Bernard Cazeneuve, le Nostradamus du crime

Jérôme Hourdeaux nous révèle le projet le plus stupide qui soit du ministère de l'intérieur. Celui-ci développerait l'idée d'un algorithme prédictif de la criminalité, façon Madame Irma numérique, afin de déceler à l'avance où le besoin des effectifs serait prioritaire, ce qui est une fumisterie quand on entend par ailleurs que la fonction publique, et notamment les forces de l'ordre, seraient déjà en sous effectifs. Le gouvernement réfléchirait donc à un programme informatique pour répartir plus efficacement le vide afin d'arrêter le crime.

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Jérôme Hourdeaux nous révèle le projet le plus stupide qui soit du ministère de l'intérieur. Celui-ci développerait l'idée d'un algorithme prédictif de la criminalité, façon Madame Irma numérique, afin de déceler à l'avance où le besoin des effectifs serait prioritaire, ce qui est une fumisterie quand on entend par ailleurs que la fonction publique, et notamment les forces de l'ordre, seraient déjà en sous effectifs. Le gouvernement réfléchirait donc à un programme informatique pour répartir plus efficacement le vide afin d'arrêter le crime.

Finie la théorie foireuse du criminel-né, l'ADN de la délinquance, voici l'informatique hissée au niveau des sciences exactes que sont l'astrologie, la numérologie, la chiromancie, par la volonté d'un gouvernement qui devrait un peu moins consulter les mages et raisonner par lui-même.

Prévenir le crime, dans le sens où il s'agirait d'arrêter le délinquant avant qu'il n'agisse, est une ambition qui nécessite de revoir en profondeur le droit pénal.  Une enquête de police ou de gendarmerie commence avec la constatation d'une infraction.

Les affaires Mérah, Nemmouche, Kouachi et Coulibaly ont montré l'inefficacité de la police, quand bien même, dans chacune des affaires, des infractions étaient déjà commises, permettant d'interpeller les protagonistes et les présenter aux juges, sans attendre qu'ils massacrent des gens.

La détention d'arme est en effet réglementée et il était possible d'interpeler ces personnes au titre de cette détention illégale. Faut-il encore en faire une priorité et que le législateur, plutôt que porter atteinte aux libertés fondamentales, se contente de criminaliser le commerce, la vente, l'achat, le recel et la détention illégale d'armes, ne serait-ce que les armes de guerre.

L'article prête à sourire quand on lit que : " le Service central de renseignement criminel de la gendarmerie nationale (SCRC) a déjà un train d’avance. Certes, nous sommes encore loin du système de prédiction des crimes et d’arrestations préventives décrit dans la nouvelle de Philip K. Dick. Mais le projet « Anticrime » n’en demeure pas moins particulièrement ambitieux. "

Ce service " d'experts " n'a même pas été capable de prévenir l'action d'une adjudante de gendarmerie arrêtée pour avoir renseigné un complice de Coulibaly, qui entrait sur le site protégé de Rosny sous Bois alors qu'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt (Une adjudante de gendarmerie soupçonnée de complicité avec Coulibaly)

Communiquer sur un tel logiciel de la part du ministre de l'intérieur, qui est avocat - donc censé connaître un peu la procédure et les droits de la défense - signale non seulement que les gendarmes méprisent l'ordre public procédural, mais aussi que les informaticiens le prennent pour un imbécile.

Si la prédiction informatique existait, cela ferait longtemps que ces Nostradamus du numérique seraient des millionnaires en ayant fait sauter les banques des casinos et du Loto.

Si les informaticiens étaient des cadors de la prédiction, il n'y aurait pas eu de crise financière non plus. Bien au contraire, ce sont leurs "outils d'aide à la décision" - leurs fameux algorithme - qui ont accéléré l'emballement et la catastrophe.

Bonjour  " les experts " ! De nouveaux Joseph Balsamo de la logique et Comte de Saint-Germain de la technologie. Il y avait les médecins de Molière, voilà les informaticiens de Cazeneuve. Le nouveau Diafoirus fait dans la stochastique, l'heuristique, l'herméneutique, ... et vend ses salades au pouvoir avec le même succès que les tisserands des Habits neufs de l'empereur.

Vu leur profonde nocuité, ne faudrait-il pas traiter ces "experts" comme ils l'étaient dans l'Antiquité ?

La politique traite du crime comme elle le fait de l'économie, de la finance et du droit international ; avec la plus grande fantaisie, qu'elle enveloppe d'un jargon prétentieux, pour donner l'impression qu'elle maîtrise son sujet, alors que l'analyse la plus superficielle révèle son improvisation et son ignorance totale du sujet.

Ce n'est pas le crime qui nous menace, mais l'ineptie des conseillers du gouvernement ; notamment ceux du ministère de l'intérieur, en l'occurrence. Egalement s'interroger sur l'esprit critique de ceux qui les écoutent et opinent à leurs âneries. Le PS réinvente l'avion renifleur.

 

 

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Gendarmes et industriels imaginent un nouveau logiciel pour prédire le crime

Par Jérôme Hourdeaux

Le ministère de l'intérieur vient de dévoiler l'existence d'un algorithme prédictif, à l'œuvre depuis fin 2014, permettant de prédire les grandes tendances en matière de criminalité sur le territoire. Selon un appel à projet que Mediapart a pu consulter, un projet similaire, faisant appel à une intelligence artificielle capable de s'améliorer elle-même, est en cours de développement au sein de l’Institut Mines-Télécom, en partenariat avec le groupe industriel Safran.

 

Sur la saine ambiance qui caractérise le ministère des prédictions :

Claude Guéant et Michel Gaudin sont renvoyés en correctionnelle

Par Michel Deléan

Claude GuéantClaude Guéant © Reuters

Comme Mediapart l'annonçait le 12 mai, le Parquet national financier (PNF) renvoie Claude Guéant et Michel Gaudin, respectivement ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur (de 2005 à 2007) et ancien directeur général de la police nationale, en correctionnelle pour détournements de fonds publics dans l’affaire des primes en espèces du ministère de l’intérieur.

Relation police-habitants : rien n'a changé depuis 2005

24 mai 2015 |  Par Louise Fessard

© Reuters

Près de dix ans après la mort de Zyed et Bouna et les émeutes de 2005, les relations entre police et population sont toujours aussi mauvaises. Mais contrairement à ce qui se passe outre-Atlantique, rien ne bouge. Le gouvernement socialiste a manifestement d'autres priorités. Un rapport sur le sujet, remis en juillet 2014 au ministre de l'intérieur PS Bernard Cazeneuve, sommeille toujours sur son bureau.

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