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Billet de blog 6 juillet 2011

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Anne Sinclair : ennemie des femmes ?

Lénaïg Bredoux et Mathieu Magnaudeix évoquent les conséquences possibles d'un non-lieu de DSK.DSK ne m'intéresse pas. En revanche, le débat sur les femmes que son fait divers a permis d'initier sur la réalité de la condition féminine est des plus important. C'est pourquoi je refuse de limiter ce débat au sort d'un homme.Le titre de l'article de Médiapart éclipse l'essentiel à partir d'un cas particulier. DSK n'est qu'un épiphénomène d'un fait de société important et grave. Ce n'est pas du sort du premier dont doit dépendre le second.

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Lénaïg Bredoux et Mathieu Magnaudeix évoquent les conséquences possibles d'un non-lieu de DSK.

DSK ne m'intéresse pas. En revanche, le débat sur les femmes que son fait divers a permis d'initier sur la réalité de la condition féminine est des plus important. C'est pourquoi je refuse de limiter ce débat au sort d'un homme.

Le titre de l'article de Médiapart éclipse l'essentiel à partir d'un cas particulier. DSK n'est qu'un épiphénomène d'un fait de société important et grave. Ce n'est pas du sort du premier dont doit dépendre le second.

Tout d'abord il n'y a pas de non-lieu. Il faut aussi tenir compte des limites d'une telle décision avant de tirer des conclusions.

La Cour de Strasbourg précise à propos d'un non-lieu que " il faut désormais que la personne dénoncée ait été déclarée, par une décision ayant autorité de chose jugée, non coupable du fait en question." (Aff. Klouvi c. France - merci Louise). Le Conseil d'Etat juge que sont dépourvues d'autorité les décisions des juridictions d'instruction et notamment les décisions de non-lieu (CE Ass 5 mai 1976 Lerquemain) comme les classements sans suite.

Ensuite, la plaignante n'a pas été confondue de plainte mensongère mais seulement mise en cause sur des faits antérieurs - d'après de ce que j'ai compris - ce qui permet légitimement à la défense d'invoquer un doute au bénéfice de DSK . En d'autres termes, une femme violée n'est plus une victime aux USA quand on peut prouver qu'elle a menti une fois auparavant dans sa vie.

Quoiqu'il en soit, une chose est sure, les argumentations de la défense finissent de dépeindre la victime comme une des nombreuses Fantine du XXI°s.

DSK ou pas, les femmes violées et maltraitées sont une réalité qui ne saurait être éludée par un procès qui mobilise des millions de dollars contre une femme de chambre, noire, mère célibataire et suspectée de se prostituer pour survivre. Sofitel n'a pas réagi à cette argumentaion engendrant une suspicion de proxénétisme hotelier. Serait-il d'Accor ? Une telle défense n'hésitant pas à flétrir et rouler la plaignante dans la souillure témoigne du peu de respect qu'elle a pour la femme.

Le débat doit donc être rappelé.

L'essentiel n'est pas, clairement, le fait divers mais le fait de société. Ce qui signifie que dans l'affaire DSK, l'important est la question du respect des femmes.

Parce qu'en matière de femme bafouée, il n'y a pas que la victime.

Les couleuvres qu'Anne Sinclair avale stoïquement ont pour effet de disculper les hommes de leurs turpitudes, trop heureux de célébrer en public son "courage extraordinaire", sous-entendu : "tout le monde n'a pas cette chance d'être marié à une Anne Sinclair".

Combien de femmes - fortunées ou non - acceptent de rester avec un mari dont les écarts matrimoniaux font la une de la presse mondiale ? Des femmes subissent et regrettent de ne pas avoir les moyens de s'en séparer et ont sûrement du mal à comprendre une aussi grande et généreuse mansuétude. Mais tant mieux pour DSK.

Reste que ce qui passe bien plus raisonnablement pour de la résignation ne sert pas l'image des femmes.

Qu'elles soient violées, battues ou trompées, c'est l'expression d'un même mépris de la femme. Il n'y a que l'intensité de ce mépris qui diffère.

Anne Sinclair entretient le complexe de supériorité des hommes qui prennent les femmes pour de "pauvres pommes", de "boniche", "la potiche".

Voilà pourquoi, plus que son mari, elle dessert dramatiquement la condition féminine. Le sort de l'époux n'est pas le plus porteur de conséquences.

La femme de Berlusconi et les Italiennes ont eu beaucoup moins de patience. On reproche aux Italiennes d'être très fières. Un peu de sang italien ne ferait pas de mal.

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