussi sulfureux. (Le garde des Sceaux Henry Chéron a déclaré à Pierre Bonny : « Jeune homme, vous avez sauvé la République. Vous êtes le premier policier de France ! »).

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