Les crimes de masse de la colonisation de l'Algérie

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Jean Pierre Guéno, à l'initiative de la compilation des lettres de poilus, présente sur Radio Notre Dame son roman "Dans la peau du soldat inconnu" à propos des poilus portés disparus, 500 000, pendant la guerre.

Jean Pierre Guéno rappelle les évènements précédant la première guerre mondiale, notamment les conditions dans lesquelles s'est produite la colonisation de l'Algérie, "un Oradour par semaine", selon le témoignage de Saint-Arnaud (Les lettres) et l'idéologisation républicaine du colonialisme de Jules Ferry dans son discours du 28 juillet 1885 à la Chambre des députés sur « Les fondements de la politique coloniale » , par l'invocation d'une soit-disante mission civilisatrice qui pose en fait le principe du sous-hommes, puisqu'à civiliser, au motif que « Les races supérieures ont un droit sur les races inférieures » . La France accueillera des zoos humains jusque dans les années 1930.

NdR : Clémenceau était revanchard et opposé pour cette raison à la politique coloniale (site Assemblée nationale). Il dénonce la théorie raciste de Ferry comme étant "la proclamation de la primauté de la force sur le droit", ce qu'il a oublié quand il fit fusiller les poilus pour l'exemple : " Le fils de Clémenceau, Michel, avait conservé de son père le goût d'un ordre, au sens physique musclé. Il rappelait souvent que Clémenceau, ancien communard, n'avait pas hésité à faire fusiller les mutins de 1917."   ("1947 l'année où le monde a tremblé" Dominique Desanti ).  Jean Pierre Rissoan place Clémenceau comme un homme de droite dans "Traditionnalisme et révolution" en considération de sa condamnation de  " l'intervention des citoyens dans des matières où seul le gouvernement a qualité pour agir " (p. 343). Cette phrase trouve un écho dans la communication gouvernementale à propos du barrage de Sivens. Jean Pierre Rissoan complète sa critique en signalant la proximité de Michel Clémenceau avec l'extrême droite en acceptant la présidence du parti républicain de la liberté, confirmant les commentaires de Dominique Desanti. " Clémenceau est l'archétype du radical contaminé par les idées nationalistes. Sans être d'extrême-droite, il en a fait la politique. " (p. 341).

Jean Pierre Guéno rappelle aussi que les années 1880 sont déjà l'ère industrielle qui est à la cause de la guerre de 14/18.

Jean Pierre Guéno cite le banquier américain interviewé en mars 1917 par Camille Ferri-Pisani, journaliste des Annales :

" Je pourrais vous confier que lorsqu’un peuple est sur le point de se sentir trop riche, une guerre est nécessaire pour l’arracher à la tentation du bonheur. " ("La préparation militaire aux Etats-Unis" Les annales 25 mars 1917 N°1761p.281) (également cité sur France Inter - l'émission taille un costume au généralissime Joffre).

Illustration de la volonté des Etats, notamment de la France, à faire la guerre, les affiches de mobilisation de 1914 avaient été imprimées et étaient déjà prêtes depuis 1904.

Jean-Pierre Guéno souligne l'instrumentalisation et la manipulation de l'histoire qui doit rester subversive, ne pas être une science de l'anesthésie. Ce propos rejoint le travail de Suzanne Citron ou de Léon Schirmann

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