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Billet de blog 11 avril 2011

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Ils Voilent le Viol de la loi

L'article premier de la loi du 11 octobre 2010 se résume, dans l'actualité, au voile des femmes musulmanes quant le texte est général et vise tout moyen sans en préciser aucun. D'où l'étendue inépuisable de la question qui ne manquera pas de se poser pour les chapeaux lors du prix de l'arc de triomphe (et les jumelles de turfistes), les lunettes de soleil (comment vont faire Polnareff ou Karl Lagerfeld ?), la barbe (Marek Halter pourra-t-il encore entrer dans un lieu public), les masques de carnaval (fort heureusement Venise n'est pas en France), les maquillages ratés (attention au coup de rouge à lèvres ou de mascara intempestifs qui débordent - les contraventions s'accumulent), les casques de moto (le motard en infraction doit-il ôter son casque pour être identifiable sur le cliché du radar ?), la cagoule (peut-on encore la remonter s'il pleut ?), le passe montagne (quid de la responsabilité publique en cas de gelure sur le télésiège s'il est interdit de le mettre ?), ...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L'article premier de la loi du 11 octobre 2010 se résume, dans l'actualité, au voile des femmes musulmanes quant le texte est général et vise tout moyen sans en préciser aucun. D'où l'étendue inépuisable de la question qui ne manquera pas de se poser pour les chapeaux lors du prix de l'arc de triomphe (et les jumelles de turfistes), les lunettes de soleil (comment vont faire Polnareff ou Karl Lagerfeld ?), la barbe (Marek Halter pourra-t-il encore entrer dans un lieu public), les masques de carnaval (fort heureusement Venise n'est pas en France), les maquillages ratés (attention au coup de rouge à lèvres ou de mascara intempestifs qui débordent - les contraventions s'accumulent), les casques de moto (le motard en infraction doit-il ôter son casque pour être identifiable sur le cliché du radar ?), la cagoule (peut-on encore la remonter s'il pleut ?), le passe montagne (quid de la responsabilité publique en cas de gelure sur le télésiège s'il est interdit de le mettre ?), ...

Tout le monde est susceptible d'être en infraction.

C'est à la libre appréciation du verbalisateur.

La loi favorise l'arbitraire.

Les commentaires sur cette actualité ne s'en émeuvent pourtant pas pour se limiter à un domaine plus étroit, machiste, phallocrate et mysogyne en ne retenant qu'une application très isolée de cette loi : la-femme-musulmane-qui-porte-un-voile-intégral.

Pourquoi les musulmans d'abord ?

On n'a plus de catholiques, ou si peu. Les derniers qui restent sont vieux, presque morts (je galège) quand les musulmans bouchent les rues avec leurs prières (surtout à Marseille, où la question de la corruption ne semble pas émouvoir les pouvoirs publics autant).

Si les musulmans ne respectent pas l'ordre public et que la situation persiste, il y a certes une responsablité de ceux qui troublent l'ordre public, mais aussi des pouvoirs publics à le laisser troubler sans réagir.

Première incohérence.

Aussi, qui se souvient avoir vu une femme voilée dans les groupes qui prient dans les rues ?

Deuxième incohérence.

Il paraît donc que les pouvoirs publics ne s'en prennent pas aux véritables fauteurs de troubles et préfèrent s'en prendre à des femmes.

Ah les lâches....

Voilà pourquoi réduire la loi au voile des musulmanes est mysogyne et phallocrate.

On mélange un peu tout en s'échauffant pour tout oublier aussitôt après.

Sauf que la loi crée un arbitraire susceptible de frapper n'importe qui, et que la stigmatisation de ce qui n'est qu'un épiphénomène permet de détourner l'attention de l'opinion sur l'application d'une loi qui empiète sérieusement sur la liberté individuelle de chacun.

La confusion du débat n'est pas innocente.

Réduire ainsi le sujet dissimule l'enjeu et la dérive à l'origine de ce texte qui dépasse très largement la condition féminine et particulièrement celle de la femme musulmane, dont l'Etat s'en fout comme il est démontré un peu plus loin.

Nouvel exemple de la novlange gouvernmentale, cette loi, au prétexte de la laïcité, favorise la discrimination, ce qu'est supposé empêcher le principe d'un Etat républicain et laïc.

Une république laïque impose la laïcité (seulement) aux agents chargés de la gestion des affaires publiques pour garantir l'impartialité et l'égalité d'accès aux services publics.

Cette obligation est donc dictée par le souci d'assurer la prohibition de toute discirmination fondée sur l'appartenance réelle ou supposée à un groupe de population.

