POJ (avatar)

POJ

auxiliaire de justesse

Abonné·e de Mediapart

1010 Billets

8 Éditions

Billet de blog 10 août 2010

POJ (avatar)

POJ

auxiliaire de justesse

Abonné·e de Mediapart

La difficulté de développer un esprit critique en France : "syndrome grenoblois" et psychopathologie socio-politique.

Ce billet illustre modestement la difficulté de la liberté d'expression confrontée aux stratégies de disqualification. Le banditisme prospère - aussi - à Grenoble parce qu'il y est difficile d'énoncer des réflexions ou des appréciations sur une situation manifestement anormale. Le non-dit participe à la propagande. Affirmer un point de vue original suscite la réaction - une seule en l'espèce mais symptomatique - dont l'effet - voulu ou non - entrave la réflexion en disqualifiant celui qui pourrait bousculer la doxa, les apparences. Nous vivons ainsi dans le déni de l'évidence, ce qui donne raison à Bourdieu. Cette réflexion se conclut sur l'émergence d'un domaine d'étude des sciences politiques auquel l'actualité grenobloise invite à s'interroger : "la psychopathologie socio-politique" (néologisme) pouvant être une branche inexplorée de la psychologie politique.

POJ (avatar)

POJ

auxiliaire de justesse

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ce billet illustre modestement la difficulté de la liberté d'expression confrontée aux stratégies de disqualification. Le banditisme prospère - aussi - à Grenoble parce qu'il y est difficile d'énoncer des réflexions ou des appréciations sur une situation manifestement anormale. Le non-dit participe à la propagande. Affirmer un point de vue original suscite la réaction - une seule en l'espèce mais symptomatique - dont l'effet - voulu ou non - entrave la réflexion en disqualifiant celui qui pourrait bousculer la doxa, les apparences. Nous vivons ainsi dans le déni de l'évidence, ce qui donne raison à Bourdieu. Cette réflexion se conclut sur l'émergence d'un domaine d'étude des sciences politiques auquel l'actualité grenobloise invite à s'interroger : "la psychopathologie socio-politique" (néologisme) pouvant être une branche inexplorée de la psychologie politique.

Démonstration de ce qu'on pourrait appeler le "syndrome grenoblois" :

J'avais écrit un commentaire à l'entretien de Jean-Jacques Urvoas que j'avais trouvé moyen et peu réaliste en considération de la situtation politique de Grenoble et de l'Isère (qui sont des faits objectifs peu contestables) :

"Un discours sans grands engagements qui reprend l'argumentation des lecteurs dans les commentaires. Lisons nous entre nous. C'est tout aussi bien...

L'exemple de Grenoble est à manier avec quelques précautions. J'ai le regret de devoir rappeler à Monsieur Urvoas que Grenoble, l'agglomération de communes de Grenoble et le département de l'Isère sont gérés par le parti socialiste depuis un grand nombre d'années. L'échec de la politique sécuritaire à Grenoble et aussi celle du parti socialiste, malheureusement, même s'il s 'agit de la tendance Strauss Kahn, la plus proche du pouvoir actuel, lui même très proche d'Alain Carignon."

Patrick 44 me répond dans ces termes :

"C'est quoi ce délire POJ ?

Depuis quand les collectivités locales sont-elles chargées d'assurer la sécurité sur la voie publique ? Les polices municipales n'ont pas plus d'autorité que les gardes champêtres, ne dispose pas de la qualité d'officier de police judiciaire et ne bénéfcient d'aucune formation spécifique. Elles n'ont d'autorit que sur le stationnement et évventuellement la circulation urbaine. Les armer a été une erreur manifeste et la jeune femme récemment tuée par des malfrats en fuite ets là pour en témoigner. Enfin, le milieu grenoblois existe depuis la Libération et Carignon n'en fut qu'un pantin. Associer son nom à celui de DSK est une infâmie dont je ne vous croyais pas capable."

Les ingrédients de la stratégie de disqualification sont présents dans ces quelques lignes.

1° ) Mettre en doute la santé mentale.

