Manuel Valls, Berlin, le Barça et l'action récursoire pour un match à 200 000 euros ?

Manuel Valls donne des leçons. Les militants socialistes ont apprécié son souci du parti socialiste en Congrès et des finances publiques à propos desquelles le premier ministre ne cesse de répéter qu'il faut faire des efforts et sucre les droits sociaux. Le Barça permet de connaître le motif réel de la régression sociale. Le promoteur de l'ordre républicain manque étonnamement de rigueur à propos du principe de précaution des deniers publics quant il s'agit de se l'appliquer à lui-même. Ce n'est pas parce qu'il ne sait pas compter (Mon ami Valls a bouffé sa paie le 10 du mois !) qu'il peut faire supporter ses fantaisies à la collectivité, à laquelle il n'en permet aucune. Celle-ci a un moyen de contester la dépense et d'en réclamer le remboursement. Ce qui ne manquerait pas de se produire en Allemagne, le pays qu'aime citer en exemple Manuel Valls.

4827.jpg

Manuel Valls donne des leçons. Les militants socialistes ont apprécié son souci du parti socialiste en Congrès et des finances publiques à propos desquelles le premier ministre ne cesse de répéter qu'il faut faire des efforts et sucre les droits sociaux. Le Barça permet de connaître le motif réel de la régression sociale. Le promoteur de l'ordre républicain manque étonnamement de rigueur à propos du principe de précaution des deniers publics quant il s'agit de se l'appliquer à lui-même. Ce n'est pas parce qu'il ne sait pas compter (Mon ami Valls a bouffé sa paie le 10 du mois !) qu'il peut faire supporter ses fantaisies à la collectivité, à laquelle il n'en permet aucune. Celle-ci a un moyen de contester la dépense et d'en réclamer le remboursement. Ce qui ne manquerait pas de se produire en Allemagne, le pays qu'aime citer en exemple Manuel Valls.

La droite, qui paye des vols à plusieurs milliers d'euros à son champion incapable de faire deux cents kilomêtres en voiture pour se rendre à un congrès aussi raté que celui de Poitiers, n'a pas relevé le parallélisme des formes et oublie dans ces reproches d'informer l'opinion qu'il existe un moyen juridique pour demander à un agent public (ce qu'est un ministre selon la convention internationale contre la corruption ratifiée par la France) de rembourser le montant des frais indument supportés par la collectivité publique : l'action récursoire.

On glose sur la présence de ses deux enfants à bord. Et alors ? Il est assez indifférent que Manuel Valls ait emmené ses deux enfants. Il est même étonnant qu'il n'ait pas emmené sa femme. Elle ne doit plus faire partie de son plan de communication.

Non, ce qui est importe dans cette affaire, et qu'on oublie étonnamment, nonobstant le coût du voyage (coût de l'avion, taxes d'aéroport, carburant), c'est le coût du personnel mobilisé pour ce voyage, qui se résume à un matche de football. Un caprice.

Dans les affaires Balkany, les frais de personnels illustrent le caractère inflationniste de ce genre de dépenses.

La presse passe donc sous silence le poste de dépense le plus important.

Il est étrange aussi que ce gouvernement - qui matraque les travailleurs et méprise les droits sociaux, brade les actifs industriels rentables de l'Etat quant les taux de financement sont très bas voire nuls, culpabilise les ménages modestes sur le gaspillage, se plaint du coût de la misère dans le monde - se satisfasse et cautionne un tel comportement qui vaut peut-être 20 000 euros, mais sans les coûts de personnels et annexes.

C'est un match de foot qui a coûté combien ?

Les personnes qui accompagnent le premier ministre ne l'ont pas fait pour des clopinettes. Le personnel naviguant n'est pas payé avec un lance-pierre. Le personnel de l'ambassade à Berlin non plus. Les services de sécurité allemands mobilisés pour l'escapade du supporter du Barça non plus. Il n'est pas allé à pied à l'aéroport, ni au stade. Les escortes de police pour accompagner la voiture de l'afficionados en France comme en Allemagne ne sont pas non plus gratuites.