Il devient dès lors étonnant d'imposer une mesure aux usagers ou aux particuliers dans leur vie courante aboutissant à priver certains d'entre eux du droit de vivre en accord avec eux-mêmes.

Ce respect du choix de chacun emporte une réciprocité.

Chacun adopte le mode de vie qui lui convient sans pouvoir influer le libre accès et l'égalité de tous aux services publics. Il est donc anormal d'organiser l'ouverture des services publics, les piscines par exemple, à des catégories de personnes selon leur religion.

Les femmes musulmanes victimes de leurs maris sont avant tout victimes d'un homme. La religion est le mobile comme l'appât du gain motive le voleur ou l'escroc, ou le spéculateur. Il serait intéressant d'avoir l'avis d'un musulman sur ce point. Vieux souvenir d'un éminent professeur d'Al Azhar, le droit coranique est plus protecteur pour les biens de la femme mariée que ne l'est le code civil français.

Indépendamment du religieux, il est possible de dénoncer et condamner les hommes qui soumettent leurs femmes par la contrainte - quelqu'en soit le moyen (violence, finance, ...) - en leur imposant de se (dé)vêtir d'une manière ou d'une autre.

Il appartient aux pouvoirs publics de donner aux associations de défense des droits des femmes les moyens de défendre les victimes et poursuivre les auteurs des abus, au même titre que le viol, car il s'agit d'une atteitne à la dignité et à la liberté de la femme.

La France a ratifié le 14 décembre 1983 la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1979. Il existe un comité des Nations Unies chargé de veiller au respect de cette Convention.

Le "plafond de verre", le nombre ridicule de femmes en France (sans voile) qui ont des responsabilités managériales ou politique démontrent que la France ne se préoccupe pas sincèrement de la mise en oeuvre efficace de cette convetion et que les associations de défense des droits des femmes ne bénéficient d'aucune écoute attentive.

L'absence de sincérité d'un gouvernement à l'égard des femmes en général souligne le caractère discriminatoire de la stigmatisation d'une population au prétexte d'une cause durablement et manifestement méprisée.

Imposer à des femmes ayant fait ce choix de se vêtir d'un voile est en revanche une immixtion dans leur vie privée.

La liberté religeuse est garantie. Il faut l'accepter.

La France confond laïcité et athéisme.

Théoriquement, un Etat religieux peut être laïque dans son fonctionnement.

La France des Lumières a éradiqué le catholicisme. C'est sa politique depuis la révolution.

Dans un premier temps avec le Concordat (permettant de les contrôler), dans un second avec la loi de 1905. L'ensemble a connu un succès mitigé. Il reste des catholiques (qu'on se rassure, pas beaucoup) , mais voilà qu'on a des musulmans...

On en regretterait presque nos bigots...

Il faut assumer.

L'athéisme contribue d'ailleurs assez paradoxalement à affirmer l'existence de ce qu'il prétend dénoncer.

Un athée s'interoge-t-il s'il est athée ? Quelle importance de se préoccuper d'une chose dont on ne sent pas concerné ? Le contreaire atteste d'un doute, une incertidude, une absence de fermeté dans les convictions, un besoin de se rassurer en voulant démontrer l'inexistence de quelque chose qu'on ne peut pas voir... Des nuits blanches en perspective.

Sans que cela n'empêche ceux qui ne croient pas de ne pas croire, la quête spirituelle est une réalité anthropologique.

L'humain éprouve un besoin de croire.

Il peut s'exprimer dans le religieux comme dans n'importe quoi d'autre, de l'avenir de l'humanité, de la raison, du paranormal, de l'astrologie, de la numérologie, des jeux d'argent, la virtual life, des drogues psychédéliques ou des sectes.

La stigmatisation de la religion catholique a vidé les églises. Les vocations se sont effondrées. Les églises commencent à tomber en ruine.

Tout espace laissé vide étant appelé à être occupé rapidement, une religion est venue remplacer une autre.D'autant plus facilment que l'Etat et la poltique sont parvenu avec un succès incontestable à démolir l'Eglise ils n'ont pas connu la même réussite dans la résolutiond es problèmes sociaux auquel l'Eglise (toujous elle) contribue à en amoindrir les effets par ses organasations caritatives. Le parti communiste français, également laminé par l'Etat et le pouvoir, présente une certaine similitude de destin.

Un dilemne prévisible saisit certains à voir le coq sur le clocher des églises remplacé par un croissant.

Ce n'est pas une loi sur le voile qui changer grand chose.

L'union soviétique n'est pas parvenue en 70 ans de communisme à faire disparaître la foi orthodoxe.

