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Billet de blog 17 décembre 2014

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C'est pas la fête pour Youssouf

Deux SDF ont été placés en garde à vue après avoir été découverts avec un nouveau-né dont ils ne sont pas les parents.

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Deux SDF ont été placés en garde à vue après avoir été découverts avec un nouveau-né dont ils ne sont pas les parents.

Le maire de la commune a été alerté sur le manège suspect d'un couple d'inconnus venus s'installer subrepticement dans un local abandonné de la mairie, que leur auraient indiqué des habitants du quartier, depuis la suppression des services sociaux qui l'occupaient. Ce couple reçoit le soir des petits éleveurs de moutons, dont la police suspecte qu'ils puissent être de dangereux activistes autoradicalisés d'un mouvement alternatif (le rapport ne précise pas s'il s'agit des éleveurs ou des moutons, ou des deux).

Inquiet d'une telle installation et voulant prévenir le développement d'un mouvement de contestation susceptible de contrarier sa réélection, le maire a demandé à la police de procéder à un contrôle sur place.  La situation a dégénéré dès l'arrivée de la patrouille. Les policiers se seraient heurtée à la violence de l'homme, une cinquantaine d'années, sans papier, refusant de la laisser s'emparer de l'enfant et au comportement hystérique de la jeune femme voilée.

Des voisins, alertés par les cris, sont venus voir ce qu'il se passait et leur curiosité a été qualifiée de soutien actif par les policiers, qui ont alerté leur commissariat d'une émeute. Face à l'émotion populaire, la patrouille est repartie, croisant les bénévoles apportant des vivres et des couvertures aux SDF.

Des renforts ont été appelés en urgence, et le GIPN - après avoir chargé et dispersé vigoureusement les soutiens qui avaient criminellement fait échec à l'action des forces de l'ordre - a procédé à l'interpellation de tout le groupe de suspects. Le service des hôpitaux a dénombré 45 blessés du côté des manifestant et une chute de pellicule du côté des forces de l'ordre, ce serait même du côté droit, sous le casque.

L'emploi de gaz lacrymogène et de grenade a permis de déloger prestement les suspects du local qu'ils occupaient sans titre, sans exposer inutilement les forces de l'ordre à une éventuelle menace terroriste. Le commandant du GIPN a affirmé sa satisfaction à l'issue de l'opération de bombardement et montré que le nouveau-né respirait encore. Il l'a remis aux urgentistes sur place, venus soigner les opposants autoradicalisés qui s'étaient opposés très violemment aux forces de l'ordre, selon le préfet, dont le cabinet dément qu'il ait ordonné d'agir aussi violemment. Le commissaire est venu confirmé que le bombardement s'était fait dans le respect des règles du bombardement.

Emmené au commissariat, le principal suspect, responsable de cette émeute, selon le maire, a été immédiatement entendu par le service d'enquête et placé en garde-à-vue avec ses comparses.

L'homme se prétend artisan menuisier, sans pouvoir citer d'employeur ni montrer de contrat de travail. Ses outils ont été saisis et placés sous scellés dès qu'il a déclaré que cela s'appelait des couteaux. Le ministre de l'itnérieur a été réveillé dans la nuit de toute urgence pour l'informer qu'un menuisier avait interpelé avec ses couteaux et que ce dangereux suspect n'a ni compte en banque, ni téléphone portable. Quant à la jeune femme voilée, avec qui il était, elle est également sans papier. Les policiers la suspecte d'avoir volé l'enfant. Elle prétend en être la mère sans pouvoir le justifier. De plus, elle serait mineure. Une analyse d'ADN est en cours et l'orphelinat est réquisitionné pour accueillir l'enfant.

Une fouille à corps de la femme a permis aux policiers de constater qu'elle est encore vierge, ce qui a conduit le parquet, aussitôt informé, à ouvrir immédiatement une information pour enlèvement et séquestration. La jeune femme a été présentée à un juge d'instruction qui l'a faite emprisonner aussitôt.

Ont également été interpelés, en plus des militants agricoles, trois étrangers sans autorisation de séjour, en possession d'or et de substances suspectes, possiblement de la drogue. Le service vétérinaire a été mobilisé pour contrôler les animaux, qui ont tous été abattus en l'absence de carnet de vaccination. Le ministre de l'intérieur a dépêché la brigade des stupéfiants pour saisir et analyser les poudres et résine trouvées avec l'or. Ces produits ont immédiatement été mis sous scellés et déposés au coffre du commissariat.

