En entendant la fin funeste des trois assassins preneurs d'otages, il est possible d'imaginer un ordre du style " Buttez moi tout ce monde ". Il y avait des otages. Il fallait agir. Reste que le procureur de Paris rapporte qu'ils avaient été exécutés dès le début : « Selon les éléments dont nous disposons, et sous réserve des résultats des autopsies, les quatre otages décédés ont été tués par M. Coulibaly dès le début de son attaque. » (La Voix du Nord). L'issue est expéditive en considération du haut de degré de compétences et de spécialisation des unités de police et de gendarmerie mobilisées. Les USA ont trouvé le moyen de justifier la torture. On ne saura jamais qui les a entrainés, qui les a financés, comment ils se sont procurés des armes. On n'a pas entendu le Parquet de Paris. Cela ne choque personne. Moi si. Les opérations ont été menées par la police en roue libre. Les tentatives de négociations ont été assez rapidement abandonnées. Peut-être qu'une présence un peu plus sérieuse du parquet aurait permis d'arrêter vivant un de ces assassins afin de permettre à la justice de remplir son office, plutôt que de donner le sentiment d'un acte de vengeance institutionnel. Un nettoyage.
La négociation est pourtant une des spécialités du RAID et du GIGN : " Près de 80 % des affaires sont résolues par la négociation " Christophe Caupenne (1 mn 42)
Négociateur au R.A.I.D., par Christophe Caupenne, Commandant négociateur du RAID, janvier 2010, aux éditions " Le cherche midi "
Le négociateur de Laurent Combalbert de 2009 aux éditions " Presses de la cité "
Interpeler vivant un "terroriste" est indispensable dans une politique efficace de prévention, pour remonter et démanteler le filières. Le tuer consiste à se priver d'une source d'information.
Le RAID et le GIGN sont en mesure de sonoriser (1) les prises d'otages et connaître ainsi ce qui se passe dans les locaux.
" A Dammartin, un employé a passé la journée caché dans des cartons, un étage au dessus des deux frères, « terrorisé sous un évier », à renseigner les hommes du GIGN. Il a été libéré sain et sauf. " (La Voix du Nord) On regrettera que le GIGN n'ait pas reçu l'ordre d'interpeler vivant les deux frères Kouachi.
Trois cartons.
Mérah n'avait aucun otage. Il a été abattu aussi. On ne sait toujours pas qui l'a fiancé, comment il s'est procuré des armes, qui lui a demandé de tuer des soldats français.
Silence.
Et puis rebelotte, cette fois-ci à Paris.
Après les paras du Sud-Ouest, ce sont les journalistes de Paris d'en faire les frais.
Des types armés comme des porte-avions, signalés et connus jusqu'aux USA, qui se promènent dans la ville la plus sécurisée de France et se paient le luxe d'achever des policiers en pleine rue.
Ils parviennent à quitter la capitale - inutilité des caméras - et remonter jusque dans le nord de la France.
A quoi sert la DGSI ? Sinon à ennuyer les individus en violant leur vie privée pour les exclure de leurs emplois ?
Les trois policiers tués l'ont été par manque de sérieux de cette direction, dont le but devrait être au moins de prévenir les agents de terrain du danger qui les guette. Il ressort des évènements dramatiques qu'ont vécu les Parisiens le sentiment que cette direction envoie les policiers au casse pipes, et a fortiori, ne contribue pas à protéger la population.
Zéro.
Zéro dans l'efficacité de ce service et zéro pour le discours qui en justifie l'existence.
Les délinquants abattus ne sont pas des combattants et il n'y a pas de guerre.
Prétendre cela est une réduction de la question qui la dénature et permet d'en éluder les vértiables causes de la violence dont Paris en a été le théâtre tragique durant deux jours.
Le terrorisme est de la délinquance.