La destruction du religieux local favorise l'adhésion à d'autres spiritualités dont l'islam n'est qu'une partie (voir le bouddhisme, les évangélistes protestants, les mormons, les témoins de Jéhova, la scientologie, ...). La France aime l'ésotérisme. L'horoscope est ce qu'il y a de plus lu dans un journal avec la météo, et les mots croisés.

Il paraît peu probable que le monde se divise en cultures.

Le monde se diviserait plutôt entre deux modes de consciences, qu'on pourrait résumer entre ceux qui croient en dieu et ceux qui n'y croient pas.

L'occident ne croit plus qu'en l'argent.

Le succès de son dieu Mammon se heurte cependant aux résistances de ceux qui en ont un autre.

Cela peut se nuancer.

Il existe un fait religieux mercantilo compatible :

Les sectes sont des entreprises commerciales qui s'adaptent parfaitement au modèle de société. Max Weber postule le protestantisme comme étant à l'origine du capitalisme. Le succcès des big church américaines temoigne d'un marché en forte progression.

Il existe un fait religieux moins mercantilo incompatible :

L'islam pose le même problème du catholicisme à la société de consommation (et de gaspillage). Il promeut l'ascèce et le don. Cela formalise l'opposition de fond existant entre le spirituel et le temporel. Des théologiens anglo saxon s'attachent à dénoncer le système capitaliste. La doctrine sociale de l'Eglise inspire la critique du modèle occidental.

Le consommateur est l'idiot utile de la dictature financière exploitant le Janus moderne qu'il est.

Les mêmes lui promettent des prix bas en tirant sur la qualité, sa sécurité, sa santé et son propre salaire, en délocalisant à tour de bras dans des pays où le saccage environnemental est en deça du mépris pour la dignité des travailleurs.

La doctrine religieuse apporte une béquille aux déshérités et aux déçus.

L'enseignement musulman prend la relève de l'Eglise catholique pour faire obstacle à cette logique et répondre à ceux qui sont en quête d'espérance.

L'incompatibilité foncière de ces religions est peut-être la véritable cause de l'hostilité des sociétés modernes - basées sur la consommation - à l'égard du religieux.

Cette hositilité n'est pas idéologique. Elle est calculée. Elle naît de la menace pesant sur la "croissance" que peut engendrer un enseignement prônant le renoncement, même s'il n'est pas forcément - ou peu - suivi.

Les attentats suicides montrent cependant que le renoncement peut être extrême, tout en échappant complètement à notre rationnalité et notre compréhension, puisque nous avons évacué de notre schéma de pensée les références susceptibles d'éclairer l'analyse.

L'islam, comme le catholicisme, sont en opposition avec la doctrine bourgeoise libérale des Lumières, mais le premier a échappé au laminage du second, il est jeune, il est une référence vivante.

C'est l'inconvénient que voit l'économie pensant s'être émancipée des freins de la morale catholique, en partie, parce que celle-ci reste très vivace dans les pays émergents.

Les USA ne sont pas peuplés à 40% d'Amish à la différence de la planète où la religion catholique et la religion musulmane rassemblent plus de 2 milliards et demi de personnes.

Le mobile de la loi pourrait donc être aussi de contribuer à réduire l'impact économique d'une population nourissant une conception sociale étrangère au modèle dominant, comme cela le reste pour les communistes, les socialistes, les verts, les anarchistes, les ...

La préoccupation des rendements financiers rend ces gens forcément antipathiques.

Les obliger à s'intégrer. Ce qui n'est pas s'émanciper.

Reste que juridiquement, Ce n'est pas aussi facile. La religion est protégée et que liberté de croire est un droit fondamental.

Le fait religieux n'est pas en soi déterminant, mais laisser ce droit fondamental se faire mépriser n'est pas sans incidence, même pour ceux qui ne croient en rien et le professent.

Viendra un jour où ils ne pourront plus le professer.

Laisser les pouvoirs publics s'attaquer à un droit de l'homme sous un prétexte fallacieux ne peut que l'encourgaer à en fouler d'autres (Cf. Hadopi, Loppsi Davdsi qui sont aussi des atteintes à al vie privée).

Enfin, l'interdiction du voile est inconvetionnelle et discriminatoire :

Convention européenne des droits de l'homme

Article 8 - Droit au respect de la vie privée et familiale
1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.
2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.

VIE PRIVEE


Article 9 - Liberté de pensée, de conscience et de religion
1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites.
2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.

Article 14 - Interdiction de discrimination
La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.

La pénalisation du port du voile, comme la réforme des retraites, illustre la violation des droits de l'homme et le mépris pour la dignité humaine au nom de la rentabilité fiancière, la seconde étant plus évidente que la première.

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