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Billet de blog 15 février 2011

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Florence Cassez

Florence Cassez a été condamnée sur la foi d'une procédure policière soulevant un doute très sérieux, laquelle a été diligentée dans une atmosphère passionnelle et médiatisée, instrumentalisée par le pouvoir, comme il n'arrive jamais d'en connaître en France. L'affaire Florence Cassez est un Bobigny à l'envers.

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Florence Cassez a été condamnée sur la foi d'une procédure policière soulevant un doute très sérieux, laquelle a été diligentée dans une atmosphère passionnelle et médiatisée, instrumentalisée par le pouvoir, comme il n'arrive jamais d'en connaître en France. L'affaire Florence Cassez est un Bobigny à l'envers.

Le gouvernement français proteste contre une manipulation policière qu'il a admis et cautionné en France il n'y a pas longtemps, quand un faux en écriture publique est une infraction criminelle relavant de la cour d'assise.

Le gouvernement français dénonce un déni de justice en oubliant la situation des familles des victimes de Karachi, les entraves à l'enquête sur la mort du juge Borrel (qui valu à la France d'être condamnée par la CIJ sur la requête de Djibouti...), l'obstruction du ministre de l'intérieur aux décisions des tribunaux administratifs ayant donné raison à MM Matelly ou Pichon, la condamnation de son ministre de l'intérieur pour atteinte aux droits de l'homme, etc.

Quant au Mexique, il oublie avoir invoqué a plusieurs reprises la protection diplomatique pour protéger ses ressortissants d'une peine capitale aux USA devant la CIJ (Affaire Avena, Affaire Medellin, ...)

Le Mexique a fait condamner le comportement discriminatoire des USA à l'égard des travailleurs mexicains. L'avis de la Cour interaméricaine sur les droits des travailleurs clandestins aux USA est commentée dans la RTDH. La décision est en ligne (en espagnol) sur le site de la Cour interaméricaine des droits de l'homme
http://www.corteidh.or.cr/serieapdf/seriea_18_esp.pdf.
Cette décision montre que le Mexique use aussi de la protection diplomatique et connaît le droit international.
Voir aussi sur le site du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale des Nations Unies, l'extrait du rapport périodique du Mexique expliquant les motifs de ce recours (pages 11 et 12):
42. La protection que le Gouvernement mexicain accorde aux migrants s’étend également au domaine juridique. Pour défendre les travailleurs migrants, le Gouvernement mexicain a sollicité un avis consultatif à la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Celle-ci a rendu l’avis consultatif OC-18/03, en date du 17 septembre 2003, qui reconnaît les droits en matière d’emploi des travailleurs indépendamment de leur situation éventuelle de migrant.

CONCLUSION :

Le Mexique refuse à la France ce qu'il reproche aux USA de lui refuser et la France reproche au Mexique ce que sa propre police fait sur son propre sol.

Quelle crédibilité a un pouvoir politique, dans le différend opposant la France au Mexique, qui ne respecte pas les droits de l'homme et dont le ministre de l'intérieur soulève autant de questions ?

Ce paradoxe montre l'absence d'attachement sincère au droit que portent les politiques des deux pays. Ils ne peuvent invoquer sérieusement les droits fondamentaux sans veiller à les faire respecter chez eux. Le seul pouvant légitimement en parler est l'avocat de Florence Cassez.

La communication politique autour de cette affaire risque de n'être qu'une manipulation de l'opinion - mexicaine comme française - pour la convaincre d'un attachement à des valeurs fondamentales bafouées par un pouvoir décrédibilisé.

C'est l'avocat Franck Berton qu'il faut écouter. Il est celui qui connaît le mieux les éléments du dossier exposés par le Mexique.

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