Il ne faut pas exagérer. Quelle méchanceté médiatique ? Personne n'a jamais entendu parler de cette affaire. La PQR n'a aucun effet sur l'actualité politique. Voir l'affaire de Sivens ou celle de l'emploi au noir d'une femme immigrée par le président du conseil général de l'Isère.
Quant à la presse nationale, le commentaire de Joffrin dans Libération laisse perplexe : " C'est plus l'attitude générale de l'opinion et des médias envers les hommes politiques qui est en cause. L'humanité blessée et brisée de Jean Germain vient nous le rappeler utilement ".
L'actualité politique, son superficialisme communiquant et ses inepties, si Laurent Joffrin la suit, permet de comprende " l'attitude générale de l'opinion et des médias envers les hommes politiques ". Semble-t-il, non ?
Laurent Joffrin n'est pas aussi lyrique pour "l'humanité blessée" des salariés qui se suicident, beaucoup plus souvent, et quand la presse en parle, elle répète généralement le discours patronal qui évacue sa responsabilité, en prétendant qu'ils avaient des problèmes de famille, soit des problèmes de nerfs (voir l'évolution du traitement du suicide du pilote de la Germanwings).
Chez les pauvres et les humbles, c'est la faute à la famille ; chez les notables, c'est la faute à la presse. Un peu facile, non ?
La famille du pilote de Germanwings et les médecins qui soignaient ce pilote sont autrement plus victimes d'un acharnement médiatique que la Lufthansa... et que le malheureux sénateur, qui n'a pas supporté d'être poursuivi comme un justiciable ; dont les chroniques de Dominique Simonnot dans le Canard toutes les semaines permet d'en connaître, sans qu'aucun sénateur ne s'en soit jamais ému.
N'y a-t-il pas lieu à s'interroger sur l'honneur et son interprétation très élastique ?
A chacun de choisir entre Shakespear ou La Fontaine, ou encore Baudelaire :
" L'honneur est une essence imperceptible ; souvent ceux qui paraissent l'avoir ne l'ont plus "
" Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. "
" Celui qui demande la croix a l'air de dire : Si l'on ne me décore pas pour avoir fait mon devoir, je ne recommencerai plus. Si un homme a du mérite, à quoi bon le décorer ? S'il n'en a pas, on peut le décorer, parce que cela lui donnera un lustre. "