"La prise du pouvoir par Philippe Pétain"

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Le film de Jean Chérasse comporte de nombreuses citations qui s'offrent à la réflexion critique de l'actualité.

« Ils se raccrochaient à de vieilles idées. Ils étaient très fidèles à l'étalon or, qui avait été le grand succès de la politique postérieure à Poincaré. Alors c'était le cycle déflationniste. On courrait constamment après l'équilibre budgétaire. Il fallait devenir de plus en plus rigoureux et naturellement le chômage augmentait. » (36 mn)

« Lorsque j'ai commencé à prendre des responsabilités dans la plus grande société française à l'époque, Renault, j'ai pu constater au contact de tous nos fournisseurs et aussi de nos acheteurs combien les problèmes industriels français étaient ignorés et combien ils étaient peu étudiés. Avec un certains nombre d'hommes venant d'horizon très différents, nous constations que la France était en train de piétiner et ne se décidait pas à prendre les mesures lui permettant enfin d'entrer dans l'ère industrielle ; » (Responsable de Renault - 37 mn)

"  Un président du conseil peut faire des réformes pendant trois mois ; durant le temps où la haute administration n'est pas encore organisée pour l'en empêcher  " Léon Blum (49'50s.)

« Les citoyens jettent, parfois, hélas, un regard, vers de régimes du dehors, (...) on commence parfois dans certains partis à désespérer de la démocratie, c'est à nous citoyens qu'il appartient de faire la preuve qu'en face des moyens faciles de la contrainte , nous sommes capables de faire appel aux disciplines volontaires de la liberté » (1h 02 mn 05)

« La politique de réarmement de ce pays a été rendu impossible à cause des méthodes vétustes dans lesquelles nous vivions et dans lesquelles nous enfermait une administration absolument incompréhensive des problèmes industriels. » (Responsable de Renault – 1 h 14 mn)

«  Il faut dire les choses comme elles sont. Ils ont perdu la tête. S'ils l'avaient gardée, il ne l'auraient jamais fait. On ne peut pas s'échapper de l'impression qu'ils voulaient tout de même se créer un paravent et qu'ils voulaient se mettre à l'abri du prestige et de la gloire du vainqueur de Verdun ; comme du prestige et de l'expérience de l'ancien chef d'état-major de Foch, parce qu'il (Paul Raynaud) sentait tout s'écrouler entre ses mains et il a espéré que cela suffirait d'une part, non pas à changer la situation sur le champ de bataille, mais à galvaniser et à donner confiance dans le pays.  » (1h 33mn 05)

«  Le 10 juillet 1940, jour J de la prise du pouvoir par Philippe Pétain, c'est en quelque sorte un 6 février 34 réussi. La République s'est métamorphosée en Etat totalitaire et cela au terme d'un processus de décomposition qui a duré sept ans. Aussi, serait-il un peu simpliste d'expliquer la tragédie de 1940 par la trahison d'un seul homme ; mais le fait de s'acharner sur Pétain ne permet-il pas d'occulter l'essentiel de la réalité historique ? Ne permet-il pas de dissimuler que Vichy a été la revanche des grands intérêts privés, le triomphe de l'égoïsme de classe sur l'espoir de changer la vie ? Ne permet-il pas enfin d'oublier que notre démocratie a été incapable de mobiliser ses forces vives puisqu'elle les avait laissées exclure de la nation ? Il faut prendre le miroir et s'y regarder. » (conclusion du film)

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