Invoquant un comportement et des propos confus des intéressés – les militants agricoles disent avoir été guidés par un type en blanc qui ne touchait pas le sol et les trafiquants auraient suivi une étoile - le maire et la préfecture ont décidé de procéder à un internement en établissement psychiatrique de toutes ces personnes, potentiellement dangereuses, certaines ayant un comportement permettant de craindre un grave déséquilibre. Des analyses d'alcoolémie et de stupéfiants sont en cours.

Les personnes ayant voulu contesté l'intervention de la police ont toutes été emmenée au commissariat, où elles ont fait l'objet d'une prise d'empreintes et d'un prélèvement d'ADN. Elles seront toutes convoquées par la justice pour rébellion et entrave à l'action de la police. Le procureur a promis des sanctions exemplaires, ce que réclament les syndicats de policiers. Le maire juge inadmissible un tel comportement dans sa commune.

Sortant du bâtiment de la police, il a voulu rassurer sa population en déclarant qu'il ne laisserait pas la commune devenir le refuge des trafiquants et des terroristes ; et qu'il veillerait, s'il était réélu, à vérifier l'origine des personnes venant s'installer. Ses partisans, qui s'étaient réunis devant le commissariat, une manifestation spontanée organisée par Twit & fessebuc ®, l'ont acclamé. Ils ont également sifflé ceux qui sortaient du commissariat et que la police libérait après leurs prises d'empreinte et d'ADN, en approuvant bruyamment un adjoint parlant de "délinquants" à l'égard de ces personnes.

Informé de ce fait divers, par le Twit & fessebuc ®, le nouveau chef de l'opposition a voulu aussitôt réagir. Il a convoqué la presse, par le Twit & fessebuc ®, qui lui a obéi et devant laquelle il a réclamé la suspension immédiates des accords de Schengen, le renforcement des mesures antiterroristes, en attendant de connaître l'origine et la destination de l'or ; s'étonnant que des pauvres puissent avoir de l'or chez eux, alors que c'est la crise et qu'on leur pompe tout ce qu'on peut.

Apprenant cela, le premier ministre a aussitôt appelé les rédactions, par le Twit & fessebuc ®, pour qu'elles passent le voir également et il a promis que ces personnes suspectes seront renvoyées dans leur pays d'origine.

Le président de la fédération de l'agriculture chimique et du conflit d'intérêt a dénoncé, par le Twit & fessebuc ®, une nouvelle provocation du djihadisme vert et la présidente de l'extrême-droite, par le Twit & fessebuc ®, a critiqué le gouvernement sur son incapacité à prévenir l'immigration, rappelant que le pays n'a pas vocation à accueillir toute la misère du Monde.

Les chaînes d'information en continue ont décidé de faire une édition spéciale et ont invité, par le Twit & fessebuc ®, tous les représentants habituels du discours libéral pour débattre du problème du coût de la misère et de savoir ce qu'on peut faire des pauvres sans ce que cela coûte aux riches. Les journalistes demandent aux téléspectateurs de réagir par le Twit & fessebuc ®,

Le procureur a communiqué l'identité des suspects. L'homme serait un certain Youssouf, la jeune femme répondrait au prénom de Maryam et le petit aurait pour identité un prénom assez improbable du genre Ieschouha. Le procureur s'est en revanche refusé de confirmer la rumeur selon laquelle les scellés auraient disparus du coffre du commissariat. La police enquêterait sur le supposé vol sachant que la présomption d'innocence doit être respectée, y compris à l'égard d'un policier, même si ceux-ci l'oublient.

L'ambassadeur du pays d'origine, d'où sembleraient provenir ces réfugiés, a fait savoir que son pays s'oppose à leur retour ; leur maison ayant été démolie et le terrain déjà donné à des promoteurs pour l'affecter des opérations immobilières programmées par son gouvernement. L'ambassadeur a mis en demeure le gouvernement que son pays n'était pas en mesure de garantir que ces réfugiés ne soient pas soumis à des traitements inhumains ou dégradant s'ils devaient être renvoyés.

Le ministre de l'intérieur a déclaré qu'il était urgent de revoir la protection des réfugiés. Elle complique beaucoup trop l'action de la police. Les temps ont évolué. On ne peut pas respecter la dignité comme cela se faisait durant les trente glorieuses. On n'a plus les moyens.

Le pouvoir célèbre NO ELאל toute l'année.

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