Chloé de Calais victime de la politique misérable de la justice en France depuis des décennies

 Une petite fille est morte assassinée dans le nord de la France. La couverture médiatique s'applique à se concentrer sur la Pologne et le criminel.

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Une petite fille est morte assassinée dans le nord de la France. La couverture médiatique s'applique à se concentrer sur la Pologne et le criminel.

Mais l'essentiel n'est-il pas aussi et prioritairement de s'interroger sur l'absence chronique de moyens dans laquelle le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif maintiennent la justice depuis des ... dizaines d'années ?

Il ne s'agit pas d'augmenter le budget de quelques pourcent, mais de le doubler, au moins. De garantir l'efficacité du droit d'accès à un tribunal en mutualisant les frais d'avocat. De permettre un suivi sérieux des personnes condamnées afin d'assurer pour l'intérêt général d'une réinsertion des délinquants.

Une justice uniquement répressive, s'appliquant majoritairement à réprimer les classes défavorisées, n'est pas socialement efficace. Cette conception, partagée par la droite et le pouvoir actuel, est même inutile en matière de protection des personnes ; puisqu'elle entretient la criminalité et ne fait que l'écarter temporairement ; quand la logique libérale ne s'inquiète pas du coût annuel d'une incarcération (Combien coûte un détenu en France ? - Le Figaro), pour initier subliminalement l'idée du rétablissement de la peine de mort. Voilà un débat que l'IFRAP ne manquera pas de s'en emparer, répéter et amplifier.

Une étude US prétend que la peine de mort: trois fois plus cher pour l'État que la prison.

Un budget sérieux et des moyens plus substantiels de la justice préviendraient les bricolages qu'on reproche indécemment à une justice qui, compte-tenu de la dégradation des conditions sociales du fait d'une politique de régression sociales (loi Macron) augmentant les inégalités et la misère, fait l'objet d'une manipulation politique par ceux-là mêmes qui lui refusent le possibilité d'agir efficacement, indépendamment et impartialement.

Les injonctions qu'on entend et l'indignation circonstanciée, voir opportuniste ou démagogique, des accusateurs sont les principaux responsables de l'impéritie de la justice à juguler les phénomènes criminels.

Le politique ne peut pas à la fois se protéger lui-même des conséquences de sa propre turpitude en refusant les moyens à la justice d'agir et d'autre part en tirer prétexte pour se plaindre d'un manque de rigueur et d'efficacité.

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Le politique manque cruellement de rigueur et se moque ainsi du monde. Il porte dramatiquement une part de responsabilité dans la mort de cette petite fille.

On peut aussi s'interroger sur la qualité des contrôles de police quand le criminel était censément interdit de territoire.

Comment la polcie explique-t-elle être capable d'arrêter des dizaines de milliers de personnes clandestines mais pas un criminel signalé ? C'est comme pour Merah, Coulibaly et les frères Kouachi.

Bernard Cazeneuve n'a pas àd emander des explications aux Polonais mais bien plutôt à ses services. Les Polonais n'ont pas à surveiller les déplacements de leurs ressortissants à l'étranger ni les personnes sur le territoire français... Cette évidence semble échapper à la perspicacité du ministre.

Pendant ce temps, indécemment, Jean-Jacques Urvoas et Manuel Valls plaident pour des systèmes d'espionnages qui servent avant tout à surveiller les députés, selon ce que vient de dénoncer la Quadrature du Net : Une manif' espionnée devant l'Assemblée nationale ?

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Un Imsi catcher

L'exécutif méprise la justice en lui refusant le budget suffisant nécessaire à sa mission mais il méprise aussi la justice dans son rôle constitutionnel de gardienne des droits et des libertés en l'écartant de son pouvoir de surveiller et sanctionner les atteintes graves que permettent la loi Urvoas.

La différence entre une démocratie et une dictature vient que dans la première on a la liberté de commettre une infraction et que dans la seconde l'exercice d'une liberté est une infraction.

Le gouvernement de Manuel Valls, en rendant suspect et répréhensible le seul exercice des droits de l'Homme et des libertés fondamentales témoigne de son inspiration totalitaire, que confirme son discours, sa méthode et ses décisions ; sans que des avocats s'en émeuvent au sein même du PS alors qu'ils prétendent défendre des victimes de l'arbitraire policier et de la violence institutionnelle.

Ces avocats seront parmis les premières cibles de la police.

Un « IMSI-catcher » peut être caché facilement n'importe où et collecter toutes les informations. La société Septier en propose des miniatures qui  tiennent dans la main (Imsi catcher mini) et qui sont autrement plus pratiques que les soit-disantes grosses valises qu'on propose à l'opinion.

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Ainsi, il devient facile d'espionner un cabinet d'avocat, un cabinet de juge d'instruction, un cabinet médical, le bureau d'un député,  soit en s'y rendant physiquement au motif d'une consultation ou d'une visite ; ou mieux, en l'installant dans la pièce mitoyenne des locaux. Ce qui a l'avantage de ne pas éveiller de question.

N'est-ce pas là des méthodes de fascistes ? N'est-ce pas là une mentalité de fasciste que de rendre légales de telles pratiques ?

Cette grave contradiction qui viole l'ordre public n'émeut personne comme cela le mériterait.

Chloé est aussi vicitme de ce manque de cohérence démocratique d'un pouvoir qui se méfie du peuple, au mépris du droit, plutôt que de se soucier de traiter efficacement et durablement les causes et les conséquences de la criminalité.

Un budget important et des moyens efficaces auraient permis à la justice de traiter le criminel plutôt que de s'en débarrasser en le renvoyant chez lui, par souci d'économie ... budgétaire.

L'IMSI catcher devrait logiquement être prohibé puisqu'il viole le droit à la vie privée, qui est un droit de l'Homme, lequel fonde l'ordre public français (Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen), l'ordre public européen (Charte européenne des droits fondamentauex, Convention européenne des droits de l'Homme, article 6 du traité de l'Union européenne) et l'ordre public international (Déclaration universelle des droits de l'Homme, Pacte international relatif des droits civils et politiques, Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels).

Les partis politiques ont constitutionnellement l'obligation de protéger les droits de l'Homme. Ils perdent leur légitimité démocratique en adoptant les lois Macron et Urvoas, qui sont inconstitutionnelles et inconvetionnelles.

Chloé est une victime par ricochet d'une politique inepte de renégats aux valeurs fondamentales de la République qui promeut une politique que les marchés fianciers démentent eux-mêmes, puisque la Suisse emprunte sur dix ans à des taux négatifs (La Suisse emprunte à 10 ans à un rendement négatif) ; ce qui prouve que le grand capital, lui-même, ne croit pas à la reprise de la croissance, au nom de laquelle le pouvoir et ses alliés imposent pourtant une politique de casse sociale, de réduction des services publics - comme la justice - et une régression des droits sociaux.

 

Très sincères condoléances à la famille de Chloé.

 

 

 

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