La mansuétude du pouvoir pour l'extrême droite

Marine Turchi relate les incidents très violents qui ont eu lieu rue de l'Université : " Environ 500 personnes, dont certaines masquées ou cagoulées, ont provoqué les forces de l'ordre." Un caillassage en règle dont les journalistes ont copieusement profité. Marine Trurchi conclut en rapprotant que : " Autour d'une heure du matin, un policier avertit au mégaphone : « C'est votre dernière chance de partir avant interpellation ! » Peu à peu, la foule restante se disperse. ". Quelle mansuétude !

Marine Turchi relate les incidents très violents qui ont eu lieu rue de l'Université : " Environ 500 personnes, dont certaines masquées ou cagoulées, ont provoqué les forces de l'ordre." Un caillassage en règle dont les journalistes ont copieusement profité. Marine Trurchi conclut en rapprotant que : " Autour d'une heure du matin, un policier avertit au mégaphone : « C'est votre dernière chance de partir avant interpellation ! » Peu à peu, la foule restante se disperse. ". Quelle mansuétude !

Pourquoi aucune interpellation dans ce cas quand, par ailleurs, elle embarque manu-militari tous les manifestants ayant occupé pacifiquement le siège du Médef. La préfecture de police n'avait prévu aucun panier à salade cette fois-ci ?

Une telle mansuétude de la part des forces de l'ordre est donc très étonnante.

Elle amène à s'interroger. 

On constate, selon ce comportement policier, que pour le gouvernement, et notamment son ministre de l'intérieur, occuper pacifiquement le siège du Médef, qui n'est pas sur la voie publique, troublerait davantage l'ordre public que de jeter des engins de toutes sortes sur les forces de l'ordre, en pleine nuit, nonobstant les menaces contre les journalistes, les risques pour les passants, l'entrave à la liberté de circulation, la menace pour les biens, ...

Personne n'a été interpelé alors que les porteurs  de cagoules sont contrôlés dans les centres commerciaux, voir refoulés. Là, ils jettent des pierres sur les policiers, on voit du feu, des flammes, ... et rien. Circulez...

A moins que ce ne soit pas la cagoule qui justifie le contrôle mais l'apparence de celui qui la porte.

On se moque du monde.

Le jet de pierre sur les forces de l'ordre serait autorisé aux porteurs de cagoule bien blancs, quant aux autres le seul fait d'en porter une est un délit.

Comment le ministre peut-il expliquer cette contradiction manifeste ?

Les porteurs de cagoules nocturnes ont bénéficié d'une mansuétude inexplicable au point de se demander combien, parmi les 500 personnes, étaient des provocateurs infiltrés par la police ?

Si cette hypothèse devait être démentie par le ministre, il devra alors convenir que la police est beaucoup plus conciliante avec les casseurs de l'extrême-droite qu'avec les ouvriers qui défendent leur emploi. C'est un choix politique, dans ce cas. Où est la neutralité de l'Etat, surtout de la part d'un responsable de l'exécutif qui critique une décision de justice dans l'enceinte de l'Assemblée à propos du port du voile d'une salariée, dans une entreprise privée.

On ne ne peut que s'émouvoir très fortement quand le ministre Vidaliès exprime de son côté et dans le même moment la détermination du gouvernement à faire soit-disant respecter la loi républicaine et refuser pour cette raison l'amnistie des personnes mises en cause par la police dans les mouvements syndicaux.

Une telle logique conduit donc à voir la police déférer les syndicalistes à la pelle pendant qu'elle prend des gants avec l'extrême-droite.

Les faits alliés au discours amènent à s'interroger très sérieusement sur l'idéologie réelle qui règne dans un gouvernement qui défend objectivement les intérêts du Médef, comme en a encore témoigné son comportement au Sénat à propos du vote bloqué de l'ANI du Médef.

Cette collusion intellectuelle avec la droite s'exprime encore dans la propension du ministère de l'intérieur à faire la chasse aux Roms. Reste que dans cette histoire, ce n'est pas la police, ni le gouvernement, qui fait respecter la loi républicaine. Le tribunal administratif de Lyon les a sanctionnés, une fois encore.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.