Manuel-Valls-et-Anne-Gravoin-arrivant-au-Nouvel-An-juif-de-Marek-Halter-a-Paris-le-28-septembre-2014.jpg

Alors, on s'en tire pour combien ? 50 000 ? 100 000 euros ? 200 000 euros ?

On n'entend pas Didier Migaud sur ce coup là, pourtant si prompt à dénoncer les coûts. La cour décompte, quand il s'agit du premier ministre. Thévenoud et ses impôts, ça ne paye même pas l'aller à Berlin. On n'entend pas non plus Bartolone faire la morale ni parler de démission. Ni Fabius. Ce dernier n'est pas en mesure de parler trop fort : Le PS en Seine-Maritime : en Fabiusie, la tragédie du carriérisme politique

Platini se fait le complice complaisant de cette dépense indue. Il n'est plus en mesure de donner des leçons de vertu à Blatter. D'autant que c'est se moquer de l'opinion française, que d'invoquer une réunion - qui n'existe pas - en Allemagne, pour se voir entre Français.

Comment s'étonner ensuite de lire que le «parrain des parrains» Michel Tomi a ses entrées au cœur des services français ? Lire aussi l'article de Dominique Simonot et Didier Hassoux dans le Canard du 10/6 " Ces flics des stups qui franchissent la ligne blanche ", suivi de celui d'Isabelle Barré " Une justice mijotée au poil pour Téfal ", qui résonne avec ceux de Rachida El Azzouzi " En Haute-Savoie, le procureur fait feu sur l'inspection du travail  ", " Dans le Nord, les inspecteurs du travail ne décolèrent pas ", " Affaire Tefal : l'inspectrice du travail se retrouve au tribunal ", " Les faveurs de l'administration du travail à l'usine Tefal ", ... La justice et l'administration ont déjà pris de l'avance sur la loi Macron. Un pote au supporter du Barça... qui a aussi Serge Dassalut comme ami : L'homme de main de Serge Dassault renvoyé aux assises

Le PS donne le Blues

scarlett_johansson_et_bill_murray_dans_lost_in_translation_2747_north_780x_white.jpg

Pour palier les carences de l'indignation de circonstances qui caractérise la politique française et se limite toujours à une tonitruance éphémère et superficielle, il faut savoir que l'Etat, ses représentants, les citoyens, peuvent demander à ce que Mnauel Valls rembourse l'intégralité des frais de son voyage d'agrément personnel, sa soirée festive berlinoise, par le jeu d'une action récursoire (voir Action récursoire en droit français — Wikipédia). Le pote criminologue ne se la ramène pas. Voir pourtant l'article 432-15 du code pénal et Chauffeurs de Balkany : une information judiciaire est ouverte

Etonnant quand même que personne ne parle l'action récursoire qui offre une réponse à toute l'indignation que suscite le scandale d'un tel gaspillage indécent de la part d'une personne qui tourne un peu plus le dos aux salariés .

A moins que cela ne soit l'illustration de l'indignation sélective qui caractérise le débat public en France. Les tricheurs, forcément, ce n'est que ceux qui n'ont pas ou plus de pouvoir. Balkany doit en avoir encore assez pour qu'on le laisse tranquille. Par contre, le procureur, pour poursuivre et accabler Madame Prévot Desprez, alors que l'avocat parle de « poursuites abusives » (Les abonnés de Médiapart, qui ne l'ont pas lu, liront l'excellent article Le procès de la juge Prévost-Desprez vire au grand déballage) Cela contraste avec la mansuétude du procès Bettencourt ou le procureur a demandé et obtenu la relaxe de Woerth. Parallélisme des formes avec l'affaire du Carlton.

" Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir." La Fontaine

Les réponses de Manuel Valls mis en cause pour son caprice footballisitique font penser à " Qu'ils mangent de la brioche ".

Si le PS est à la cave et que ce qu'il en reste est à la remorque du vallscisme, en espérant ne pas couler, l'échappée berlinoise est l'expression d'une nouvelle forme de ringardise méprisante qui n'est pas prête d'enthousiasmer l'électorat.

virginsuicidesphoto1.jpg

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.