Charlie Hebdo : refont-ils le coup de Merah ?

On ne peut que se réjouir de l'avancée rapide de l'enquête mais l'identification des suspects soulève un doute sur le fonctionnement de la DGSI, qui renvoie tout aussi dramatiquement à l'affaire Mérah.

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On ne peut que se réjouir de l'avancée rapide de l'enquête mais l'identification des suspects soulève un doute sur le fonctionnement de la DGSI, qui renvoie tout aussi dramatiquement à l'affaire Mérah.

" Leurs noms, prénoms et dates de naissance sont aux mains de la police. Ce mercredi soir, quelques heures après la terrible attaque contre le journal Charlie Hebdo, les identités de trois suspects étaient connues des forces de l'ordre. (...) Il s'agirait de trois hommes âgés de 18, 32 et 34 ans. Les deux trentenaires, de nationalité française, sont nés dans le 10e arrondissement de Paris. (...) L'un des assaillants présumés serait déjà bien connu des services de police. Il avait été jugé en 2005 pour avoir fait partie d'une filière d'envoi de djihadistes en Irak. Il avait été interpellé en 2005, au moment où il s'apprêtait lui-même à partir en Irak. " Metronews

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" Né en novembre 1982 dans le Xe arrondissement de Paris, de nationalité française, X fait partie de ce qui a été appelé " la filière des Buttes-Chaumont ", qui visait, sous l'autorité de " l'émir " Farid Benyettou, à envoyer des jihadistes rejoindre en Irak les rangs de la branche irakienne d'Al-Qaïda, dirigée à l'époque par Abou Moussab al Zarkaoui. Interpellé juste avant de s'envoler à destination de la Syrie, puis de l'Irak, il a été jugé en 2008 et condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis. " (Franck BRINSOLARO & Ahmed MERABET)

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Il serait inacceptable que des meurtres, une opération de guerre, aient eu lieu alors que cette direction était censée surveiller ces deux individus.

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Le Canard publiait le 30 décembre 2014 (p.3) un article intitulé " La dernière ballade d'un danger public " comment un individu surveillé et considéré très dangereux par la DGSI, "susceptible de commettre un attentat",  a échappé à sa surveillance dans Paris, alors qu'il n'aurait " jamais du quitter son domicile ".

Cela rapelle le cafouillage du ministère de l'intérieur perdant trois djihadistes dont le retour de Turquie lui avait été annoncé : Comment l'Intérieur a «manqué» 3 jihadistes présumés de retour en France

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Cette incompétence de la DGSI est paradoxale quant on considère sa capacité de nuire à la vie professionnelle d'un ingénieur du seul fait qu'il serait musulman (Quand la Sécurité intérieure bâcle une note blanche), comme dans l'affaire Adlène Hicheur (Adlène Hicheur, “terroriste en puissance”, condamné à 5 ans de prison dont 4 ferme).

Cette incompétence expose aussi gravement les policiers de ville puisqu'ils sont en première ligne, comme l'a dramatiquement illustré l'attentat de Charlie Hebdo. Il y a donc lieu à s'interroger au sein même de la police sur l'efficacité et l'utilité de la DGSI. Son dysfonctionnement a été mis en cause au son sein même de cette direction par ses cadres (Manifestation inédite d'officiers de la DCRI).

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Il n'y a pas lieu de réclamer plus de moyens et plus de lois liberticides " contre le terrorisme " quand une direction secrète - dont l'existence est contraire à la Constitution - ne cesse d'accumuler des échecs sanglants et se comporte d'une façon des plus douteuses (Avocate giflée par un commissaire de la DCRI: un juge va enquêter) et agit contre la liberté de la presse (Une journaliste de La Croix entendue par la DCRI) ou la liberté d'expression (Christian Paul dénonce les pressions de la DCRI sur Wikipédia). 

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Sans oublier l'action de cette DGSI sur les blogs de Médiapart pour faire de la désinformation ou de la provocation (Affaire de Tarnac: l’espion qui bloguait mis en examen).

Nous vivons dans un pays où des dessinateurs ont plus de courage face aux terroristes que les politiques face aux banquiers.

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