Il faut parler de délinquants, pas de combattants. Ils ont tué sans mobile précis. Ce sont des tueurs. Un comabttant défend un pays et ne tue que par nécessité, en s'opposant à des forces constituées. On n'est aps un combattant en tuant un journaliste ou un instituteur, ou un otage. On est un meurtrier, un criminel.
C'est donc un abus de langage d'assimiler l'assassinat de journalistes à un acte de guerre et de prêter à des tueurs la qualité de combattants.
Cette équivocité est entretenue au premier chef par le discours institutionnel lui-même qui s'en sert pour instrumentaliser la peur de l'opinion et l'amener à l'accepter un abdication de ses droits fondamentaux. Ce discours politique est le premier allié objectif de ce qu'il dénonce et prétend combattre.
Ce ne sont que des criminels et c'est ainsi qu'ils doivent exclusivement être qualifiés.
Ils ne se battent pas pour des idées mais ils sont au service d'organisations commerciales délictuelles, comme l'est la mafia, qui les manipulent en tirant prétexte de discours idéologiques tronqués, qu'ils soient politiques ou religieux. L'extrême-droite et le terrorisme développent un pensum qui repose identiquement sur une même escroquerie intellectuelle.
Il est grave que les partis de gouvernement se compromettent à adopter une même facilité dans leur communication. Certains partis politiques ne répugnent pas à se compromettre à fréquenter ou adopter des méthodes criminelles.
Ce qui s'est passé à Charlie Hebdo est un assassinat.
Au-delà des dessins, les lecteurs de Charlie Hebdo savent qu'il y avait aussi des articles de fond et des enquêtes qu'on ne lisait nul par ailleurs dans la presse nationale. En témoignent les articles sur Sivens par exemple avec la corruption qui règne dans le Tarn.
Parler de guerre pour un "terrorisme" qui pénalement n'existe pas. Cela participe à tromper l'opinion et la détourner d'un phénomène qui n'est qu'une criminalité organisée contre laquelle l'Etat manque très singulièrement de volonté à en tarir efficacement les moyens (financement, trafic d'armes), en considération de sa capacité à nuire à l'exercice des libertés et des droits fondamentaux.
Un Etat qui jette des grenades offensives contre des botanistes est mal placé pour revendiquer le rôle de rempart au terrorisme.
Le commerce illicite auquel se livre cette criminalité représente des milliards d'euros d'euros de chiffre d'affaires par an qui s'investissent ensuite dans l'économie sans aucun souci, auquel cas sinon il ne marcherait pas.
L'intervention de la France au Mali se situe au coeur d'un des noeuds mondiaux de ces trafics qui fournissent l'Europe.
Preuve de la duplicité des Etats, le revenu de la criminalité est maintenant et officiellement intégré dans le calcul du PIB, pour faire de ... la croissance. et rassurer les places financières qui ne rechignent pas à faire les intermédiaire des organsiations criminelles et balnchir l'argent sale, dans les grands chantiers par exemple.
Ceux qui défileront dimanche doivent avoir cela à l'esprit en défilant à côté de ceux qui les appellent et qui couvrent et cautionnent cette mystification économique cynique.
Je ne pense pas que Bernard Maris ait été dupe de cette récupération.
Bonne promenade dimanche, mais je n'en serai pas. Je ne saurai pas marcher à côté des élus qui cautionnent l'impéritie d'une politique médiocre faite sur l'apparence des choses et la récupération indécente du sacrifice des bonnes volontés.
Plutôt que de me compromettre, je vais simplement continuer à lire Charlie Hebdo.
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(1) " Plus secrètes encore sont les multiples poses de micros et de caméras que le GIGN effectue pour « sonoriser » les domiciles de suspects, dans le cadre de la loi Perben II contre les bandes organisées. « Grâce à du matériel ultraperfectionné, nous ouvrons sans trace tout type de serrure et pouvons évoluer sans déclencher la moindre alarme », lâche un technicien. " (Le Figaro : " Le GIGN en pointe contre la criminalité organisée ")