mot de passe oublié
onze euros les trois mois

Restez informé tout l'été avec Mediapart

Plus que quelques jours pour profiter notre offre d'été : 11€ pour 3 mois (soit 2 mois gratuits) + 30 jours de musique offerts ♫

Je m'abonne
Le Club de Mediapart mar. 30 août 2016 30/8/2016 Édition de la mi-journée

Mathilde Mathieu propose un article sur la nomination au tour extérieur par le président de la République d'Arno Klarsfeld au Conseil d'Etat.

Son article donne la description d'un dandy dilettante lequel, au regard de sa promotion, éveille les critiques d'un lectorat confronté aux difficultés d'une existence moins généreuse.

Arno Klarsfeld est juif, ce n'est pas un scoop, et cela semble rendre aussitôt tous les propos relatifs à sa personne suspects d'antisémitsime.

L'inconvénient de cette stratégie de disqualification pour évacuer la critique est de favoriser l'exaspération.

Ce n'est pas bon. Pour personne.

Cela ne peut que favoriser la confusion des esprits, engendrer un ressentiment et donner de l'écho à des discours qui ne le méritent pas. C'est ainsi que les pourfendeurs trop zélés de l'antisémitisme font le jeu des antisémites.

Une vidéo mise en commentaire montrait l'avocat jeter à la figure du fondateur de RSF son verre d'eau quand celui-ci tentait de défendre son point de vue sur la liberté d'expression.

Cette vidéo a disparu des commentaires et je lai regretté.

Le motif qui m'en a été donné serait qu'il y avait des propos inacceptables.

Je ne les avais pas relevés. Mais soit.

Mon billet n'est pas d'apprécier le caractère de propos effacés mais de mettre en garde la presse contre une logique qui la menace directement dans ce qui fait sa crédibilité.

Il ne faut pas s'autocensurer et verser dans un zèle disproprotionné en donnant l'impression de céder devant la menace de poursuites d'organisations confessionnelles.

Un tel comportement est de nature à porter atteinte à la laïcité et la liberté d'expression en France.

Surtout que le droit montre que de telles précautions sont abusives et que ceux qui font penser la menace d'un procès cèdent plaus à la tentation totalitaire qu'au respect de la mémoire dont ils pourraient se revendiquer.

 

La Cour de cassation juge que les propos restent dans le domaine de la liberté d'expression même s'ils peuvent «heurter la sensibilité de certaines personnes» et que cela ne suffit pas à consommer le délit.

 

Une opinion qui, tout aussi choquante ou critiquable qu'elle puisse paraître aux yeux de certains, n'est pas punissable.

 

Cette solution est conforme à la jurisprudence européenne pour qui la liberté d'expression vaut même pour des idées qui « heurtent, choquent ou inquiètent (...) une fraction de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels il n'est pas de société démocratique» (CEDH 7 déc. 1976, Handyside c/ Royaume-Uni). Toute restriction, consentie par le paragraphe 2 de l'article 10 de la Conv. EDH, doit être proportionnée au but recherché et nécessaire en répondant à un besoin social impérieux. Ce n'est que dans des conditions extrêmes qu'il peut être touché à la liberté d'expression, ce qui repousse d'autant la protection des autres droits. La Cour de cassation le rappelle par son arrêt n° 07-83.398 du 12 novembre 2008.

 

Il est dangereux pour Médiapart de censurer ses lecteurs tout en plaidant ensuite la liberté d'expression.

 

Un avocat pourrait tirer argument contre le journal d'un tel paradoxe et plaider l'absence de sincérité de sa rédaction quand elle invoque la liberté d'expression dans des cas qui s'avèrent n'être plus que des cas particulier, puisque le droit invoqué n'est pas général.

 

Gérard Oury était-il antisémite ? Pourrait-il encore tourner Rabbi Jacob aujourd'hui, sans se prendre un verre sur la figure chez Ardisson ?

 

Qu'est-ce que cela sera quand il y aura le verdict du procès en appel du gang des barbares ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

Tous les commentaires
Premier gros bémol dans ma toute nouvelle pratique de MdP ! L'extrême frilosité qui a guidé les ciseaux me choque, d'autant que des commentaires (chris -Michel Alba) insupportables ne semblent pas gêner nos censeurs. Je ne saurais trop conseiller l'écoute de l'émission de "Là-bas si j'y suis d'hier", déjà indiquée dans un message précédent. L'analyse entr'autres des moyens utilisés pour opérer un glissement sémantique malhonnête des dénonciations de la politique d'Israël à l'antisémitisme est précise, rigoureuse et implacable !!!!

Cet été, Mediapart vous accompagne partout !

onze euros les trois mois

À cette occasion, profitez de notre offre d'été : 11€/3 mois (soit 2 mois gratuits) valable jusqu'au 4 septembre et découvrez notre application mobile.
Je m'abonne