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Billet de blog 17 juillet 2011

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14 juillet, mon oeil

Le 14 juillet est un mythe, comme beaucoup d'autres, que la France d'en haut s'est fabriquée.

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Le 14 juillet est un mythe, comme beaucoup d'autres, que la France d'en haut s'est fabriquée.

La prise de la Bastille a été une opération immobilière du "citoyen" Palloy, lequel avait déjà racheté le bâtiment que l'Etat tardait à lui livrer (une exposition existait autrefois sur le sujet au musée du Parc de Sceaux). Les Français commémorent donc un promoteur immobilier. C'est comme s'ils célèbraient aujourd'hui le Minorange ou Bouygues.

Il n'y avait presque personne à libérer.

"À la Bastille, on libère les détenus au prix d'une légère déception car il ne s'agit que de sept personnages de minable envergure (escrocs, faussaires, délinquant sexuel...). Au demeurant, les émeutiers sont surpris de découvrir des chambres spacieuses et d'un grand confort, à l'opposé des cellules de torture que décrivaient complaisamment dans leurs brochures les intellectuels poudrés qui avaient eu, comme Voltaire ou le marquis de Sade, l'occasion de séjourner à la Bastille." (source Hérodote)

Les lettres de cachet (et les lettres patentes) existent toujours. On les appellent aujourd'hui des "Arrêtés".

La lettre de cachet est un acte administratif fermé n'intéressant que son seul destinataire. Le droit moderne parle d'arrêté individuel et a perpétué la pratique. Pour exemple, la décision préfectorale d'une hospitalisation d'office est un arrêté individuel, une lettre de cachet.

La démolition de la Bastille commença dès le 15 juillet et fit la fortune de Palloy, comme le trafic des biens nationaux a fait celle des "200 familles" qui, en dépossédant les aristocrates et l'Eglise, ont prétendu le faire pour le bien du Peuple et se rassurent d'y être bien parvenus lors de happening pour happy few.

Cessez de gauberger l'opinion, s'il-vous-plaît, avec cette révolution et ces Lumières, qui sont de la propagande et de l'idéologie bourgeoises. La Révolution a été libérale (cf. le régime du droit des contrats : "loi des parties". La situation des ouvriers soumis à un passeport appelé le "livret ouvrier").

Le 14 juillet célèbre ce que Jacques Ellul appelait le "régime des notables".

La révolution n'a donc pas changé grand chose pour les Français.

Les bourgeois ont remplacé les artistocrates, avec le succès que l'on connaît après deux guerres mondiales, auxquelles ils ont largement contribué en soutenant les nationalismes et les fascisme de tous poils, dans l'idée de faire encore plus de bénéfices (cf. les usines Ford en Allemagne nazie).

Ce n'est d'ailleurs que depuis 1880, la république des Jules, que l'on fête la prise de la Bastille. Le 14 juillet 1790 était, à l'origine, la fête de la Fédération, pour célébrer l'unité et la réconciliation de tous les Français. La III° République s'étant construite sur l'abandon et la trahison, il valait mieux changer de prétexte.

Ceux voulant parler au nom du peuple doivent se rappeler la Commune de Paris massacrée par cette république bourgeoise, qui a pactisé avec l'ennemi sur le dos du peuple, accepté d'abandonner l'Alsace-Lorraine - malgré la protestation de Léon Gambetta et autres députés alaciens et mosellans - après avoir envoyé la France au casse-pipes, sous couvert d'empire, avec la complicité active de la presse, notamment de l'agence Havas. Ils referont le même bidonnage en 1914.

Ce débat sur le 14 juillet est donc indécent. Il l'est d'autant plus qu'il se tient quand des soldats tombent pour des raisons dont bien peu s'interrogent sur la pertinence de ces sacrifices à la défense des intérêts stratégiques de la France. L'actualité a rappelé le sang inutile que le gouvernement a sur les mains.

Il s'agit d'enfants du peuple, d'un jour de deuil dans de nombreuses familles. Ce sont toujours les mêmes qu'on envoie et qu'on enterre, comme Boris Vian le chante dans "Le Déserteur". Le premier des ministres aurait du adopter un ton plus circonspect et les opposants ne pas sombrer dans l'hagiographie bourgeoise et le mythe révolutionnaire.

Des gens bien nourris qui manquent d'éducation ont la prétention de diriger la France. Des bourgeois, comme Flaubert les aime : " J'appelle bourgeois tout ce qui pense bassement "

nb : les caractères gras sont des liens actifs.

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