Le permis de constuire de M. Joyandet (des présentateurs télé sont dans le même cas comme Michel Drucker), les cigares de M. Blanc, les appartements de fonction (le parc immobilier public à Paris ne profite pas seulement aux politiques), le président renonce à sa garden party pour 700.000 euros - parce qu'il demande à faire des efforts aux Français.
Sans en ôter le caractère scandaleux, c'est de l'épicerie pour divertir la galerie.
Le président soucieux du principe de précaution des deniers publics compte 26% d'opinion favorable. Mais son comportement montre qu'il va encore baisser.
Il vient de prendre livraison de son nouvel avion qui a coûté au contribuable 176 millions d'euros (avec une douche comme au Grand Palais). Le jouet coûtera 20.000 euros de plus par heure de vol, à la place de 8.000 pour un appareil identique. Cette dépense somptuaire s'ajoute aux 200 millions d'euros qu'ont coûté la présidence française de l'Union.
Il est compréhensible qu'un président qui dépense autant affirme garder sa totale confiance dans l'ancien ministre du budget qui a signé les chèques.
Voilà pourquoi le gouvernement envisage de faire travailler les Français plus longtemps pour gagner moins.
L'ancien ministre dépensier du budget s'est d'ailleurs paradoxalement transformé en ministre de la rigueur.
La majorité tente de disqualifier le débat que l'opinion pose en le résumant à une question d'acharnement contre la personne de ce minsitre.
Monsieur Woerth n'est aps visé personnellement. Il ne fait pas l'objet d'une hostilité particulière parce qu'il touche aux retraites.
Non. Pas du tout.
La question des retraites est même accessoire dans le déclenchement de l'affaire. Elle n'est que la goutte d'eau de trop qui fait déborder le vase des abus au plan social et judiciaire.
Le ras le bol se serait exprimé de la même façon avec un autre sujet, si les retraites avaient évoquées avant, et que ne soit mis en discussion seulement maintenant la privatisation de la poste, la diminution des effectifs dans la fonction publique, etc. Si l'accord de Bernard Tapie pose une nouvelle référence en matière de dédommagement du préjudice moral causé par l'Etat (43 millions) il a beaucoup heurté les Français qui s'essuient des refus de prise en charge très modeste.
Monsieur Woerth ne fait donc que cristalliser le sentiment d'injustice d'une politique et d'un comportement, d'une mentalité. Ce n'est pas l'homme qui est visé. Le scandale ne fait fait qu'exprimer la profonde déception de l'opinion.
La faute de l'UMP est d'avoir rompu le rapport de confiance nécessaire de l'opinion en ses institutions. Ce mouvement a porté atteinte au caractère démocratique de la France qui ne cesse de se dégrader dans les esprits, en France comme à l'étranger. Il a bradé le capital sympathie de la Nation.
Le salarié précaire, le chômeur, le smicard, le retraité au minimu vieillesse, le mal logé, l'interdit bancaire, le contribuable de base prend les douches froides pendant que les milliardaires sont imposés à 1,6% et que l'Etat (celui qui paye les douches) leur rétrocède quelques centaines de millions. Pour l'eau chaude ?
Comment s'étonner d'une telle exaspération à l'égard d'un ministre qui ne s'est jamais inquiété de la compatibilité éthique de sa fonction ministérielle avec celle de trésorier d'un parti, lequel est financé par une millardaire dont l'épouse du ministre travaille pour la société qui gère l'évasion fiscale de la fortune de ladite milliardaire ? Il n'est pas nécessaire d'avoir fait des études supérieures pour comprendre qu'il y a un problème que le simple bon sens révèle.
Va-t-on entendre que seul celui ayant une Rolex avant cinquante ans est capable de comprendre la subtilité gouvernementale ?
A-t-on encore les pieds sur terre quand on se préoccupe de pouvoir prendre un douche à 10000 mêtres d'altitude ? L'équivalent CO2 d'une telle douche est impressionnant.
Comment le président peut-il penser être crédible en défendant la taxe carbone à Copenhague avec de telles lubies ?
Clearstream, Bettancourt, Karachi, Tarnac, Matelly, La Rumeur, Pichon, Viguier, ...
S'accrocher au pouvoir dans de telles conditions est antidémocratique. Persévérer dans l'erreur conduira à des tensions sociales dont l'entêtement de la majorité sera seule responsable.
L'accumulation des affaires commande à ce que la majorité se représente devant le suffrage populaire.