Flic de Nantes : police démente ?

Louise Fessard nous livre une interview surréaliste du policier responsable des forces de l'ordre à Nantes - sans oublier toutefois celle du préfet.  Ainsi quand Louise Fessard interroge le policier " Les fonctionnaires ont obligation de faire un rapport après chaque utilisation de ces armes. Combien de tirs ont eu lieu au cours de la manifestation du 22 février ? ", " celui-ci répond " Je ne peux pas vous dire. Ce sera à l’IGPN de le déterminer lors de son enquête ". Si ce chef de service attend que l'IGPN fasse son travail, à quoi sert-il ?

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Louise Fessard nous livre une interview surréaliste du policier responsable des forces de l'ordre à Nantes - sans oublier toutefois celle du préfet.  Ainsi quand Louise Fessard interroge le policier " Les fonctionnaires ont obligation de faire un rapport après chaque utilisation de ces armes. Combien de tirs ont eu lieu au cours de la manifestation du 22 février ? ", " celui-ci répond " Je ne peux pas vous dire. Ce sera à l’IGPN de le déterminer lors de son enquête ". Si ce chef de service attend que l'IGPN fasse son travail, à quoi sert-il ?

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Le même policier ne craint pas non plus le ridicule quand il répond " Il faut attendre les résultats de l’enquête de l’IGPN pour savoir si ces personnes ont effectivement été blessées par des tirs de Flashball et de LBD, " Ne doutons pas que l'IGPN va établir que tous les blessés graves de Nantes se sont jetés volontairement sur les projectiles.

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Pour légitimer les mutilations, le même policier explique sans se démonter que " Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux forces de l’ordre s’exposent eux aussi à des dommages corporels. La réplique est proportionnée. Si l'on a équipé les forces de l’ordre d’armes non létales, c’est pour éviter que les fonctionnaires n'aient recours à des armes conventionnelles (armes à feu, ndlr). " On comprend que s'il en avait l'autorisation ou si la loi lui en donnait la possibilité, il ferait tirer sur la foule. Pourquoi ne pas revenir à la baïonnette ou à la charge de cavalerie sabre au clair ?

Le cuirassé potemkine scène du landau dans les excaliers © morlok_502

 

 

 

 

 

 

 

Il explique les tirs dans les visages des manifestants par le fait que la victime bougerait entre le moment du coup de feu et celui de l'impact du projectile. Le policier reproche donc aux manifestants de ne pas rester immobiles quand on leur tire dessus. L'argumentation porte à s'interroger sur le sérieux de celui qui la tient. En revanche, quand la journaliste lui demande si les policiers ont reçu une instruction particulière sur l'usage des armes, il botte en touche en rejetant la responsabilité sur les fonctionnaires... A bon entendeur. Responsable mais pas coupable ?

Cette interview mérite donc une lecture très attentive et renvoie à l'affaire du commissaire de la DCRI qui a giflé une avocate pour mesurer la faiblesse de la réaction judiciaire à Nantes.

Un juge d'instruction a été désigné et une information a été ouverte pour la gifle. Ce n'est en revanche qu'une enquête préliminaire dirigée par la police (IGPN) pour trois mutilations graves à Nantes. Le policier nantais s'abrite d'ailleurs derrière l'IGPN (ses confrères) pour s'exonérer de toute responsabilité.

Le ministère public dirige et surveille la police (article 12 et 13 du code de procédure pénale) et l'article 15-2 du même code prévoit d'associer l'inspection des services judiciaires aux enquêtes de l'IGPN et la possibilité de placer cette enquête à un magistrat. Il serait intéressant de connaître les explications du procureur.

La France est un pays très étonnant où une gifle donne lieu à la désignation d'un juge d'instruction mais pas la mort ou des mutilations graves suite à des violences policières. Le propos du policier de Nantes est très inquiétant et explique la dérive totalitaire qui caractérise le comportement des forces de l'ordre. Qu'en pensent le ministre de l'intérieur et celle de la justice ?

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