Arfi Perraud et Bonnet ont raison de faire prévaloir l'intelligence et la réflexion

Fabrice Arfi, Antoine Perraud et François Bonnet n'ont pas besoin de moi mais je n'accepte pas la violence des propos portés contre eux. Un journal doit exposer des critiques et des opinions et il n'a pas à se faire insulter ou dicter sa ligne éditoriale par des adhérents d'un parti politique, qui ne se privent pas d'encombrer ses colonnes de leur propagande (1) et ne mesurent pas la gravité qu'il y à s'impliquer dans le commentaire d'un assassinat politique en accablant la victime, dans un pays où c'est une pratique trop connue.

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Fabrice Arfi, Antoine Perraud et François Bonnet n'ont pas besoin de moi mais je n'accepte pas la violence des propos portés contre eux. Un journal doit exposer des critiques et des opinions et il n'a pas à se faire insulter ou dicter sa ligne éditoriale par des adhérents d'un parti politique, qui ne se privent pas d'encombrer ses colonnes de leur propagande (1) et ne mesurent pas la gravité qu'il y à s'impliquer dans le commentaire d'un assassinat politique en accablant la victime, dans un pays où c'est une pratique trop connue.

 

Le Monde l'écrit, "La mort de Nemtsovallonge la liste des assassinats politiques en Russie".

Il est sain pour le débat public et la démocratie que les journaux critiquent les postures politiques.

Il est très anormal qu'on ne puisse pas critiquer un homme politique sans susciter des critiques haineuses ou violentes. L'époque des marches aux flambeaux serait-elle de retour ?

Triste spectacle qu'offrent ceux qui prétendent appeler au rassemblement et sont les premiers à excommunier les autres. La démocratie n'est pas une caserne ni une secte. Quelle crédibilité à dénoncer l'assassinat politique de militantes kurdes en France et accepter la critique d'une victime des mêmes méthodes en Russie ?

Avec un tel public prêt à lyncher l'insolent qui se risque de lui déplaire, le jour n'est pas prêt d'arriver en France où un journaliste osera interrompre un homme politique qui ment et le lui dire en direct.

Les réactions d'une partie du lectorat conspuant ou insultant des journalistes n'est pas un signe encourageant pour la presse à oser être critique.

On se croirait à la corrida ou aux jeux du cirque.

Les réactions violentes à l'article de Fabrice Arfi et d'Antoine Perraud, suivies de celles faites à François Bonnet, sont interpellantes sur  la maturité intellectuelle, l'esprit critique et le libre arbitre.

Que reproche-t-on finalement aux extrémistes qui saccagent des musées ?

L'avantage d'être un journal en ligne permet au moins à Médiapart d'échapper à l'autodafé.

Où est passé le fameux esprit "Charlie " ?

Il n'était plus possible d'avoir un exemplaire du canard enchaîné après las attentats, voilà que la mode est passée. Il en reste à nouveau dans les kiosques. Qui sont les plus fous ? Ceux qui tuent des journalistes ou ceux qui achètent des journaux et s'inquiètent de la presse seulement quand on tue des journalistes ? Et encore, un mois ou deux tout au plus...

Ceux qui entretiennent le débat politique ont l'obligation de respecter l'intelligence des électeurs. L'invective, la haine et l'outrance sont un signe de mépris des électeurs. Il est normal qu'un électorat qui se sent méprisé se démobilise.

Les premiers à se plaindre de l'abstention et de la montée du FN sont ceux qui ont employé la violence verbale. Ils sont des repoussoirs aux idées de la gauche. Ils les desservent. L'électorat de gauche, trahi par un PS aux ordres du capital, est imperméable à l'autoritarisme. Il reste donc chez lui.

Comment s'étonner alors de l'appauvrissement du débat, de la désaffection des urnes et de la menace qui pèse sur la démocratie ?

La violence est fasciste. Qu'elle soit physique ou verbale. Et d'où qu'elle vienne.

Etre de gauche, ou prétendument de gauche, n'est pas une excuse ni n'exclut la possibilité d'être fasciste. L'histoire française en compte un certain nombre d'exemples. Ils nous interpellent pour apprécier les comportements contemporains.

L'affaire du blog de Mélenchon et le déferlement de violence qui s'est manifesté sur ceux qui ont osé le critiquer montre qu'il y a un substrat, un terreau, inquiétant.

Le blog de Mélenchon a offert l'occasion d'une expérience intéressante sur les causes de l'échec de la gauche.

 

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(1) Ce que Médiapart a la courtoisie de laisser faire, alors que la Charte du lecteur ne semble pas le permettre.

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