Maryvonne de Rennes et le daladiérisme

Antoine Perraud a l'audace d'évoquer aux lecteurs de Médiapart le parallèle existant entre l'abdication politique actuelle et celle qui a caractérisé l'histoire politique française d'avant guerres, tant celle d'un radicalisme complaisant avec Hitler, que celle du socialisme promoteur d'un ordre républicain jusqu'à la torture en Algérie. L'unanimité gouvernementale sur la loi Urvoas violant les valeurs fondamentales de la République française au mépris de l'obligation à défendre les droits imprescriptibles rend ce rappel historique très opportun. 

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Antoine Perraud a l'audace d'évoquer aux lecteurs de Médiapart le parallèle existant entre l'abdication politique actuelle et celle qui a caractérisé l'histoire politique française d'avant guerres, tant celle d'un radicalisme complaisant avec Hitler, que celle du socialisme promoteur d'un ordre républicain jusqu'à la torture en Algérie. L'unanimité gouvernementale sur la loi Urvoas violant les valeurs fondamentales de la République française au mépris de l'obligation à défendre les droits imprescriptibles rend ce rappel historique très opportun. 

Olivier Chevalier s'émeut qu'Antoine Perraud ait oublié dans sa dénonciation de l'imposture démocratique d'une gauche renégate, baptisée daladiérisme, la pauvre octogénaire rennaise qui ne peut pas rentrer chez elle. Cette présentation est abusive dans le sens où la recension de cette actualité omet de préciser qu'elle a été elle-même expulsé de son domicile par les héritiers de son conjoint.

Si le parallèle entre Maryvonne la doyenne de Rennes et Daladier peut paraître assez ténu, les héritiers donnent donc du sens à l'observation de Olivier Chevalier, si tant est qu'on s'intéresse à l'affaire et la reconstitue dans son ensemble ; pas seulement du seul point de vue donné par des défenseurs de l'ordre et de la propriété, assez peu respectueux de la dignité humaine, comme l'histoire paraît le montrer, si l'on veut bien prendre la peine de faire une reconstitution.

Il faut en effet savoir que Maryvonne l'octogénaire avait rencontré un homme, voici une quinzaine d'années.

Le couple avait alors choisi de s'installer au domicile du Monsieur, à Saint-Domineuc, à 30 km de Rennes, et a progressivement abandonné la maison rennaise de Maryvonne.

Après quinze années de vie commune, voici que, le mois dernier, le Monsieur est décédé et que ses héritiers ont demandé à Maryvonne de quitter son domicile de Saint-Domineuc.

Allez hop. On oublie les quinze années de vie commune, ce qu'a fait Maryvonne pour papa et la maison.

C'était pourtant son domicile... à Maryvonne.

Ils l'ont mise dehors.

Il est fort probable aussi qu'ils savaient que des squatteurs occupaient la maison de Maryvonne, rue de Châtillon à Rennes et que la loi du 5 mars 2007 autorise les squatters d'invoquer qu'il y ont fixé leur domicile si le propriétaire n'a entrepris aucune démarche avant 48 heures.

Cela faisait bien plus de 48 heures que les squatters occupaient la maison de Maryvonne, puisqu'ils s'y sont installés " Depuis plus de dix-huit mois ".

Mettre une vielle personne à la porte dans ces conditions n'est pas ce qui se fait de mieux dans une bonne société.

 

Si les squatters sont peut-être à critiquer, (et encore, ils invoquent un droit protégé par la loi) ; les charmants héritiers qui ont mis Maryvonne à la porte pour pouvoir mettre la main sur la maison de Saint Domineuc ne soulèvent, étrangement, aucune émotion.

 

Il est donc faux de dire que Maryvonne est délogée par des squatters. Non. Si l'octogénaire est à la rue (elle ne l'y est pas totalement, elle a un fils qui remplit son obligation alimentaire), c'est par la volonté des héritiers du conjoint de Maryvonne à l'avoir expulsée comme une indésirable, une personne de 83 ans, pour en faire une SDF.

Voilà le parti que choisit de défendre la presse bien pensante.

Il est donc facile de conspuer des squatters, qui ont bon dos pour servir en fait à cacher la misère affective d'une petite bourgeoisie impécunieuse... très daladiériste. Finalement.

 

Les faits énoncés sont repris d'un article publié par OUEST France :

http://www.ouest-france.fr/sa-maison-squattee-maryvonne-ne-peut-plus-rentrer-chez-elle-3364084

 

 

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Daladiérisme, nous revoilà!

Par Antoine Perraud

Retour sur une époque en miroir de la nôtre : quand le radical-socialiste Édouard Daladier, entre 1938 et 1940, liquidait les acquis du Front populaire. Il croyait adapter la gauche aux temps modernes en se conciliant la droite : il fit le lit de l'extrême droite. Ce fut le «daladiérisme», qui n’est pas sans résonner en ce printemps 2015.

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