La Palestine, Etat reconnu par la communauté internationale en même temps qu'Israël le 29 novembre 1947 (résolution 181 (II) de l'Assemblée générale des Nations Unies : "Les Etats indépendants arabe et juif" I° partie, A, § 3 p.133 ), a déposé plainte contre Israël devant la Cour pénale internationale (voir aussi le dossier de presse en fin de billet). Le comportement d'Israël est incompatible avec l'ordre public européen fondé sur les droits de l'Homme (Art. 2 et 6 TUE et Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne). L'UE, dont le but est de promouvoir la paix (Art. 3 TUE), doit donc suspendre ses relations avec Israël conformément au prinicpe de la clause "démocratie et droits de l'Homme" qu'elle impose dans ses accords aux pays tiers (Lire par exemple : La révision du mécanisme conventionnel ACP-UE).
Le comportement du gouvernement d'Israël et des responsables de ses armées fait grief au droit international humanitaire et leurs justifications sont irrecevables (voir bibliographie en fin de billet).
Israël viole l'article 2 de la Charte des Nations-Unies prohibant l'usage de la force armée et cet Etat n'est pas en situation de légitime défense, comme il l'invoque abusivement, mais d'agresseur, ce qu'il ne peut pas ignorer, puisque les Nations-Unies, dont il est membre, ont adopté la notion de crime d'agression depuis 2010. Israël s'abstient également de saisir le Conseil de sécurité. Cela établit la mauvaise foi du gouvernement israélien et de ses armées.
La communauté internationale voit d'un côté un peuple palestinien incarcéré dans un ghetto sous blocus militaire israélien, privé de d'eau et d'électricité, d'approvisionnement, incapable de fuir d'une zone où la densité de population est de 4700 habitant au kilomêtre carré, armé de roquettes foireuses. Le tir de 2500 d'entre elles a provoqué la mort de trois israéliens.
De l'autre, une armée moderne, sinon la plus moderne, faisant un carton dans une zone urbaine transformée en champ de tir dont le bilan est de 1800 morts et près de 10 000 blessés, en tirant sur les hopitaux, les écoles, ... La mauvaise foi du gouvernement d'Israël est établi par sa persistance à mépriser les résolutions du Conseil de sécurité (Lire : Une question d'« équilibre »).
Un tel massacre, qui se reproduit régulièrement, rend Israël antipathique et infréquentable.
L'ordre public de l'Union européenne repose sur les droits de l'Homme, que Nettanyahou méprise très gravement et délibérément.
Le comportement du gouvernement israélien rend donc impossible la poursuite des relations politiques et commerciales avec l'UE selon la clause démocratie et liberté.
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Le lecteur peut découvrir facilement le droit international pénal et le droit international humanitaire à travers les ouvrages suivants afin d'apprécier le comportement du gouvernement d'Israël et de son armée :
" L’objectif du présent ouvrage est de montrer que, en dépit des évolutions qu’il a pu connaître depuis la fin de la guerre froide, le régime juridique établi par la Charte des Nations Unies reste fondé sur un véritable jus contra bellum (un « droit contre la guerre »), et non sur le jus ad bellum qui caractérisait les périodes antérieures.
Des doctrines comme la « guerre préventive », la « guerre contre le terrorisme » ou l’ « ingérence humanitaire » peuvent donc être radicalement mises en cause au regard du droit international positif. Cette thèse, avancée lors de la première édition parue en 2008, est développée dans le cadre de cette deuxième édition, entièrement revue et actualisée.
Sont spécialement pris en compte les récents enseignements déduits de la jurisprudence ainsi que des travaux de l’Institut de droit international, de même que de la pratique des Etats, notamment dans le contexte des crises de la Géorgie, de la Côte d’Ivoire, de la Libye ou encore de la Syrie. "
http://www.pedone.info/Statut_Rome/Statut_Rome.html
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Comment Paris favorise le départ des juifs français vers Israël Alain Gresh, 16 juin 2014 Les blogs du Diplo