Valls et Cazeneuve en pleine com' à propos d'un crime odieux et I Télé répète leurs âneries

Un Polonais a reconnu la commission d'un crime en France alors qu'il ferait prétendument l'objet d'une interdiction de territoire selon le premier ministre et le ministre de l'intérieur, qui ont la prétention d'exiger des explications à la Pologne, pour détourner l'attention et cacher les conséquences de leur propre impéritie.

Chloé tuée à Calais : conférence de presse du procureur de Boulogne-sur-Mer © France 3 Nord Pas-de-Calais

Un Polonais a reconnu la commission d'un crime en France alors qu'il ferait prétendument l'objet d'une interdiction de territoire selon le premier ministre et le ministre de l'intérieur, qui ont la prétention d'exiger des explications à la Pologne, pour détourner l'attention et cacher les conséquences de leur propre impéritie.

En quoi la Pologne est elle compétente pour contrôler la régularité de la présence de ses ressortissants à l'étranger ?

Elle n'en a ni le pouvoir ni la compétence.

C'est à la police française qu'il appartient de contrôler et vérifier que les personnes interdites de territoire et respectent cette interdiction.

Manuel Valls et Bernard Cazeneuve paraissent se fourvoyer encore plus gravement puisque l'interdiction de territoire, selon le procureur de Boulogne, n'a pas été prononcée (voir vidéo à 6 minutes 15) :

" Le tribunal prononçait en outre une interdiction définitive du territoire français qui ne pouvait être amenée à exécution puisque son prononcé n'était pas légalement encouru pour les faits pour lesquels il avait été condamné ".

Il n'y a donc pas d'interdiction du territoire, comme le répéter en boucle Nelly Daynac, journaliste d'I' Télé.

Manuel Valls et Bernard Cazeneuve mentent ou se font balader par ceux qui leur préparent leurs discours. Une fois encore. Et la presse en continue ne vérifie pas ce qu'elle se contente de répéter.

Le procureur de Boulogne expose le passé judiciaire du suspect comme suit :

4 novembre 2004, le suspect a été condamné à 4 ans d'emprisonnement pour extorsion avec violence, séquestration et vol aggravé ; placé sous mandat de dépôt le 19 juin 2003 et maintenu en détention jusqu'au 30 novembre 2005 ; à nouveau condamné le 30 mars 2010 à 6 ans d'emprisonnement pour extorsion avec violence et tentative de vol aggravé en état de récidive légale ; incarcéré, il a été transféré au centre pénitentiaire de Fresne le 21 mars 2014 ; le tribunal de Varsovie en Pologne sollicitait la remise du condamné dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen délivré le 21 avril 2010 (c'est-à-dire moins d'un mois après sa condamnation du 30 mars 2010) pour des faits de cambriolages commis à Varsovie en 2000) ; le condamné a été remis aux autorités polonaises le 27 mars 2014.

La France avait le moyen de sursoir à la remise jusqu'à la fin de la peine. Elle a préféré en interrompre l'exécution. La France s'est donc débarrassée de son condamné et la condamnation prononcée en France n'emporte pas d'obligation pour la Pologne, le mandat d'arrêt européen portant sur des charges étrangères à celles pour lesquelles la personne remise a été condamnée en France.

La justice polonaise a très bien pu reconnaître l'innocence de la personne qu'elle réclamait et la relaxer. Celle-ci s'est donc retrouvé mise en liberté.

Un Polonais est un citoyen européen. Le droit de l'Union européenne proclame la liberté de circulation pour les personnes, les marchandises et les capitaux ; n'en déplaise au pouvoir qui ne s'intéresse qu'aux deux derniers.

Quoiqu'il en soit, si l'expulsion est un acte d'autorité de la France, elle n'a pas l'autorité à imposer à n'importe quel autre Etat de surveiller les personnes qu'elle expulse.

Soit la France gardait ce condamné jusqu'à la fin de sa peine et se donnait les moyens de le réinsérer efficacement, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui pour aucun des condamnés, d'où le pourcentage important de récidive, soit elle choisit de le remettre à la Pologne pour une autre procédure, dans laquelle elle ne pouvait exiger qu'il soit à nouveau condamné.

Il est étonnant que Monsieur Valls, capable de mobiliser ses forces de l'ordre pour faire expulser des groupes de populations sans qu'il n'aient commis d'infraction ne préfère pas affecter ces moyens humains et matériels pour vérifier et s'assurer que les personnes signalée soient correctement surveillées. L'affaire de Calais rejoint la même problématique que l'affaire Mérah, ou celle de Charlie Hebdo ou encore celle de l'Hyper cacher de Vincennes.

De toutes les façons, une  interdiction de territoire prononcée par la justice française n'interdit pas à un étranger de circuler librement partout ailleurs et donc de quitter son territoire. Le droit international public reconnaît à tous les citoyens du monde de quitter le territoire de leur pays et d'y revenir.

Manuel Valls et Bernard Cazeneuve sont donc odieusement ridicules dans leur stratégie de communication indécente à vouloir détourner l'attention de leurs responsabilités, en jouant aux matamores à mettre en demeure la Pologne de s'expliquer sur les conséquences dramatiques de leur propre impéritie.

 

 

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Chloé de Calais victime de la politique misérable de la justice en France depuis des décennies

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