Charlie Hebdo : Echec de l'Etat financier, de son discours, de sa politique et du paradigme sécuritaire

Françoise Nielly Sans titre n° 836J'aime lire Charlie Hebdo et mon marchand de journaux m'apprend le massacre au moment où je viens l'acheter.  Très grosse colère. Profond dégoût. Trois salauds viennent faire la guerre à Paris. C'est l'aboutissement dramatique d'une société fondée sur le rapport de force quant un type utilise une kalachnikov pour répondre à des crayons et des pinceaux. Le terrorisme n'est pas un phénomène étranger à une société qui exclut l'intelligence, la culture, qui méprise l'art; les droits et les libertés fondamentales. Il n'en est qu'une conséquence.

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Françoise Nielly Sans titre n° 836

J'aime lire Charlie Hebdo et mon marchand de journaux m'apprend le massacre au moment où je viens l'acheter.  Très grosse colère. Profond dégoût. Trois salauds viennent faire la guerre à Paris. C'est l'aboutissement dramatique d'une société fondée sur le rapport de force quant un type utilise une kalachnikov pour répondre à des crayons et des pinceaux. Le terrorisme n'est pas un phénomène étranger à une société qui exclut l'intelligence, la culture, qui méprise l'art; les droits et les libertés fondamentales. Il n'en est qu'une conséquence.

Obama, Merkel, Cameron, l'axe du capital exprime son soutien à Hollande. Mais qui vend des armes ? Qui accepte l'opacité de la circulation des capitaux ? Qui accepte l'évasion fiscale à l'origine des réductions des budgets en matière de politique d'intégration, d'instruction, qui sont, eux, la véritable prévention contre le totalitarisme, l'arbitraire, le terrorisme.

Ce drame est le signal de l'incompétence de la police et du discours sécuritaire. Ils sont où les stratèges de la lutte anti terrosite qui réclament toujours plus de régression des droits de l'Homme ?

Deux policiers morts, trois peut-être.

Des services de renseignement besogneux, si prompts à ennuyer un ingénieur parce qu'il est musulman, n'ont pas vu deux types armés comme des porte-avions dans Paris.

Et le traffic d'armes ? Rien.

On se procure facilement ce matériel. A quand une convetion internationale rendant les pays fabriquant d'armes responsable des crimes commis avec ? Pour gueuler contre les terroristes, il y a du monde. Pour prendre des mesures efficaces contre le trafic d'armes et assurer leur traçabilité, il n'y a personne. On ne touche pas aux intérêts des marchands d'armes, comme le pouvoir sacrifie les droits fondamentaux au bénéfice des lobbys et des investisseurs (régression sociale, environnement, TTIP, ...)

A quoi bon des caméras à Paris, la ville qui compte le plus de policiers par habitant si deux types parviennent à circuler dans la capitale encombrée de bouchons. A quoi bon des surveillances de l'internet ?

A rien. C'est de la couille. La DGSI n'avait rien fait dans l'affaire Mérah. L'attentat à Charlie hebdo montre que les nouvelles lois liberticides ont été votées pour rien. On peut s'étonner que le claironneur "du risque terroriste" n'ait pas renforcé la protection du journal et laissé deux flics tout seuls alors que "le risque terroriste n'a jamais été aussi grand en France".

Les discours des Sarkozy, Valls et Philippot et leur récupération sont inacceptables.

Ils ont semé le ferment de la discrimination et cassé l'appareil social d'intégration pour satisfaire les financiers et les investisseurs, les mêmes qui font aujourd'hui des affaires en Syrie et en Irak et avec les chefs de guerre somaliens qui ont des entreprises inscrites à Londres. Cameron avec sa City qui brasse les milliards de la terreur financière. Qu'il fasse d'abord un peu le ménage dans sa pétaudière économique avant de venir pleurer sur les conséquences de son business. Ce n'est pas propre au Royame-Uni. La même logique a tué Rémi Fraisse, met la Grèce à genoux, fait renvoyer les Roms, laisse couler les bateaux de Syriens en Méditerrannée, etc.

Le terrorisme c'est aussi l'argent sale, l'opacité du système financier international, sans lesquels il ne pourrait pas exister, bien plus surement et efficacement que des contrôles dans des aéroports. Un Etat à la Cahuzac ou à la Bygmalion n'est pas propice à rassurer sur la volonté et la rigueur de la classe politique.

Voilà la menace.La connerie des politiques qui est l'origine de la menace. Si le terrorisme prospère en trouvant des cons à recruter, il prospère d'autant mieux qu'il y a des cons au sommet des adminisrations nationales.

Le terrorisme n'en est qu'une conséquence comme la montée des fascismes d'un système égoïste, égotique. La même qui soulève la haine au coeur de l'Europe même dans la montée de l'extrême-droite. Rien à voir donc avec l'islam. Al Azhar le condamne clairement.

S'il y a une guerre, c'est celle de l'agression que ressentent des milliards d'humain dans la spoliation brutales de leurs ressources naturelles et l'exploitation d'une misère par un politique gravement inéquitable.

La police et la justice ne sont pas en mesure à répondre à une telle situation.

Comment appeler alors à l'unité nationale sans poser d'abord ce problème de fond et énoncer clairement la volonté d'y remédier ?

Rien ne paraît pouvoir sérieusement changer cela tant qu'une partie du Monde vivra confortablement sans aucune sur l'exploitation d'enfants, de femmes et l'humiliation de peuples. N'en déplaise à Sarkozy ce n'est pas " comme nous voulons vivre ". Ce que dénonçaient aussi avant tout Cabu, Charb, Wolinsky et tous les joyeux animateurs de Charlie Hebdo.

R.I.P. Ils vont manquer. Un très grand vide.

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Françoise Nielly Sans titre n° 824

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