Patrick 44 parle de "délire". Son interrogation permet de suggérer paradoxalement le doute sur l'énoncaition de faits objectifs et vérifiables par tous.

2° ) L'amalgame et la confusion.

Le fait de conclure le propos par l'idée d'une possible calomnie sous-entend que mon appréciation est injustifiée - infréquentable - et qu'il s'agit d'une attaque destinée à nuire à l'image d'une personne publique (je précise que ma préoccupation se porte sur les Grenoblois et l'insécurité dans laquelle les entretient les pouvoirs publics depuis 40 ans, plutôt qu'à l'avenir garanti d'un haut fonctionnaire international tanvaillant au triomphe du libéralisme économique américain)

La réponse :

@ Patrick 44

J'ose croire que vous n'avez aucune expérience de la réalité politique en matière de sécurité dans un département. Pensez-vous sérieusement qu'un préfet, qu'un commissaire ou qu'un procureur va s'amuser à se mettre sur le dos la majorité politique du département, fut-elle de l'opposition, s'il n'en a pas reçu l'ordre de Paris ? Et même s'il en reçoit l'ordre, il n'a aucune garantie.

J'oubliais, c'est aussi le PS qui dirige la région.

Quant à associer DSK au milieu grenoblois, c'est vous qui le faîtes. Je souligne seulement la proximité Destot-DSK-Sarkozy-Carignon.

Pour compléter l'article de l'Express sur le milieu grenoblois :

"Grenoble sous l'emprise du milieu" (Lyonmag 10 novembre 2008)- le problème n'est pas récent tant pous les élus que pour l'Etat...

"Les confessions d'un racketteur" (Mag2 Lyon février 2010)

Avant de tirer sur la police la Kalashnikov sert à règler les comptes entre truands. Les armes de guerre à Grenoble ne datent donc pas d'hier.

Vague de règlements de comptes (le Parisen en 2001)

Vague de règlements de comptes (Libé Lyon 2007)

La cour de cassation constate le traffic d'information entre un policer et le milieu grenoblois et casse l'arrêt de la Cour d'appel de Grenoble qui avait relaxé le policier... Une des personnes poursuivies dans l'arrêt de la Cour ayant bénéficié des informations est également mise en cause dans les deux articles précédants.

Petit historique d'un particulier.

Un reportag de la télé française.

La police et la justice ne voient rien là ou des citoyens et des experts dénoncent des fautes. Ici aussi.

Conclusion au cas d'espèce :

Il ne faut donc pas vouloir minimiser la responsabilité du microcosme grenoblois quand le net déborde d'informations susceptibles de soulever de nombreuses questions et d'y répondre en grande partie. L'UMP et le PS, en l'espèce, se moquent du monde.

Conclusion générale :

Ne serait-il pas juste de parler de "syndrome grenoblois" pour qualifier un comportement politique "taiseux" et persistant, l'omerta étant plus réservé au banditisme ? Le constat de la déshérance sociale de Grenoble n'est-il pas en train d'initier une nouvelle branche de la psychologie politique, celle de psychopathologie sociopolitique ? L'hypothèse peut être que le corps social est malade à cause de sa tête, de l'insuffisance du politique, comme France Télécom souffre de sa direction. Les émeutes sont une forme de somatisation. La manifestation du mal n'a rien à voir avec sa cause réelle et profonde. Il s'agirait d'étudier les facteurs à risques susceptibles d'être débattus lors des campagnes électorales afin d'élcairer les électeurs sur les faiblesses des candidats. Ce serait une bonne façon de lutter contre la corruption. Il est plus cohérent de ne pas élire une personne corruptible que de vouloir accumuler des preuves et engager des procédures pour la faire condamner une fois que le mal est fait (Cf. Grenoble, mais aussi Marseille).

NB : Que Patrick 44 n'y voit rien de personnel, au contraire je l'en remercie. Je me suis servi de son intervention pour illustrer - à mon sens - une pratique qui nuit à l'émancipation de l'esprit critique en France. J'ai relevé d'autres comportements de ce type.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.